Jacquou le Croquant

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Résumé

Le narrateur est Jacquou, un vieil homme âgéde quatre-vingt-dix ans, qui fait au lecteur le récit de sa vie. L’histoire sedéroule en France, dans le Périgord, non loin de Limoges. En 1815, Napoléonvient d’être chassé du pouvoir, la restauration a mis Louis XVIII sur le trôneet au château de l’Herm, à la lisière de la Forêt Barade, vit le cruel marquisde Nansac, dur et indifférent à la misère des autres. Il règne sans partage surses terres, secondé par son régisseur Laborie et le garde Mascret. C’est là,dans la pauvre métairie de Combenègre, que vit Jacquou, fils de Marie etMartissou Féral. Travailleur et honnête, Martissou a transmis à son fils lesurnom de Croquant, qui leur vient d’un ancêtre pendu autrefois pour avoir prispart à la révolte des gueux, les croquants, contre l’arbitraire seigneurial.Marie, la mère, est en butte aux avances grossières de Laborie, qui vient unjour abattre la chienne de chasse de Martissou, blessant Marie à la joue. Foude colère, le métayer s’empare de son fusil et d’un coup bien ajusté abatLaborie. Il a beau se sauver et se cacher, il est dénoncé et traduit enjustice. Malgré la plaidoirie de l’avocat Vidal-Fongrave qui peint à la cour leportrait de l’homme odieux qu’était le régisseur et quelles injustices lemarquis exerce sur les paysans, Martissou est condamné à vingt ans de bagne.Là-bas, loin des siens, il ne tarde pas à mourir, épuisé par le labeur inhumainet les mauvais traitements.

Marie et Jacquou ont dû quitter la métairie deCombenègre et se sont installés dans une tuilerie abandonnée. Là, ils mènentune vie misérable. Marie travaille à la journée, parcourt des lieues par montset par vaux afin de nourrir son « drole », c’est-à-dire son fils.Cette femme courageuse emmène un soir son petit sous les murailles du châteaudes Nansac et lui fait prêter le serment de vengeance : que périsse cetterace exécrée ! L’enfant laisse grandir en lui la flamme de la colère, tantet si bien qu’une nuit, il incendie la forêt qui appartient au marquis et lefeu ravage les biens de l’aristocrate.

Quand sa mère travaille aux champs, le garçonnetjoue avec une petite gardienne de chèvres, Lina, avec qui il noue des liensaffectueux. Quelques mois passent. Hélas, cette existence épuise la jeunefemme, qui meurt dans la pauvre masure, sous les yeux de son fils. Jacquou estmaintenant seul au monde ; il n’a même pas dix ans. Il part sur leschemins, cherche à louer ses petits bras, en vain. Ses pas le mènent à Fanlac.Là, le curé du village, Bonal, le trouve sur la place. Ému par le spectaclequ’offre le petit orphelin, le brave ecclésiastique adopte l’enfant. Il luioffre le gîte et le couvert, lui apprend à lire et à écrire. Là, l’enfant mèneenfin une vie laborieuse et tranquille, entre le curé, sa servante Fantille etl’ami du prêtre, le chevalier de Galibert, un aristocrate un peu excentrique maisau cœur bon. De douces années s’écoulent, paisibles. Un jour, Jacquou retrouveLina, devenue une belle jeune fille. L’amitié qui les liait se transforme en unamour très pur.

Malheureusement, ces jours connaissent unterme. Le curé Bonal est un homme simple et bon mais qui, autrefois, a prêté sermentà la Constitution de la République, et cela, les jésuites réactionnaires quidominent maintenant l’Église ne le pardonnent pas. Bonal est destitué de sonétat de prêtre. Il doit quitter la cure de Fanlac et il trouve refuge dans unpetit bien qui lui vient de son père non loin de là. Ses derniers mois sepassent dans l’amertume, et lorsqu’il meurt, Jacquou retrouve une vie faite delabeur et de misère, puisque le voici privé de logis. Mais l’effort n’a jamaisfait peur au jeune homme qu’est devenu Jacquou. Il travaille, apprend l’état decharbonnier avec son vieil ami Jean, et conte fleurette le dimanche à sa bonneamie Lina, tandis que la meilleure amie de celle-ci, Bertrille, attend sonfiancé parti en tant que soldat.

Mais un jour, au détour d’un chemin, la routede Jacquou croise celle du marquis de Nansac. Ce dernier n’a rien perdu de samorgue, et attend du paysan qu’il s’écarte de sa route. Quelle n’est pas sastupeur quand Jacquou, non content de ne pas s’écarter, le défie, le menace desa pioche et, insulte suprême, le tutoie et l’appelle du nom de son grand-père,qui n’était qu’un obscur porteur d’eau. L’affront est insupportable, et Nansacprépare sa vengeance, qui ne tarde pas. Une nuit, alors que Jacquou braconnedans les bois, des hommes de main du marquis se jettent sur lui, l’enlèvent etle jettent dans un cul-de-basse-fosse du château de l’Herm. Le jeune homme estenfermé dans une totale obscurité, sans rien à manger ni à boire, en proie auxrats. Au bout de quatre jours, il tombe de faiblesse. Quand il se réveille, ilest libre. En effet, effrayé par les perquisitions des gendarmes, l’infâmeNansac a jugé préférable de se débarrasser de son prisonnier. Hélas, un nouveaumalheur frappe Jacquou : Lina, le croyant mort, s’est jetée dans larivière et s’est noyée. Cette fois, la coupe, est pleine : Nansac doitpayer.

Jacquou est estimé dans le pays, autant queNansac est détesté. Aussi il lui est aisé de rassembler un groupe d’hommes etde femmes décidés qui, une nuit, prennent le château d’assaut. Jacquou empêchequ’on fasse un mauvais sort au marquis et met le feu au château. Nansac estruiné. Jacquou ne se cache nullement des autorités et ne résiste pas quand onl’arrête. Il a vengé son père, sa mère et Lina, victimes du cruel marquis. Ils’assied sur le banc des accusés, là où autrefois son père fut condamné. Maisles temps ont changé : tandis que se déroule le procès, Paris estagité : le peuple chasse le vieux roi Charles X, le temps desréactionnaires est révolu. La plaidoirie de l’avocat Vidal-Fongrave – encorelui – fait mouche : Jacquou et ses compagnons sont acquittés. Nansacdisparaît et finit, misérable, à l’hôpital, mort infamante pour l’aristocratequ’il est. Quant à Jacquou, il va mener désormais une vie plus paisible. Letemps va apaiser la douleur de la perte de Lina. Une douce et honnête tendresseva naître entre lui et Bertrille, qui a perdu son fiancé. Ils se marient etauront treize enfants. La vie s’écoule, laborieuse mais heureuse. Au soir de savie, Jacquou, devenu aveugle, est pour tous le symbole vivant d’un âge révolu,celui où les maîtres avaient tous les droits et les paysans seulement desdevoirs. Jacquou le Croquant est celui qui a connu l’arbitraire mais qui, unsoir de juste colère, en incendiant le château de Nansac, a aidé à faire partirl’ordre ancien en fumée.

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