Gatsby le magnifique

par

Jay Gatsby

Le personnage éponyme du roman, Jay Gatsby, est un riche jeune homme vivant dans un manoir gothique du quartier de West Egg. Il est connu pour les fêtes grandioses qu’il donne tous les samedis soirs et auxquelles il invite une grande partie de l’élite new-yorkaise. Personne ne sait cependant d’où il vient, ce qu’il fait ni d’où provient sa grande fortune. Ce n’est qu’au fil du roman que l’on apprend que Gatsby est né James Gatz dans une ferme du Dakota du Nord et qu’il a construit sa fortune dans l’industrie pharmaceutique, profitant du marché que représentait la Première Guerre mondiale.

         Nick comprend au fil du récit que si cet homme multiplie les réceptions extravagantes, c’est dans le seul but d’attirer chez lui la belle Daisy Buchanan, un amour de jeunesse, rencontrée alors qu’il s’entraînait pour devenir officier à Louisville, aujourd’hui mariée à un autre et qu’il souhaite ardemment reconquérir. C’est pour cette raison qu’il a cherché à tout prix à s’élever socialement et à faire fortune, même si cela l’a poussé à tremper dans des affaires criminelles.

         Nick perçoit Gatsby comme un homme profondément brisé, malhonnête et tapageur, mais son incroyable optimisme et le pouvoir qu’il a de transformer ses rêves en réalité ont selon lui fait de Gatsby un « grand » homme, « the Great Gatsby ».

         Gatsby est avant tout un homme plein de mystères, un personnage flou. Ses seules caractéristiques livrées au lecteur sont des éléments qui prennent en compte l’intégralité de sa personne : il est éminemment romantique dans son amour pour Daisy, généreux par l’ampleur des fêtes qu’il donne, mais aussi naïf de croire que l’argent peut acheter amour et bonheur. Il est un certain type d’homme des années 20, qui croit au pouvoir des billets verts, un homme-enfant bercé par la nostalgie de ses souvenirs amoureux d’avant-guerre qui va connaître l’amertume, la mélancolie, et dresser petit à petit le constat de la vacuité de l’existence.

         De nombreuses interprétations et analyses autour de ce personnage mystérieux et insondable ont été élaborées depuis la publication du roman en 1925. Nous retiendrons particulièrement celle de Claire Dixsaut qui établit un rapprochement entre les astres et les personnages du roman qui gravitent autour de Gatsby, figure solaire par excellence. En effet, des éclairages particuliers accompagnent les personnages, principalement Gatsby et Daisy. Gatsby est le personnage le plus lumineux du roman, un soleil à part entière. Il rayonne, dispense la lumière des étoiles, sort « mesurer sa part de nos cieux indigènes » ; Nick est comme obsédé par la luminosité du costume rose de Gatsby, même sa voiture est éclatante : « un labyrinthe de rétroviseurs qui réfléchissait une douzaine de soleils ». Daisy, quant à elle, n’émet pas de lumière mais réagit à la lumière du soleil : les derniers rayons du soleil illuminent son visage avec une « affection romantique », comme si les rayons provenaient directement de Gatsby qui caresse tendrement son visage.

            Par ailleurs, il n’est pas étonnant que le chapitre 5 du roman, chapitre clé où Gatsby et Daisy dévoilent leur amour et où Myrtle est tuée par accident, enclenchant la fin inéluctable de l’espoir, soit dominé par la chaleur d’un soleil de plomb : Gatsby irradie de bonheur à l’idée de la confrontation entre Daisy et Tom. Enfin, lorsque Gatsby s’installe dans la piscine, Fitzgerald s’intéresse grandement à la lumière, révélant qu’elle a perdu de sa douceur et de sa naïveté – tout est maintenant cru et clair. Puis Gatsby meurt. 

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