L'Amant

par

Amour de l’autre et amour du gain

La relation qui lie l’amant chinois à la narratrice est très ambiguë. En effet, on ne peut s’empêcher de percevoir un amour n’allant que dans un sens, de l’homme vers la jeune fille. Tout sépare ces deux êtres qui vont pourtant s’aimer, tout d’abord en secret, puis qui tenteront d’affirmer leur relation au grand jour, devant leurs familles respectives. Leur histoire d’amour fait de la narratrice une paria, la jette un peu plus hors la société. En effet, la différence de classes sociales, les cadeaux que lui offre son amant sont bien vite ressentis comme le prix payé à une prostituée ; cependant, ce n’est pas là le facteur qui dérange le plus la famille de la jeune fille. Vivant dans une situation financière plus que précaire, la mère semble en effet jouer un double jeu, ne pouvant accepter que sa fille fréquente un Chinois, tout en se révélant plutôt satisfaite que celle-ci soit couverte de présents coûteux. Elle donne même au pensionnat le feu vert pour que l’amant joue le rôle de taxi, avec sa limousine noire, la transportant de son école à son appartement de Cholen où ils se retrouvent pour faire l’amour. La mère ne peut donc se départir d’une certaine fierté de voir sa fille échapper à la condition familiale, tout en étant totalement prisonnière du carcan social qui lui impose de couper court à ce type de relation, considéré comme dégradant, entre colons et Chinois. Elle en viendra à battre sa fille sous l’influence du frère aîné, en guise de châtiment pour avoir fréquenté un Asiatique.

La jeune fille, elle, se montre au départ...

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Dissertation à propos de L'Amant