Horace

par

Une affaire d’honneur

Comme dans tout compte chevaleresque et récit mythologique, les combats entre chevaliers ont pour but de maintenir l’honneur de chaque camp ou de restaurer un honneur jadis brisé. Ceci dit, il n’est que logique que Corneille, qui s’inspire d’une des batailles les plus légendaires de l’histoire de Rome pour créer sa pièce, fasse également ressortir ce thème d’honneur. Le héros Horace, d’ailleurs, n’est motivé que par « ce désir d’honneur qui leur ferme les yeux. » Cet honneur fait sa fierté et c’est la seule raison pour laquelle il décide d’entrer au combat : Rome l’a choisi, parmi tant d’autres. Ceci lui donne un sentiment de suffisance et d’importance, comme il le déclare lui-même : « Mourir pour le pays est un si digne sort ». Il réitère donc son patriotisme en se prononçant garant pour cette mission salvatrice : « Rome, quoi qu’il en soit, ne sera point sujette, Que mes derniers soupirs n’assurent ma défaite ».

De même, Curiace – bien qu’il semblerait être moins hautain qu’Horace – possède également cet orgueil de chevalier prêt à tout pour sauver sa patrie. Bien qu’il se plaigne de ce combat qu’il croit avoir perdu d’avance, il n’est pas prêt à sacrifier ce rang d’honneur qu’Albe lui a attribué en le choisissant comme l’un des chevaliers pour ce duel décisif. Lorsque Camille essaie de le dissuader d’entrer dans la bataille, il s’obstine car il n’est plus seulement question de sauver l’honneur de son pays, mais de sauver le sien, en tant que chevalier, choisi pour représenter Albe : « Albe, après l’honneur que j’ai reçu de toi, Tu ne succomberas ni vaincras que par moi ».

En...

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Dissertation à propos de Horace