Kamo et moi

par

Résumé

Kamo et moi est un roman pour la jeunesse de l’écrivain français Daniel Pennac paru en 1992. Il met en scène un narrateur, jeune garçon dont le lecteur ne connaît pas le nom, et son meilleur ami Kamo, brillant et déroutant garçon, à l’esprit vif et original. Le narrateur vit avec ses parents : Pope, son père, et Moune, sa mère. Kamo, quant à lui, a perdu son père et c’est sa mère, Tatiana, qui l’élève seule. Les deux amis sont inséparables, les parents de l’un et de l’autre s’entendent très bien. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Tout ? Voire…

En effet, un homme gâche la vie des deux garçons et de leurs camarades de classe. Cet homme, c’est monsieur Crastaing, leur professeur de français. Ce personnage glacial et impénétrable paralyse ses élèves, il les terrorise, il les brime et les enferme dans une bulle froide et aride. Ce professeur ne montre pas la moindre bienveillance, ne fait jamais preuve de clémence, ne laisse rien passer. La rédaction hebdomadaire n’est pas rendue en temps et en heure ? Ce sera deux heures de colle, et un entretien avec les parents du coupable. Alors quand le narrateur et Kamo n’ont pas d’inspiration, et se trouvent bloqués devant une feuille de copie blanche et désespérément vide, ils tremblent à l’idée de ce qui les attend à coup sûr en cas d’échec. Ce qui est étrange, c’est que Pope, le père du narrateur, si fort, si calme, si rassurant, semble craindre les entretiens avec monsieur Crastaing tout autant que son collégien de fils.

Voilà pourquoi quand monsieur Crastaing donne à ses élèves le sujet de la nouvelle rédaction, c’est la consternation : comment aborder ce sujet si difficile ? « Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que vous vous êtes transformé en adulte. Affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents : ils sont redevenus des enfants. Racontez la suite. » Pour le narrateur, l’inspiration est encore plus difficile à trouver que d’habitude. Il a beau se torturer l’esprit et interroger ses parents sur leur jeunesse, aucune idée ne lui vient. Mais il a promis à Pope qu’il aurait terminé sa rédaction avant même le jour imposé par le professeur pour rendre le travail. Alors il cherche, cherche encore, essaie, jette ses brouillons… Et pendant ce temps, une épidémie semble s’abattre sur la classe : le nombre d’élèves absents augmente de jour en jour, une maladie non identifiée ravage les rangs des élèves de monsieur Crastaing. C’est dans ces circonstances étranges que le narrateur fournit un effort ultime pour terminer cette damnée rédaction. Et lorsqu’il se lève, le matin suivant… il est devenu adulte ! Stupéfait, il se précipite dans la chambre de ses parents, et y trouve deux bambins pleins de vie et d’énergie : ses parents sont retombés en enfance !

Suite à cette métamorphose de sa famille, le narrateur se précipite en classe, à la recherche de Kamo qui, forcément, ne le reconnaît pas et le prend pour Pope. Kamo se laisse convaincre de faire cette drôle de rédaction… et se retrouve à son tour transformé en adulte, tandis que Tatiana, sa mère, est redevenue une enfant. Il est grand temps d’agir et d’aller trouver monsieur Crastaing, lui aussi absent. Kamo et le narrateur dénichent son adresse, se rendent chez leur professeur, s’introduisent dans sa demeure et découvrent un intérieur d’une infinie tristesse, où suinte la solitude la plus absolue. La fenêtre donne sur la cour lugubre d’un orphelinat où les deux garçons aperçoivent un petit garçon seul et triste, assis là, sans ami. Une fouille rapide du lieu révèle une corbeille pleine de brouillons : monsieur Crastaing, lui aussi, a essayé de faire la rédaction. Les deux amis comprennent alors que ce petit garçon perdu là-bas dans la pénombre, c’est Crastaing lui-même. Kamo décide de prendre le garçonnet avec lui, et de lui faire finir sa rédaction, de gré ou de force. Il en est sûr : les choses redeviendront comme avant si Crastaing termine lui-même le travail qu’il a imposé à ses élèves. Pendant que Kamo se charge de cette besogne, le narrateur a d’autres soucis : les enfants – enfin, ses parents – sont malades ! Ils sont brûlants de fièvre. Il est fou d’inquiétude, et craint même pour leur vie. Il les veille, prend soin d’eux, mais les invective tout de même : il veut reprendre sa place d’enfant, c’est lui qui devrait être ainsi dorloté, et non l’inverse ! Il sombre dans un sommeil qui ressemble à un évanouissement.

Il se réveille couché dans son lit, Pope et Moune à son chevet. Ils ont repris leur place de parents, ils sont adultes à nouveau. Et lui, à nouveau petit garçon, écoute son père expliquer pourquoi il craint tellement de rencontrer monsieur Crastaing. À chaque entretien, le professeur lui raconte son enfance, malheureux orphelin qu’il était, toujours seul, n’ayant jamais connu sa famille. Il était pensionnaire dans le sombre orphelinat que Kamo et le narrateur ont vu depuis la fenêtre de son logis.

Il est temps de retourner en classe, et tous les élèves sont de retour. Ils attendent, un peu anxieux, l’entrée de monsieur Crastaing. C’est un homme changé qui apparaît, plus ouvert, qui leur lit la rédaction qu’il a rédigée, celle que Kamo l’a aidé à écrire. C’est une histoire d’enfants, d’adultes, de naissances, de décès, de rencontres et de séparations, de retrouvailles et de départs. Kamo a aidé monsieur Crastaing à s’inventer des souvenirs, et l’a fait entrer enfin dans la famille des hommes.

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