Kamo et moi

par

Biographie de Jean-Philippe Chabot

Jean-Philippe Chabot est un auteur et illustrateur spécialisé dans la littérature jeunesse né en 1966 à Chartres. Durant sa jeunesse il ne s’épanouit pas beaucoup en classe et il est ravi de se concentrer sur le dessin lorsqu’il prend des cours à l’Atelier Leconte à Paris puis à l’U.C.A.D. (Union centrale des arts décoratifs), devenue les Arts décoratifs. Comme beaucoup d’illustrateurs, il a enchaîné les missions temporaires pour des périodiques ou la publicité. Il a ainsi accompli des tâches de storyboardeur et travaillé pour les parfums Dior. Sa passion pour la musique l’a poussé à collaborer avec les magazines Rock & Folk, XroadS, Jazzmen et Rolling Stone.

 

Gallimard

 

Il entre en 1990 comme illustrateur chez Gallimard jeunesse. Là, il donnera notamment une identité visuelle à la célèbre série des Kamo de Daniel Pennac, écrite en 1992, du nom du meilleur ami du narrateur, qui lui n’est jamais nommé. Il s’agit de quatre histoires tournant autour d’enfants de CM2 puis de sixième, qui abordent des problèmes relatifs à l’école et privilégient les situations rocambolesques, laissant osciller la frontière entre réalisme et fantastique.

En 1996, dans la même maison, il illustre le livre consacré à Pablo Picasso qui paraît pour les enfants de 5 à 9 ans, montrant le génie de la peinture du XXesiècle sous toutes ses facettes – tour à tour sérieux et farceur, peintre ou sculpteur –, et en train d’inventer un mouvement de peinture promis à une belle fortune : le cubisme. Dans la même collection « Mes premières découvertes de l’art », toujours en 1996, Jean-Philippe Chabot illustre le livre sur Henri Matisse, présenté par l’éditeur comme un « magicien de la forme et de la couleur ». Il y est question notamment de ses fameuses danseuses aux silhouettes si reconnaissables.

Toujours dans la perspective de faire découvrir une culture jugée parfois élitiste aux plus jeunes, c’est un livre sur l’histoire de Rome qu’illustre Jean-Philippe Chabot en 2002, pour des enfants à partir de 11 ans, et plus particulièrement d’un de ses représentants les plus glorieux, dans Sur les traces de César,où le parcours du célèbre dictateur est retracé depuis sa jeunesse ambitieuse, en passant par son cursus honorum, qui le mène à être consul après bien des intrigues, puis l’acquisition du statut d’imperator grâce à ses conquêtes en Gaule, son retour triomphant à Rome, jusqu’à son assassinat par ses ennemis. Une attention particulière est également portée à l’art romain, à travers des reproductions de sculptures, de vases et de mosaïques. L’ouvrage évite le parti pris coutumier dans bon nombre de livres d’histoire en n’oubliant pas le point de vue des Barbares.

Retour à une littérature pour les plus jeunes en 2003 avec Vivement ce soir !, pour les enfants à partir de 5 ans, dont le héros, à rebours des autres petits garçons qui craignent la nuit, a pour moment préféré le soir, quand il peut faire sa lecture favorite : celle de l’encyclopédie, dont les noms qu’elle comporte, classés par ordre alphabétique, viennent danser sur les murs de sa chambre en ombres chinoises : allosaure, brontosaure, cératosaure, ou encore corbeaux, corneilles et choucas. Ici, le soir et la nuit deviennent des moments propices à laisser aller son imagination dans un sens positif, et non pas ce temps funeste où l’on craint la survenue de sombres entités. Jean-Philippe Chabot fait écho à ce vœu en s’attachant à rendre les rêveries d’un enfant curieux, tout en ombre et lumière, et en multipliant les gros plans.

L’année suivante dans Piège miniature, un roman pour les enfants à partir de 10 ans, Olivier, le jeune héros, va aider monsieur Delcour chez lequel il travaille, un inventeur qui fabrique et vend des maquettes, à comprendre pourquoi une partie des plans de l’hélicoptère qu’il est en train de construire a été dérobée. Dans sa quête, il est accompagné par Cécile, la fille de M. Delcour. En 2009 Le Monde perdus’adresse à des enfants sensiblement du même âge, de 11 à 14 ans. Cette réécriture du célèbre roman d’Arthur Conan Doyle met en scène Ned Malone, un jeune reporter qui se retrouve plongé aux confins de l’Amazonie, sur un vaste plateau isolé où l’évolution s’est arrêtée il y a des millions d’années, alors qu’il avait d’abord eu pour simple mission d’obtenir une interview du difficile professeur Challenger, à la tête de l’expédition. La même année, pour les 5-10 ans, Le Château d’Anne de Bretagnefait visiter ce qui est devenu le musée d’histoire de Nantes à ses jeunes lecteurs, l’introduisant auprès de la jeune duchesse Anne, qui sera par deux fois reine de France.

