fables

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Résumé

Jean Anouilh introduit son recueil avecun « Avertissement hypocrite » où il s’adresse au lecteur en feignantde minimiser l’importance de l’œuvre. S’ensuivent quarante-sept fables,largement inspirées des fables de Jean de La Fontaine, pour partie simplementadaptées à son siècle, pour partie grandement modifiées. Il en livre en toutcas sa propre version en détournant parfois la morale connue.

 

La première fable du recueil, « La jument », met en scène unpoulain dont la mère n’a ni le temps ni le courage de s’occuper, trop prise parses obligations mondaines. La jument prend donc une ânesse pour élever sonpoulain. Celle-ci s’en occupe tant et si bien que le poulain s’y attache etfinit par penser que l’ânesse est sa mère ; il se met donc à braire commeelle. Choquée et vexée de l’entendre ainsi braire, la jument, déboussolée,finit par manquer à ses obligations, dont son maître l’exempte alors. Elle retourneà l’élevage de son poulain tandis que l’ânesse meurt de chagrin.

Dans « L’amour et l’eau fraîche », une fille ayant déjà quatre amantsen prend un cinquième. Ce dernier, trop pauvre pour lui offrir de chers cadeaux,compense cette faiblesse par une conversation passionnante. La fille s’ensatisfait au point de demander la même chose aux quatre premiers amants, qui incapablesde s’aligner s’en trouvent désolés : ils décident alors de donner del’argent au cinquième amant afin qu’il emmène la fille au restaurant. Celui-cis’exécute mais sa conversation se tarit. La fille, n’entendant plus jamais debeaux discours amoureux, finit par s’habituer à ce retour en arrière et redonneses grâces aux quatre premiers amants. Tous les six vivent alors heureux.

« L’enterrement », la troisième fable, décrit les funéraillesd’un homme auxquelles son chien assiste. Le cortège s’indigne de la présence duchien, qui se voit chassé à coups de pied. L’animal se réfugie alors auprès dela bonne, qu’il estime sincère, contrairement aux autres qui feignent la peine.En manière de vengeance, il pisse sur une couronne au cimetière.

« Les trois lions » se trouvent dans un café où ils discutent dece qui les attire chez les femmes. Leurs avis divergent et deux des lionsentament une dispute, alors que le troisième s’échappe discrètement au brasd’une femme. Alerté par le bruit, le gérant du café interpelle les deux lionset les renvoie au zoo ; après avoir profité de la chair de la femme etl’avoir mangée, le troisième lion rejoint lui aussi sa cage, excusé par ledirecteur au motif qu’il n’a pas créé d’esclandre.

Dans « Le chêne et le roseau », le chêne fait référence à la fable deLa Fontaine, qu’il critique ouvertement. Le roseau pour sa part en défend lamorale, qui fait de lui le survivant en cas de tempête – le roseau plie quandle chêne rompt. Une tempête les interrompt justement, et comme dans la fable deLa Fontaine, le chêne se brise alors que le roseau reste debout ; maisagonisant, le chêne nargue cette fois le roseau, affirmant fièrement :« je suis toujours un chêne ».

« Le rat » est fort connu à Paris pour ses exploits et la gloirequ’il en a tirée. Son chauffeur, un chien qui lui est très fidèle, lui annonceune invasion de chats. Quittant ses beaux atours et sa grandeur majestueuse, lerat s’enfuit alors dans les égouts, misérablement et lâchement, demandant auchien de le prévenir une fois les chats exterminés.

Anouilh continue son portrait cyniquede la société contemporaine en mettant en scène des animaux. Plus loin, dans« La cigale », ilmodernise la fable de La Fontaine correspondante : la cigale, ayant chantédans des bars et des clubs, a gagné beaucoup d’argent, dont elle confie lagestion à un renard fourbe. Mais l’insecte n’est pas dupe et se fait assisterpar un serpent avocat ; elle conseille en outre au renard de prêter sonargent aux plus pauvres, car ce sont leurs biens qui sont vendus le plusfacilement en cas de non-paiement. Le renard, qui découvre plus cynique quelui, s’incline devant la cigale.

« La vive » met en scène sur une plage un enfant piqué par unevive – un poisson muni d’épines dorsales. Les mères autour de lui s’indignentqu’aucun soin ne lui soit donné, et s’en prennent verbalement au poisson quifait souffrir un enfant innocent. La vive, triomphante, conclut ainsi :« Il faut bien que chacun vive ».

Dans « Le loup, la louve et les louveteaux », un loup cruel rentrechez lui avec un agneau destiné à nourrir ses louveteaux et sa louve. Mais latribu de loups se voit à son tour tuée par des hommes.

Anouilh reprend une autre fois « La cigale et la fourmi » de La Fontaine,qu’il intitule « La fourmi et la cigale ». La fourmi se plaint destâches ménagères qu’elle accomplit sans relâche, quotidiennement, sans aucunereconnaissance. La poussière enlaidit la fourmi, qui se voit alors délaisséepar ses amours. Aigrie, elle continue tristement de frotter et de nettoyer,jusqu’à en mourir, recouverte d’une fine couche de poussière. Pendant tout cetemps, la cigale a pour sa part une bonne qui accomplit ces tâches ingrates pourelle.

Dans la dernière fable du recueil,« La fille et le loup »,une fille tombe amoureuse d’un loup le jour de sa propre noce. Elle se trouvetriste de ce mariage tandis que le loup est triste de son sort de captif ;leurs regards se croisent. Une fois la noce célébrée, pendant la nuit, la filledélivre le loup et s’échappe avec lui dans la forêt. Le lendemain matin, ilssont retrouvés : le loup est tué et la fille jugée. Elle se défend devantune cour qu’elle méprise et assène : « J’aime les hommes, Et seul leloup en était un. »

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