Feuilles de route

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Le Brésil : l'utopialand de Cendrars

Cendrars va pour la première fois de sa vie au Brésil en 1924 (il part de France le 12 février), année de la parution de ce recueil, ce qui n'a rien d'un hasard. L'itinéraire du Formose se termine ainsi au Brésil, et c'est là que Cendrars découvrre ce qu'il appellera par la suite son « utopialand », un pays, un endroit utopique, la sienne, l'endroit parfait pour y vivre, de par ses différences avec la France, son climat, la beauté de ses paysages, son exotisme... Ce sera réellement un nouveau départ et pour lui une nouvelle vie, un esprit vierge, et donc une nouvelle histoire. Le Brésil a été comme le reste du continent américain découvert lors des grandes découvertes du XVIème siècle par les européens et l'on ressent que ce pays nouveau (en opposition avec le vieux continent qu'est l'Europe) n'a pas encore de grande Histoire, mais de nombreux héritages culturels, européens, indigènes et africains). Cendrars y découvre pour sa part une terre paradisiaque, lieu idéal pour penser, écrire, vivre heureux. Cela le change de la France ; l'auteur est usé par le conformisme, par la vie littéraire et artistique qu'il y menait. À Sao Paulo, il rencontrera les modernistes, et adhère au mouvement, où il est accueilli triomphalement, et où il se retrouve enchanté par cette nouveauté, la vivacité de l'écriture là bas. Il écrit un poème Œufs où il écrit « La côte du Brésil est semée d’îlots ronds nus au milieu desquels nous naviguons depuis deux jours/ On dirait des œufs bigarrés qu’un gigantesque oiseau a laissés choir/ Ou des fientes volcaniques/ Ou des sphingtéas de vautour ».

Puis vient l'arrivée donc au...

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