Grand-père

par

Un écrit cathartique

Malgréle ton, le livre n’est pas un règlement de comptes à l’encontre d’un homme quin’est plus là pour se défendre. D’ailleurs, l’auteure déclare que son récitn’est pas un réquisitoire. Bien que le compte rendu établisse invariablement dansla conscience du lecteur un schéma de victime et de bourreau entre lapetite-fille et son grand-père, Marina Picasso déclare que ce n’est pas le butrecherché.

Ellecherche à faire de son récit un appel à l’opinion publique qui encense à lafois l’homme et le peintre. Elle cherche à restituer la vérité sur la personnede Pablo Picasso, tout en dissociant l’homme du peintre. Ainsi, bien qu’elle asans doute une part de mépris pour l’homme, elle ne nie pas le talent et legénie créateur du peintre.

« “Quand je n’ai pas de bleu, jemets du rouge”, disait Picasso mon grand-père.

Moi, j’ai été obligée d’utiliser toutesles couleurs que me proposait mon destin. Certaines étaient fondamentales,d’autres complémentaires. Teintes et demi-teintes, j’espère que mes enfants nejugeront pas l’œuvre que fut ma vie quand ils l’accrocheront à la cimaise deleur mémoire.

Jesuis bien. Tellement bien. »

Par-dessus tout, l’auteure montrecomment elle a su surmonter les cicatrices de son enfance et comment ellecherche à construire, sous le même nom, un héritage plus heureux que celuilaissé par le peintre à ses proches. Elle fait état du processus qui l’aconduite à accepter son héritage et à se servir de l’argent dont elle a héritépour œuvrer en bien autour d’elle. Ainsi, les souvenirs particulièrementdouloureux de son enfance, analysés, lui auraient permis de se libérer de ses traumatismes,et d’assumer son nom, son héritage et son enfance, afin de s’approprier sonexistence et de sortir de l’ombre du peintre.

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