Kim

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Résumé

En cette fin de XIXesiècle, l’Inde vit sous domination britannique : elle est le plus beaujoyau de l’empire de la reine Victoria. C’est là, à Lahore, que vit Kim. Lejeune adolescent est le fils d’un soldat irlandais franc-maçon ayant servi dansle régiment des Mavericks, et d’une femme elle aussi irlandaise, morte quand ilétait tout jeune. Enfant blanc – donc un sahib – il n’en est pas moinspauvre parmi les pauvres, et mène une vie insouciante et joyeuse parmi les autresenfants pauvres de la ville, un peu mendiant, un peu chapardeur, toujours gai,et ami de tous : Anglais, musulmans, hindouistes ou bouddhistes. C’estpourquoi l’enfant est surnommé l’Ami-de-Tout-au-Monde. Il lui est facile depasser pour un petit Indien, ou un mahométan, selon son humeur ou ses besoins.Sa religion ? Il n’en pratique aucune et les respecte toutes. Il a étébaptisé, certes, mais peu lui chaut. Son identité, c’est sa liberté, et lepapier donné par son défunt père qu’il porte toujours au cou, certificatretraçant le parcours de l’homme dans l’armée et la franc-maçonnerie. Tel estKimball O’Hara, dit Kim.

Un jour, sa routecroise celle d’un vieux lama tibétain, Teshoo Lama, descendu des lointainesmontagnes. L’homme est en quête de la Rivière de la Flèche que le Bouddhafit jaillir autrefois. Son but ultime est de se libérer de la Roue de la vie,et d’atteindre la félicité. Kim décide de l’accompagner et de devenir son chela,son disciple. L’enfant guide, soutient et protège le vieil homme qui, toutjuste sorti de son monastère, est d’une confondante naïveté. En train et àpied, ils parcourent la grand route qui traverse l’Inde de part en part,multipliant les rencontres hautes en couleur, nourris de la charité des autres,car se montrer bon avec un saint homme plaît aux divinités. Mais dans le mêmetemps, Kim est recruté par Mahbub Ali, un maquignon mahométan connu dans toutel’Inde. L’enfant doit porter un message codé à un officier anglais à Umballa.Kim l’ignore, mais il fait là ses premiers pas dans le Grand Jeu, une partied’échecs géostratégique entre l’Empire britannique et la Russie. Kim estdevenu, à son insu, un espion au service de Sa Majesté.

C’est par hasard queles pas de Kim le mènent vers le bivouac des Mavericks, l’ancien régiment deson père. Attrapé par les chapelains catholique et anglican du régiment,l’enfant voit ses précieux papiers arrachés de son cou, lus, et il est alorsreconnu comme le fils d’un ancien soldat, donc un fils du régiment. Il devrasuivre une nouvelle voie : devenir un sahib digne de ce nom, allerà l’école pour apprendre à parler, lire et écrire l’anglais convenablement, etdevenir à son tour un militaire. Kim n’a aucune envie de suivre ce programme etd’abandonner sa vie de liberté. C’est le lama qui le convainc :l’instruction est une chose précieuse, et le pauvre moine insiste même pourpayer les frais de la scolarité de son chela. La mort dans l’âme, Kim sesoumet, et il est envoyé dans une école catholique, Saint-Xavier, à Lucknow, oùil doit se plier à l’austère discipline du lieu. De plus, ce plan reçoitl’assentiment du colonel Creighton, officiellement ethnologue mais en réalitéespion anglais, qui compte utiliser les exceptionnelles capacités de Kim auservice de l’Empire. Alors Kim s’instruit, se force à être respectueux de ladiscipline non par goût ni par soumission, mais par choix raisonné. Enrevanche, quand arrivent les vacances, il jette son habit occidental aux ortieset reprend sa vie de joyeux petit vagabond.

Il reste en contactavec son cher lama tibétain : il l’aime, et le vieil homme, dont la règlelui impose pourtant de ne s’attacher ni aux biens ni aux personnes, aimel’enfant comme un fils. Officiellement, Kim va devenir arpenteur et procéder àdes relevés topographiques : quelle meilleure couverture pour explorer lescontrées hostiles ? Il suit un entraînement spécifique auprès de LurganSahib, marchand de pierres précieuses et maître espion, qui développe en Kim unrare don d’observation, en particulier grâce à un jeu basé sur des objets qu’ilfaut mémoriser et décrire ensuite.

Parallèlement,l’école lui permet d’exceller en mathématiques. Cet apprentissage dure troisans, au bout desquels Kim quitte l’école sans regrets. Il a maintenant dix-septans. Sa première mission l’attend : il va lui aussi prendre part au GrandJeu. Il fait la connaissance de son supérieur immédiat, le Bengali Huree Babu,qui va le superviser. Kim cependant rejoint son cher Teshoo Lama. Le vieilhomme a parcouru l’Inde en tous sens et n’a toujours pas trouvé la rivièresacrée. Il a décidé de reprendre le chemin de ses montagnes natales, aussi lemoine et son chela prennent-ils la route de l’Himalaya. L’altitude,l’air pauvre en oxygène et le froid mettent Kim à rude épreuve, tandis que lelama se trouve ragaillardi par ce retour aux sources. Le saint homme initie peuà peu son compagnon aux secrets de la Roue de la vie, qui tient l’âmeprisonnière et que l’on doit s’efforcer de quitter en menant une vie exempte depéchés et tournée vers le bien des autres.

Mais Kim n’oubliepas sa mission : récupérer des informations collectées depuis des mois pardeux faux explorateurs, en fait des espions au service du tsar russe. Leursroutes finissent par se croiser : les deux espions – un Français et un Anglais– n’ont pas le talent de Kim pour se fondre dans la vie du pays, et le Russecommet une lourde faute en frappant le lama. La violente réaction d’indignationdes témoins de la scène permet à Kim de dérober les papiers des deux espions,qu’il parvient à envoyer à Huree Babu. Mais le coup porté à Teshoo Lama ablessé le vieil homme, non seulement physiquement mais aussi moralement. C’estun vieillard malade que Kim aide à regagner la plaine. Le jeune homme se dévouecorps et âme pour ce vieil homme qu’il aime et, à bout d’épuisement, l’emmène àl’abri d’une maison amie, chez une vieille femme riche croisée lors de leurspremières pérégrinations trois ans plus tôt.

Kim est à bout deforces, et a la surprise de recevoir la visite de Mahbub Ali, l’espionmaquignon qui l’a initié au Grand Jeu. Le marchand afghan, lui aussi, estprofondément attaché à Kim. Quand le garçon revient à la vie, il a la stupeurde voir à ses côtés un Teshoo Lama transfiguré : au cours d’une méditationde deux jours, il a atteint l’illumination, et a fini par découvrir la Rivièrede la Flèche, qui court tout près de là. Kim se trouve face à un choix :suivra-t-il la route du Grand Jeu ou mettra-t-il ses pas dans ceux de TeshooLama ? Est-il un sahib, ou le simple chela du sainthomme ? Le lecteur ne connaît pas la réponse à cette question, et Kim,adolescent insouciant, souriant et débrouillard, devenu un beau jeune hommegrave et profond, devra faire son choix seul.

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