L'art poétique

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Résumé

L'art poétique est une œuvre du célèbre poète français Nicolas Boileau, qui est aussi écrivain et critique littéraire. Cette œuvre est publiée en 1674 en France. Cette œuvre permet à Boileau de mêler deux de ses rôles dans la littérature française, c'est à dire la poésie et la critique. En effet, il s’agit un poème très long, mesurant plus de mille alexandrins de forme dite classique (c'est-à-dire deux hémistiches de six syllabes). Ce long poème, que l'on pourrait considérer comme un recueil est en effet divisé en quatre parties, qui sont quatre chants.

Dans ce long poème où Boileau expose ses idées, ce dernier mêle le fond et la forme pour mieux exprimer ce qu'il estime comme étant les règles fondamentales de la poésie classique, qu'il convient de suivre si l'on veut atteindre le meilleur des vers classiques au XVII° siècle.

L’Art poétique constitue pour Boileau un genre de traité de poésie. Il fournit la matière à d'éventuels écrivains et poètes pour mieux écrire les vers classiques que ce soit pour de la poésie ou du théâtre, précisément la tragédie classique. Il va ainsi démontrer qu'il est bien placé pour le faire, en rédigeant ce traité à travers plus de mille vers classiques. C'est un véritable manifeste de l'écriture de son siècle et du mouvement littéraire de l'époque, le classicisme.

Ce qu'il convient de savoir, c'est qu'à cette époque, le XVIIe siècle, l’art de l'écriture et en particulier les vers font partie des domaines majeurs de la littérature et ce sujet est discuté dans les milieux cultivés de l'époque. Boileau soumet ainsi une synthèse entre ceux de l'ancienne et de la nouvelle école dans l'Art poétique. En écrivant ces vers, rassemblés en quatre chants de longueur inégale, allant de 200 à plus de 400 vers, Boileau expose et exprime son amour et son idéal du beau qui selon lui est un dérivé du vrai et de la nature, en passant en revue de nombreux genres littéraires, puis en traitant le rôle de l'auteur de façon générale. Ce traité, par lequel l'auteur fonde les grands principes de l'écriture va aussi valoir pour l'avenir.

La forme poétique classique est le meilleur des moyens pour l'auteur, d'atteindre les milieux cultivés et de faire passer son idée et plus particulièrement dans les salons et la haute société mondaine de son époque. Boileau reprend pour partie la forme des écritures argumentées et didactiques de Aristote.

Dans son premier Chant, Boileau pose les bases nécessaires pour écrire des vers : il faut avoir du talent avant tout. En l'absence de ce talent, aucun travail, aucune belle écriture n'est envisageable. Cependant, il n’est pas suffisant d'avoir du talent. Pour écrire en vers classiques il faut apprendre à écrire, travailler et donc respecter les règles de l'écriture versifiée, il faut intérioriser ces règles, ce qu’il propose de poser. L'art poétique ne serait donc qu'une conjugaison de l'inné et d'un travail exécuté dans les règles de l'art. C'est de cette façon que l'on atteint la perfection et donc que l'écriture prend une dimension géniale. Il faut y ajouter l'environnement de l'auteur, lui confiant une matière à écrire et une inspiration basées sur l'observation aiguë et juste de sa société, de son époque.

Le second Chant permet à Boileau de se baser sur la forme que peut prendre l'écriture ; il passe en étude les différents genres poétiques qu'il considère comme étant de petits genres par rapport aux genres des vers classiques. Il va passer ainsi de l'étude de l'idylle, de l'églogue, de l'épigramme, mais aussi de l'élégie, pour se focaliser ensuite sur des formes plus classiques que sont l'ode bien connue au théâtre et le sonnet qui représente une forme courante dans les recueils poétiques. Il va aussi faire une sorte de rétrospective historique et va estimer, que même si par le passé des genres littéraires (qu'il considère comme mineur aujourd'hui) ont pu connaître leurs heures de gloire et ont atteint leurs lettres de noblesse grâce à des auteurs talentueux, il considère que c'est assez ponctuel et que ces genres demeurent loin de la perfection qu'il recherche. C'est simple, il n'y a guère que la fable que Boileau ne voit pas comme étant mineure aux côtés de ses vers classique ; la fable, à l'époque portée par son ami Jean de La Fontaine, dont l'œuvre demeure très célèbre aujourd'hui.

Le troisième Chant, par opposition au chant précédent et ses genres mineurs, va permettre à Boileau d'exposer à ses lecteurs les genres qu'il considère comme étant les genres majeurs, les plus grands et donc les plus nobles, c’est-à-dire ceux qui sont les plus proches de son idéal de perfection. Ils ne sont pas nombreux et peuvent se résumer à certaines formes de poésie, dont la comédie (à l'époque portée par Molière qui lui donne ses lettres de noblesse) ou l'épopée qui est un genre classique datant de l'antiquité grecque et la tragédie. On se rend compte que ces deux derniers genres remontent à l'antiquité. Il estime que ce sont ces genres qui représentent la grande majorité des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature et qui resteront à jamais des classiques de l'écriture, que l'on lira encore des siècles plus tard. Il justifie cette supériorité par toute l'émotion qui est délivrée par ces œuvres, créant des merveilles et qui font des effets bien plus importants sur le lecteur ou le spectateur que n'importe quel autre genre. C'est d'ailleurs à la fin de ce chant, que Boileau va décrire la célèbre règle des trois unités du théâtre classique, qui fut longtemps observée par les auteurs des siècles suivants.

Le dernier Chant, est une manière pour Boileau de sacraliser la création de l'auteur, le pouvoir des mots écrits mais aussi de la parole et rend donc un hommage à la littérature et à la création artistique plus globalement. Ce pouvoir créateur, est puissant et doit être manié avec parcimonie et prudence par les artistes qui ont selon Boileau, une réelle responsabilité d'un point de vue social et des mœurs. En effet, le théâtre représente la société et les personnages reflètent leur époque. Les écrivains doivent donc respecter les mœurs et promouvoir des valeurs, peu importe la manière, c'est-à-dire qu'ils peuvent dénoncer, critiquer et Boileau, est coutumier du fait : Dans Satires, il avait ouvertement critiqué une partie des auteurs de son époque.

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