Jacquou le Croquant

par

La révolte

La révolte dans Jacquou le Croquant, à l’image de toutes les révoltes, naît du sentiment d’injustice ressenti par les paysans. Dans le cas de Jacquou, c’est la mort de Lisa qui le pousse à se rebeller. Il devient l’instigateur de la rébellion, allant de ferme en ferme, ravivant dans la mémoire des gens les méchancetés et les cruautés subies aux mains du tyran et de ses proches. Il fait face aux hésitations de ceux qui craignent qu’une rébellion ne signe leur perdition, comme ce fut le cas du père de Jacquou. Mais à force de persévérance, il finit par avoir raison de toutes les hésitations.

La révolte décrite par Le Roy est un véritable mouvement de masse auquel vieux, jeunes et femmes prennent part. Les paysans sont motivés par le désir de vengeance et non par des vœux de justice. La justice est simplement un outil de plus aux mains des bourgeois et les paysans, eux, ne veulent que se venger.

« Et à cette voix s’en joignaient d’autres, clamant leurs griefs au comte, et, dans la colère, lui portant les poings sous le nez, cependant que l’un le tenait déjà à la gorge et que les bâtons et les serpes se levaient sur sa tête »

La facilité avec laquelle les paysans prennent le château d’assaut et l’incendient est révélatrice – d’une part, le nombre des paysans montre bien que le besoin de vengeance était commun à tous les paysans ; l’absence de réelle résistance montre également que le comte considérait son attitude comme normale à tel point qu’il ne pouvait s’attendre à ce que les choses changent un jour.

L’un des éléments caractéristiques de cette révolte des paysans est que malgré la violence dont les paysans ont soif, et malgré leur désir de vengeance, ils n’y cèdent finalement pas et décident, plutôt que d’ôter la vie au comte, de lui faire perdre sa fortune :

« De même que les gens de Tursac ont brûlé Reignac, il nous faut brûler l’Herm. L’abolition totale de ce repaire de bandits achèvera de ruiner ce prétendu seigneur, qui s’en ira mendier de château en château une pitié méprisante qui sera son plus grand châtiment »

Jacquou le Croquant prend donc des airs de dénonciation de la misère des paysans et des abus de la noblesse, et d’autre part, il ressemble à une mise en garde contre de nouvelles révoltes qui, si rien ne venait à changer, seraient inévitables.

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