Feuilles de route

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Résumé

Feuilles de route est le dernier recueil de poèmes de Blaise Cendrars,qui se consacrera ensuite au roman, à l’autobiographie et au journalisme.Ainsi, dans Feuilles de route, dont les poèmes ne correspondent à aucuneforme classique (les vers sont libres et se moquent de rimer), on le voitquitter la poésie pour des formes qui lui permettent de mieux embrasser leréel.

 

I.Le Formose

 

Contrairement à la plupart des célèbres recueilsde poèmes, Feuilles de route fait davantage que proposer uneorganisation cohérente des pièces ou une unité esthétique. Il y a, tout du longdu recueil, une progression narrative linéaire, un voyage d’un point A vers unpoint B, que le poète détaille de manière claire. Si bien sûr le récit estplein d’ellipses, il reste qu’on sait toujours au moins où l’on est et qu’onpourrait finalement en tracer l’itinéraire sur une carte. Cette premièresection s’appelle « Le Formose », car c’est le nom du bateau quitransporte le poète durant la quasi-totalité de cette première partie, du Havreà São Paulo.

 

« Dans le rapide de 19 h 40 » :récit du voyage en train qui mène le poète au Havre.

« Réveil » : récit du départ àbord du Formose.

« Tu es plus belle que le ciel et lamer », « Lettre » : Poèmes d’amour destinées à une femmeaimée que par goût du voyage on quitte. Le poète semble avoir aussi goût pourla modernité. Il chérit sa machine à écrire – « Mon écriture estnette et claire / On voit bien que c’est moi qui l’ai tapée » – dontil associe le bruit à la musique jazz dans « Clair de lune », le poèmesuivant. Dans le poème « La Pallice », qui succède à « Clair delune », le poète compare les îles au large de la Rochelle aux « petitsbistros bretons des environs de la gare Montparnasse » et aux« aquarelles infâmes que vend boulevard de la Madeleine un rapinhirsute ». Au lieu de s’évader, on retourne donc, d’abord, gaiement àl’urbain.

« Clair de lune », « LaPallice », « Bilbao », « La Corugna »,« Villa Garcia », « Porto Leixoes », « Sur les côtesdu Portugal » : Le poète décrit les paysages qu’il rencontre le longde la côte française, puis espagnole, et enfin portugaise.

« En route pour Dakar » : Lepoète quitte finalement l’Europe, et ce moment semble marquer le début duvoyage ; il dit adieu à son continent et explique que ce qui l’appelle estun amour profond pour la matière – il rêve de « devenir dur comme uncaillou ».

« 35° 57′ latitude nord 15° 16′ longitudeouest », « En vue de l’île de Fuerteventura » : Le poètedécrit les paysages qu’il rencontre le long de la côte africaine, en direction deDakar.

« À bord du Formose » : Descriptiondu peuple hétéroclite qui anime le bateau.

« Lettre-océan » : Descriptiondu mécanisme de la lettre-océan, qui est une sorte de service postale maritimeparticulier – ce n’est pas « un nouveau genre poétique », dit lepoète, mais dès lors qu’on envoie des lettres-océans, « on fait de lapoésie ».

« À la hauteur du Rio de l’Ouro »,« En vue du Cap Blanc », « Dakar »,« Gorée » : Description des paysages rencontrés dans la dernièrepartie du voyage vers Dakar.

« Œufs artificiels » : Avant dedébarquer, un banquier raconte qu’on fabrique à Dakar des œufs artificiels. Lepoète prend plaisir à détailler le processus : on fait le blanc avec del’hémoglobine de cheval, le jaune avec de la farine de maïs, et la coquilleavec un précipité calcaire.

« Les boubous », « Bijou-concert »,« Les charognards » : Le poète profite de l’escale pour décrirele mode de vie de la capitale sénégalaise, comment les femmes s’habillent etséduisent, comment on y fait la fête, comment la misère, qui y domine, y est toutefoisplus poétique qu’à Paris.

« Sous les tropiques »,« Ornithichnites », « Bleus », « Couchers de soleil »,« Nuits étoilées » : Le voyage reprend, en direction du Brésil.Le poète décrit le ciel et la mer tels qu’il les voit aux différents moments desa traversée de l’Atlantique.

« Complet blanc », « La cabinen°6 », « Bagage » : Description de la vie à bord du bateau.Le poète détaille ses vêtements, son lieu de vie, le contenu de ses bagages.

« Orion », « L’Équateur »,« Le passage de la ligne », « Je nage », « S. Fernandode Noronha », « Amaralina » : le poète bienheureux savoureson oisiveté et regrette, au fur et à mesure que la côte sud-américaineapproche, que la traversée soit si courte.

« Les souffleurs »,« Dimanche » : Le poète détaille la descente du Formose le longde la côté sud-américaine.

« Le poteau noir » : Descriptiond’un « poteau noir au milieu de l’océan où tous les bateaux s’arrêtenthistoire de mettre une lettre à la poste ». Le poète n’est pas sûr del’orthographe – serait-ce « pot au noir » ? – mais décide defaire confiance aux hommes du Formose.

