L’affaire Caïus

par

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Henry Winterfeld

Chronologie : Vie &
Regards sur les œuvres principales

 

1901 : Henry Winterfeld naît à
Hambourg en Allemagne, d’un père chef d’orchestre et compositeur. Le jeune
Henry suit la voie paternelle en accomplissant des études musicales au
conservatoire de Berlin. Il travaillera ensuite comme pianiste et pour le
théâtre. C’est en 1933 qu’Henry Winterfeld écrit son premier livre pour
divertir son fils alors atteint de scarlatine. À cette période il quitte
l’Allemagne nazie, s’installe d’abord en Autriche puis en France, où il est
interné un temps en tant qu’étranger, avant d’être libéré et de rejoindre les
États-Unis où il passera le reste de sa vie. Il deviendra citoyen américain en
1946.

1937 : Les
Enfants de Timpelbach
(Timpetill),
issus de cette œuvre écrite dans le cadre familial, paraissent en allemand sous
pseudonyme. Les parents du village de Timpelbach, excédés par les farces et les
mauvais coups de leurs enfants, décident de quitter les lieux une journée
entière en faisant croire à leur départ définitif. Mais un contretemps va
finalement faire durer l’expérience trois jours. Pendant ce temps – et en cela
l’œuvre rappelle Sa majesté des mouches de
William Golding ou Deux ans de vacances de
Jules Verne –, les enfants s’organisent
en deux groupes opposés 
: autour de Thomas, Manfred et Marianne se
réunissent ceux qui défendent les anciennes règles, la morale des adultes, et
veulent reproduire une même société ; quant à Oscar il rassemble ceux que
la violence, la fête et les excès tentent davantage. L’histoire de ce livre
devenu un classique de la littérature jeunesse
est racontée du point de vue de Manfred, un garçon particulièrement
intelligent. Les personnages, comme
souvent dans la littérature jeunesse d’autrefois, apparaissent cependant très stéréotypés : un tel est très
débrouillard, tel autre bagarreur, celui-là ne pense qu’à manger, etc. L’œuvre
n’est traduite en français et publiée sur le territoire qu’en 1957. En 2008,
une adaptation française de l’œuvre sur grand écran voit le jour, avec Carole
Bouquet, Gérard Depardieu et
Adèle Exarchopoulos au
casting, et Nicolas Bary à la réalisation.

1953 : L’Affaire Caïus (Caius ist ein
Dummkopf
, littéralement, Caïus
est un âne
) a assuré la postérité de l’œuvre de Henry Winterfeld dans les
salles de classe. En effet, elle est encore abondamment lue et étudiée dans les
collèges. Au roman historique, situé
au Ier siècle ap. J.-C., se mêle ici une enquête policière. En effet, la plaisanterie innocente qui a lieu
dans une classe d’enfants de notables va se transformer en affaire d’État quand
on découvre le temple de Minerve couvert de lettres rouge sang, ce qui
correspond alors à un sacrilège,
c’est-à-dire un crime gravissime. Les six camarades de classe de Rufus, qui a
été renvoyé suite à la plaisanterie et qu’on accuse à nouveau, vont mener
l’enquête pour l’innocenter avec l’aide de leur professeur de mathématiques. La
langue est riche et soignée, et le jeune lecteur découvre avec plaisir, dans le
cadre d’une intrigue proche de son univers, le monde de la Rome antique, ses mœurs,
ses traditions, notamment religieuses. L’œuvre a paru en France
en 1955 dans la Bibliothèque verte de Hachette Jeunesse.

1956 : Dans le roman Tombée du ciel (Kommt ein Mädchen
geflogen
), c’est Mo, une petite
fille qui prétend être « tombée du ciel », plus précisément d’un
avion interplanétaire, quand un groupe d’enfants qui cherchaient des
champignons la rencontrent en forêt. Son arrivée et les fabuleuses histoires
qu’elle raconte – sur sa planète les feuilles sont bleu ciel, les maisons
rondes, et les enfants se déplacent en avion – vont mettre le village en émoi. D’autant
que ses nouveaux camarades vont la soutirer au garde-champêtre qui mènerait
bien la fillette à la gendarmerie, et s’engage alors une course-poursuite dans
les rues du village d’habitude tranquilles, puis dans la forêt. L’œuvre peut
être lue dès huit ans.

 1958 : L’œuvre Télégramme de Liliput
(
Telegramm aus Liliput) ne paraîtra qu’en 1963 en France mais n’est
plus éditée aujourd’hui. L’auteur y reprenait l’histoire de Jonathan Swift en
imaginant que deux cent cinquante ans après la visite de Gulliver à Liliput,
trois enfants australiens venaient à nouveau provoquer l’excitation et semer la
terreur parmi le peuple miniature. Comme les autres histoires de ce genre, qui confrontent
des civilisations diverses, ce roman permet au jeune lecteur de prendre
conscience de la relativité des mœurs et des valeurs.

1967 : Qui est Paméla ? (Pimmi
Pferdeschwanz
) raconte l’histoire
d’une princesse de sang royal,
Pamela, fille unique du roi Harolt, qui demande au directeur d’une école de
l’accueillir incognito dans son établissement. Mais Karin, Marie et Sylvia,
trois amies inséparables, prenant connaissance de ce lourd secret, doivent promettre à la princesse qu’elles ne
parleront pas et dès lors, de multiples gags
et rebondissements vont s’enchaîner
autour de ce mystère. L’œuvre peut être lue à partir de dix ans.

1969 : Caïus et le Gladiateur (Caius geht ein Licht auf) constitue une suite à L’Affaire Caïus.
On retrouve, sous le règne de Tibère, les sept enfants que le lecteur avait
connus dans le tome précédent légèrement grandis, mais toujours aussi agités.
Ils ont dépensé toutes leurs économies pour faire plaisir à leur maître,
Xantippe, dont c’est l’anniversaire. Mais Udo, l’esclave qu’ils lui offrent,
semble persécuté par tout le monde, et le cadeau ne plaît guère. À nouveau les
élèves vont se retrouver plongés au cœur d’une affaire d’État, un complot
contre un illustre sénateur, et vont croiser dans leurs aventures le chemin de gladiateurs et même d’un lion. L’œuvre n’est parue qu’en 1992
chez Hachette Jeunesse dans la Bibliothèque verte. À nouveau ce court roman est
prétexte à découvrir la civilisation romaine, y compris les mœurs culinaires
d’alors. L’humour est omniprésent et
l’œuvre peut se lire à partir de neuf ans. Henry Winterfeld clora la trilogie
avec Caius in der Klemme (littéralement « Caïus dans l’impasse »)
en 1976, qui reste inédit en France.

1990 : Henry
Winterfeld meurt à Machias, dans le Maine, aux États-Unis. Même s’il a de la concurrence
dans le domaine de la littérature jeunesse, ses livres continuent d’être
étudiés dans les établissements scolaires français, principalement au collège.

 

 

« – Dès le début, j’étais contre cette idée de t’offrir
un esclave, maître Xanthos.
Il rayonnait de fierté.

– Eh bien, Antoine, quel
plaisir d’entendre pour une fois une parole sensée sortir de ta bouche.
Antoine poursuivit avec enthousiasme :

– Moi, je voulais t’offrir un
lion. »

 

Henry Winterfeld, Caïus et le Gladiateur, 1969

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