L'Amant

par

Résumé

La narratrice parled’abord de la façon dont son visage s’est « détruit » entre ses dix-huitet ses vingt-cinq ans, destruction qu’elle attribue aux évènements de sa vie avantet pendant cette période. Aussitôt après avoir donné ce détail, elle entreprendde raconter un fait de sa jeunesse, ou plutôt de décrire comme s’il s’agissaitd’une image un moment précis survenu lorsqu’elle avait quinze ans et demi, surun bac traversant le Mékong. Elle raconte qu’elle vivait alors dans une pensiond’État à Saigon et qu’elle étudiait au lycée français car sa mère,institutrice, la destinait à une agrégation de mathématiques qu’elle-même n’avaitjamais obtenue. La narratrice évoque également ses frères, en particulierl’aîné dont on devine qu’elle le considère comme une personne néfaste etdangereuse. Enfant, elle voulait même tuer ce frère aîné, et elle ne supportaitpas l’amour excessif que sa mère lui portait. Elle dit également la pauvretéqui était la leur, quoiqu’elle précise qu’il s’agissait d’une pauvretérelative.

À différentsmoments de son récit, l’auteure s’interrompt pour le caractériser, pour parlerde son rapport à la narration, de la place que tient ce texte que nous lisonspar rapport aux autres livres qu’elle a écrits plus tôt dans sa vie. Ellerevient ensuite à ce visage qu’elle a eu, évoque les problèmes d’alcool qu’ellea eu beaucoup plus tard, estime que ce visage était celui de la jouissance, unvisage sexuel.

Elle revient àl’épisode de la traversée du bac, qu’elle situe à la fin de vacances scolairesqu’elle est allée passer chez sa mère. Elle se décrit sur le bateau, portantune vieille robe de soie, des chaussures dorées, un chapeau d’homme avec unruban. Elle explique que tous ses vêtements de l’époque étaient forcémentachetés d’occasion mais que sa mère lui permettait pourtant de se vêtir decette façon très excentrique et de se maquiller.

Elle commenteensuite une photographie – vraisemblablement existante quoiqu’absente du livre– de sa mère, décrivant la fatigue de sa mère et le désespoir de celle-ci.

Ensuite apparaîtune voiture, une limousine dans laquelle se trouve un homme élégant qui laregarde, ce jour-là, près du bac. Elle parle des femmes vivant dans la colonieà cette époque, de leur position très particulière d’expatriées. Elle expliqueque c’est à cet âge-là, quinze ans et demi, qu’elle a décidé d’écrire, que samère lui a répondu de passer d’abord son agrégation de mathématiques, tandisqu’elle savait avec certitude qu’elle ne ferait qu’écrire. Elle pense que samère était jalouse de son désir d’écrire. Elle explique aussi que sa mère luifaisait honte. Elle répète combien sa famille était pauvre et affirme que c’estune des raisons pour lesquelles sa mère lui permettait de s’habiller d’unefaçon aussi provocante – pour qu’en se prostituant elle soit en mesure derapporter de l’argent aux siens.

Elle évoque ensuitela maison de la concession que sa mère avait achetée et qui est le sujetprincipal d’Un barrage contre lePacifique. Le livre ne respecte aucune chronologie réelle. La narratriceannonce la mort de son petit frère, comme elle l’appelle, parce qu’il est ledeuxième quoiqu’il soit son aîné de deux ans. Elle dit qu’à la mort de ce frèresa famille tout entière est morte pour elle, qu’elle a alors quitté sa mère etqu’elle a cessé d’aimer la famille qui lui restait. Sa mère est restée à Saigonde longues années après, et elles ne se sont revues que lorsque le fils deDuras avait deux ans. À ce moment, la mère était rentrée vivre en France avecle fils aîné, qui a dépensé tout ce qu’elle avait au jeu. La narratrice parlede sa mère comme d’une folle.

La narratricerevient ensuite à ce jour près du bac. Elle décrit comment l’homme élégant estdescendu de sa voiture pour lui proposer de la ramener. Il lui dit avoir étudiéà Paris, être un Chinois très riche, qui vit comme elle à Sadec. La narratriceanticipe la suite en racontant qu’à partir de ce moment la limousine viendratoujours la chercher pour la transporter, et que le père de ce chinois dont ondevine qu’il est l’amant du titre ne permettra jamais un mariage entre son filset elle.

La narratrice ditavoir su dès le premier moment qu’elle était en position de force dans lerapport avec son amant, car celui-ci avait peur et l’aimait. Il l’emmène dansun compartiment meublé dans la ville de Cholen. Le père du Chinois a faitfortune grâce à la construction de ce genre particulier d’habitation, ces « compartiments »,destinés à la population pauvre et indigène. C’est dans cet endroit qu’ils fontl’amour la première fois, l’amant déclarant sa passion à la narratrice tandisque celle-ci garde une distance de prostituée à son égard. Néanmoins, elledécrit leur rapport avec des termes positifs en même temps que tragiques.L’amant est présenté comme faible physiquement quoique séduisant. Il sembledoux. La narratrice découvre la jouissance, s’étonne de saigner. L’amant lalave et elle lui raconte ensuite l’histoire de sa famille, son frère qui leur volede l’argent, sa mère qui s’est ruinée à acheter une concession inexploitable.C’est pendant qu’elle se confie à lui qu’elle prend conscience du désir qu’ellecommence à ressentir pour lui, quoiqu’elle associe ce désir à l’argent quepossède le Chinois.