« Pedro Alvarez Cabral » : Évocationde l’explorateur portugais qui au XVIe siècle a découvert le Brésilpar hasard.

« Terres »,« Œufs » : Description des côtes sud-américaines.

« Papillon », « Rio deJaneiro », « Sur rade », « La coupée » : Descriptionde Rio de Janeiro, deuxième escale.

« Banquet », « Belle soirée »,« Pleine nuit en mer » : Le Formoserepart, et le poète est triste de laisser à Rio ses deux nouveaux amis,M. Lopart, « agent de change à Bruxelles gentil charmant », etBoubou-blanc-blanc-boubou, « la meilleure des copines ». Samélancolie est telle qu’il en vient à avoir le mal du pays, le temps du poème« Paris ».

« Aube », « Îles »,« Arrivée à Santos », « À bâbord », « Àtribord », « Vie », « La plage de Guajara » : Trèsvite la mélancolie disparaît car on arrive à São Paulo. Comme pour prolonger leplaisir de l’arrivée, le poète prend le temps de détailler toutes les étapes dudébarquement.

« Bananeraie »,« Mictorio », « Les tinettes de la Bastille »,« Sao-Paulo Railway C° » : Le poète décrit son voyage en voiturepour aller à la gare de Santos, puis la gare elle-même. Il se concentre enparticulier sur les toilettes, qui sont trop basses, au contraire des tinettesde Bastille.

« Paysage », « Dans letrain », « Paranapiaçaba », « Ligne télégraphique »,« Trouées », « Visage raviné », « Piratininga »,« Botanique », « Ignorance », « São Paulo » :Le poète décrit son voyage en train, de Santos à la capitale – à la fois letrain en lui-même, mais aussi les rencontres, les passagers, les paysages, lesplantes. Dans le dernier poème, le poète arrive enfin à destination.

 

II.São Paulo

 

Cette seconde section est très courte ;en six petits poèmes : « Debout », « La ville seréveille », « Klaxons électriques », « Menu fretin »,« Paysage », « Saint-Paul », Cendrars détaille les raisonspour lesquelles il aime São Paulo, d’abord par la description du mode de viedes habitants, puis par un poème final qui explicite ces raisons. Dans« Saint-Paul », le poète clame : « Ici nulle tradition /Aucun préjugé / Ni ancien ni moderne / Seuls comptent cet appétit furieux cetteconfiance absolue cette audace ce travail ce labeur cette spéculation qui fontconstruire dix maisons par heure de tous styles ridicules grotesques beauxgrands petits nord sud égyptien yankee cubiste ». Ainsi c’est sondésordre, son bruit, son activité incessante, le fait que sans pour autant lechercher la ville se trouve au cœur de l’Histoire, qu’il aime.

 

III.

 

La troisième section, sans titre, est plus oumoins de la même envergure que la première. Paradoxalement, ce fait donne del’importance à la seconde partie – comme si d’une part le séjour à São Pauloétait trop court, et d’autre part que la vie y était si intense qu’on n’yprenait pas le temps d’écrire. Cette troisième section se caractérise par unchangement d’attitude du poète, qui est bien décidé, après ses six mois devacances sud-américaines, à se focaliser sur ses travaux d’écriture.

La traversée est sans histoire (un des poèmesà juste titre s’appelle « Traversée sans histoire »), et lesthématiques de cette troisième section sont relativement réduites, d’autantplus que la trajectoire géographique est moins ample et plus floue (on remontele long de la côté sud-américaine mais le trajet n’est pas précisémentretracé) :

– Description des conditions de voyage etdes bourgeois qui voyagent avec le poète : « Départ », « Àquai », « Cabine 2 », « À table », « Retard »,« Mauvaise foi », « Smoking », « Traversée sanshistoire », « Incognito dévoilé », « Nourrices etsports », « Le charpentier », « Le commandant est un chictype », « Passagers », « Bal »,« Podomètre » ;

– Description des paysages et de la faune(particulièrement abondante dans cette section, notamment en raison de l’achat parle poète de singes et oiseaux) : « Rio de Janeiro »,« Dîner en ville », « La nuit monte »,« Chaleur », « Coucher de soleil », « Bahia »,« Hic Haec Hoc », « Pernambouco », « AdrienneLecouvreur et Cocteau », « Chaleur », « Requins »,« Entrepont », « Un trait », « Je l’avais biendit », « Fernando de Norohna », « Grotte »,« Pic », « Plage », « «Bagne »,« Civilisation », « L’oiseau bleu »,« Pourquoi », « Oiseaux », « Jangada », « Sillage » ;

– Considérations plus générales sur levoyage : « Un jour viendra », « ChristopheColomb » ;

– Considérations sur l’écriture et sur lajoie d’écrire : « Réveil », « La brise », « Lematin m’appartient », « Écrire », « Cap Frie »,« Vie dangereuse », « Coquilles », « Rire »« Pourquoi j’écris ? ».

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