Kamo et moi

par

L'école

Bien souvent, l’école a mauvaise presse auprès des enfants.Elle est vécue comme un passage obligatoire et désagréable où il faut apprendresans cesse, et des matières plus ou moins faciles. Les professeurs ne sont làque pour torturer et punir. Cette tendance est d’ailleurs très vite montréedans le livre de Pennac à travers des descriptions dures, tranchantes, unpeu comme si M. Crastaing était un monstre – « Cette voix, dans tout cesilence ! Haut perchée, métallique, coupante, une lame qui nous fouillaitle cœur » –, un êtresans cœur, prenant plaisir à dénigrer ses élèves : « Mon pauvregarçon, ce n’est pas vous que vous décrivez dans cette copie, c’est n’importequoi ! […] Mensonge ! Mensonge et paresse comme toujours ! »

Mais à travers leurs aventures, les deux héros vontapprendre plusieurs choses au sujet de leur professeur : il n’est passeulement M. Crastaing, professeur de français sadique, sans passé, sansattaches, il est aussi un homme qui a connu la tristesse, la pauvreté,l’abandon et le manque d’amour. Laissé pour compte dans un orphelinat dur etfroid, où il était traité comme un moins que rien, il est encore hanté par lesouvenir de ces dures années : « Et les fenêtres de chez lui, tusais sur quoi elles donnent ? Sur la cour de l’orphelinat Saint-Louis,celle-là même où il passait ses horribles nuits ! Il dit qu’il n’a jamaispu quitter tout à fait l’orphelinat, c’est ça le plus triste ! » S’ilexige autant d’eux, ce n’est pas pour les embêter mais parce qu’il souhaite lemeilleur pour eux, il veut qu’ils rendent leurs parents fiers. Une fois touteleur étrange aventure rentrée dans l’ordre, les enfants se rendrontvéritablement compte que derrière son air cruel se cache un homme au grandcœur, capable de clémence et de compréhension : « Un très légersourire vient se poser sur ses lèvres […] Ce sourire minuscule explose sur cevisage comme s’il portait toute la gaieté du monde ! »

À travers l’histoire de M. Crastaing, l’enfant lecteurpeut s’apercevoir de plusieurs choses : leurs professeurs ont aussi leursvies, leurs soucis en dehors de l’école, ils ne cherchent pas à les tirer versle bas ou à les punir mais à les tirer vers le haut, avec, il est vrai, plus oumoins de pédagogie. Il est facile de constater ici qu’il suffit parfois d’unpeu de discussion pour remettre les choses en ordre. Les professeurs ont aussileurs travers et leurs défauts, comme les enfants.

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