En 2010 dans Le Musée du Louvrequ’illustre Jean-Philippe Chabot, l’enfant de 2 à 5 ans découvre certains des plus beaux tableaux que recèle le plus grand musée du monde, et sa visite s’avère d’autant plus ludique qu’il a à sa disposition une petite lampe qui lui permet d’en révéler des détails. La même année les 10-13 ans peuvent lire les aventures de Robin des Bois dans une réécriture de Michael Morpugo tout simplement intitulée Robin des Bois, où le célèbre voleur se voit toujours flanqué de frère Tuck pour faire régner la terreur dans la forêt de Sherwood, alors qu’en l’absence de Richard Cœur de Lion, parti en croisade, c’est le prince Jean, son frère, et le shérif de Nottingham qui font régner leur loi inique sur l’Angleterre. Retour à la peinture en 2013 avec L’impressionnisme, pour les enfants de 3 à 6 ans, qui leur fait découvrir comment ces peintres de la lumière et de l’instant représentaient la campagne, la ville et la mer. La même année paraît Vincent Van Gogh, toujours dans la collection « Mes premières découvertes de l’art », pour les 3-7 ans.

 

Grasset

 

Chez Grasset Jean-Philippe Chabot a illustré La Caverne de l’ours sacré en 1998, qui parle d’un problème de succession dans un clan d’hommes préhistoriques, dans le cadre de la grotte de Combe d’Arc dans l’Ardèche. Mise en abîme pour l’illustrateur, qui doit représenter Oursdodu et Piquassor, deux successeurs possibles à Oursnoir, mais qui préfèrent la peinture à la chasse ou aux responsabilités. Jean-Philippe Chabot illustre un roman à suspense l’année suivante avec Développement instantané, dont l’élément déclencheur est la tentative d’enlèvement d’un inventeur génial en la personne du père de Sabrina, que le jeune héros, Jean-Michel, a rencontrée par hasard dans la rue et dont il s’est épris.

 

Milan

 

Chez Milan l’illustrateur s’est attelé à donner une identité visuelle au dragon Gontran, dont le premier tome des aventures paraît en 2000 sous le titre de Gontran le dragon. Le héros éponyme a la particularité de ne pas en avoir, c’est-à-dire que tous ses camarades ont une spécialité, savent faire quelque chose d’étonnant, alors que lui-même ne sait pas même cracher de feu. Il devra donc partir en quête de son talent et de sa voie dans ce premier volume. Dans le deuxième, Gontran, la forêt de l’aventure, publié en 2001, Gontran doit subir la concurrence d’Hippolyte, le tamanoir vantard et intenable, qui convoite lui aussi Aurore la belette, laquelle vient de rejoindre leur classe. Tous vont vivre une véritable aventure – il sera notamment question de tirer Hippolyte d’un piège où il est tombé –, l’humour ainsi qu’une leçon de civisme venant s’ajouter au suspense et à l’émotion.

 

Rageot

 

C’est chez Rageot que Jean-Philippe Chabot a connu le plus de succès – plus d’un millions d’exemplaires vendus – en illustrant la série L’École d’Agathe, de l’auteur Pakita, qui se déploie à partir de 2000 sur plus de soixante volumes. Dans le tome 1, Coucou, c’est moi Agathe !, l’héroïne apparaît comme une fillette coquine et assez rebelle, puisqu’elle décide d’écrire un faux autoportrait en réponse à la consigne de la maîtresse, ce qui n’est pas du goût de celle-ci. Agathe y gagne en revanche les rires de ses camarades. Dans le tome 2, Mathieu, le roi des bonbons, le petit héros éponyme, fils de boulanger, se livre à un étrange commerce : petits mots d’amour s’échangent ainsi contre lots de bonbons… Dans le tome 6, Paul, capitaine des pompiers, la classe part visiter la caserne du père de Paul, lequel ne manque pas de faire une bêtise en montant dans le camion de secours où il entraîne un copain avec lui. Dans le tome 15, Tous avec Manon, la veine est quelque peu écologiste car il est question d’empêcher qu’une autoroute ne traverse la maison de la petite Manon. En 2009 Les récrés d’Agatheviennent apporter des idées de jeux à leurs jeunes lecteurs, car les personnages sont mis en scène en train d’enchaîner des activités amusantes tirées au sort après que chacun s’est prononcé sur sa préférence. Une série dérivée, intitulée Les Mercredis d’Agathe, permet de sortir du cadre de l’école et d’aborder d’autres sujets comme la séparation des parents dans Les Deux Surprises de papaen 2013, où Agathe, dans le cadre d’un parc accro-branches, se voit présenter Caroline, la nouvelle amie de son père. Les histoires d’Agathe peuvent être lues par les enfants eux-mêmes dès la fin du CP.

Chez Rageot, outre la série autour d’Agathe, Jean-Philippe Chabot a également illustré une histoire où la psychologie est mise en avant. Dans C’est pas compliqué l’amour, les conseils que la tante Samantha donne à Tom s’avèrent bien peu efficaces. Alors qu’il joue d’abord l’indifférence et se livre à un chantage affectif, le garçon découvre finalement que Fanny, la jeune fille qu’il aime, réagit bien mieux à la sincérité et la spontanéité.

 

 

Jean-Philippe Chabot est un illustrateur largement reconnu dans la profession, si bien qu’une école primaire publique a été nommée d’après lui en 2001, à Souillé dans la Sarthe. Son art peut se déployer dans des styles très divers – il a illustré plus d’une centaine d’œuvres – et il se montre capable de s’adapter au ton des histoires et des œuvres pédagogiques d’une grande variété auxquelles il a collaboré. Son style pour illustrer les histoires d’Agathe, pour les enfants dès 6 ans, simple et clair, fait quelque peu penser à celui de Quentin Blake, le célèbre illustrateur des histoires de Roald Dahl, qui atteint lui-même une grande expressivité avec peu de moyens.

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