Jane Eyre

par

Le difficile équilibre entre autonomie et amour

Jane Eyre estl’histoire de la lutte acharnée d’une femme contre les préjugés et pour lamaîtrise de soi. En effet, au début de l’histoire, elle n’est qu’une orphelineà Gateshead, totalement dépendante des personnes qui régissent l’établissement ;elle est complètement réprimée, oppressée. Son parcours se construit doncautour d’une recherche de sa propre identité qu’elle doit bâtir sur de solidesfondements. Elle va le faire à mesure qu’elle va découvrir l’indépendance et l’amour,et parvenir à trouver un équilibre entre les deux. Elle doit donc s’émanciperdes conditions de vie restrictives que lui impose le pensionnat – image réduitede la société dans laquelle elle va plonger – afin de reconquérir sa liberté depenser et de faire des choix.

Dansce but, elle s’entoure de personnages à la personnalité aussi autonome que lasienne : Helen Burns en est le parfait exemple. Celle-ci avisera Jane surla façon dont elle ne doit laisser personne décider du chemin que sa vie prendra.Partageant une relation basée sur le respect mutuel et non le rapport de force,Jane découvre que l’amour et l’affection peuvent se marier à l’autonomie dèslors que l’un ne cherche pas à s’imposer à l’autre : c’est cet équilibrequ’elle trouve auprès d’Helen et de Mme Temple.

Cependant,Jane a une profonde envie, presque un besoin, de donner, de se montrergénéreuse et de rendre service, ce qui peut la conduire à une sorte deservitude, qui n’empêche pas forcément l’autonomie. Lorsqu’elle quitte Lowood,elle s’en va chercher, selon ses propres termes, une « nouvelleservitude ». Elle recherche de plus le soutien et presque la protectiondes hommes, comme d’abord avec Rochester puis Saint John, ce qui contrastefortement avec son désir d’affirmation. Pour Jane, l’inclination et ladéférence semblent être une étape décisive avant l’émancipation.

Tout le roman est donc construit sur larecherche d’un équilibre entre le fait de servir et de gouverner. Jane, ainsi,découvre les fondements de sa liberté non dans la rébellion mais dans sacapacité à aimer, à respecter et à se montrer généreuse. À la fin du livre,elle adopte la position symbolique de guide et de servante de Rochester,équilibrant la nécessité mutuelle et l’amour. Ainsi, leur amour peut évoluersur un terrain d’entente vierge de toute rancune et de tout sentiment desupériorité de l’un sur l’autre, égalitaire. En effet, lorsqu’elle le retrouve,exilé de son manoir détruit par les flammes, et qu’il la reconnaît malgré sacécité, elle le nomme « moncher maître », adoptant une respectueuse position de servitude désiréepar rapport à lui. Elle ne fait pas ressentir à Rochester son handicap commeune infériorité ni une gêne pour elle. « Je vous ai retrouvé et je reviens vers vous », luiexprime-t-elle au chapitre XXXVII, lui montrant par là qu’il était devenul’objet de sa quête, et le but de son existence.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le difficile équilibre entre autonomie et amour >