Celui-ci lui ditqu’elle est désormais déshonorée, parce qu’elle a couché avec un Chinois. Ellene pourra plus se marier dans la colonie. Il l’emmène manger dans un restaurantchinois très cher et très bruyant. Elle lui annonce vouloir le présenter à safamille, ce qui l’effraie. Il emmène ensuite effectivement sa famille mangeravec eux dans un de ces grands restaurants chers. La narratrice décrit la façonde manger de ses deux frères, qui ne s’adressent pas au Chinois qu’ilsméprisent, et comment ensuite elle lui demande de les inviter dans un dancingappelé la Source, où ses frères continuent de se comporter mal à son égard.

La narratriceraconte ensuite à mots couverts que sa mère a eu tort, dès leur enfance, de nepas séparer ses deux enfants cadets de l’aîné qui était si malfaisant, au pointqu’elle, la narratrice, le qualifie à plusieurs reprises d’assassin. Elleraconte comment sa mère souvent l’a battue pour la punir d’avoir une aventureavec le Chinois, et que son frère aîné l’encourageait à frapper. Elle dit avoirnié cette aventure. Elle dit que ses frères n’ont jamais rien fait d’autre, ensemble,que se battre violemment. Elle raconte les moments où sa mère décidait de laverleur maison à grande eau.

Ensuite, ellerevient à son histoire avec l’amant, et décrit l’inquiétude de celui-ci àl’idée que quelqu’un apprenne leur liaison, et qu’il aille en prison pourdétournement de mineure. Elle le rassure en lui disant que sa mère ne ferajamais de procès, parce qu’elle est trop pauvre pour ça.

La narratriceévoque alors deux femmes : Marie-Claude Carpenter, une Américaine qu’ellea connue beaucoup plus tard à Paris, et Betty Fernandez, qu’elle a connue àParis également, durant l’occupation allemande.

Elle revientensuite au cadre de Saigon et introduit sa camarade de pension, la seule autreblanche de l’établissement, Hélène Lagonelle, qu’elle décrit comme très belleet un peu attardée. Elle dit qu’elle voulait livrer Hélène au Chinois pourqu’il lui fasse l’amour à elle aussi. Elle raconte également comment sonaventure la poussait à régulièrement dormir dehors, que cela inquiétait lesdirecteurs de la pension, mais que c’est finalement sa propre mère qui s’estdéplacée pour leur demander de la laisser libre. Ils ont accepté principalementpour ne pas perdre une des rares blanches de leur établissement.

Il est alorsquestion du diamant que lui a offert le Chinois, qui met définitivement fin àtoute discussion concernant les faits et gestes de la narratrice, parce qu’ilimpose le respect ou du moins le silence autour d’elle.

La narratricerevient encore sur le sujet du frère aîné et déroule la longue liste de sesméfaits : comment il volait tout le monde tout le temps, comment sur sontestament la mère l’a largement avantagé par rapport à la narratrice, commentil a dérobé à cette dernière toutes ses économies durant la Seconde Guerre mondiale.Ce frère a mené une vie de voyou, avant de finir tellement ruiné qu’il a dûaccepter un emploi tard dans sa vie, pour finalement mourir, seul, dans unechambre de service, avant d’être enterré aux côtés du cadavre de sa mère.

La narratrice raconteensuite comment un jour la limousine est venue la chercher sans le Chinois,simplement le chauffeur, qui lui a dit que son amant était chez le père de celui-ci.Lorsqu’ils se retrouvent, l’amant raconte à la narratrice que son père s’estdéfinitivement opposé à leur mariage. Le Chinois s’est promis à une jeuneChinoise, et son père lui refuse le droit de retarder ce mariage jusqu’audépart de la narratrice. Elle lui dit alors qu’elle est d’accord avec son père,qu’elle ne souhaite pas le revoir elle-même.

Cette aventureamoureuse, dit-elle, l’a coupée de la population de la colonie ; elle aété en effet déshonorée. Elle raconte l’histoire d’une autre femme de lacolonie qui a chassé son amant, lequel s’est donné la mort. Elle fait unparallèle entre leurs deux destins.

La narratriceraconte la désinvolture de sa mère à l’égard de la conduite de sa fille, larelative liberté avec laquelle elles parlent un jour ensemble de son rapport dejeune fille aux hommes. Elle parle aussi des photographies que faisaitrégulièrement prendre sa mère de ses enfants, pour les montrer à sa familleéloignée.

La narratriceraconte comment son amant s’est peu à peu habitué à l’idée qu’elle lui seraitenlevée, qu’il ne pourrait jamais l’épouser. Elle passe ensuite à la mort deson petit frère, qu’elle décrit comme un traumatisme inouï, dont l’intensitél’étonne elle-même.

Elle expliquecomment, durant les semaines précédant son départ, le Chinois cesse d’êtrecapable de lui faire l’amour, et attribue cette impuissance à sa tristesse dela perdre.

Elle quitte le paysen paquebot. C’est sur le bateau que pour la première fois elle se sent tristeà son tour et se demande si elle n’a pas aimé son amant malgré tout. Sur lebateau, son frère a une liaison avec une femme mariée.

La narratriceignore à quel moment exactement son amant a fini par épouser sa promisechinoise. Elle suppose qu’il a dû être incapable de consommer ce mariage encorelongtemps après son départ, rongé par son amour pour elle.

Enfin, le livre seferme sur un coup de téléphone passé par le Chinois, des années plus tard, depassage à Paris. Toujours marié avec sa femme, il dit à la narratrice qu’ill’aime toujours, depuis toujours.

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