L'art poétique

par

Molière

Boileau mentionne Molière et ses travaux littéraires à de nombreuses reprises dans « L’Art poétique ». Molière est une grande figure littéraire du XVIIème siècle, c’est-à-dire de l’époque de Boileau. Molière est mort environ une année avant que Boileau ne commence à rédiger ses chants poétiques. Aux yeux de Boileau, Molière paraît un personnage contradictoire. Il se permet donc d’en faire l’éloge puis de le critiquer par la suite. Dans le chant III (V.399-400) :

« Dans ce sac ridicule où Scapin s’enveloppe

Je ne reconnais plus l’auteur du Misanthrope »

L’éloge est réservé à Molière. Cependant, Boileau lui reproche cette alliance des contraires : d’un côté, il défend l’art et les règles du classicisme et de l’écriture ancienne à l’instar de Nicolas Boileau, de l’autre, il aspire à l’art dite des « modernes » contre lesquels Boileau mène une lutte acharnée.

«Peut-être de son Art eût remporté le prix;

Si moins ami du peuple en ses doctes peintures,

Il n’eût point fait souvent grimacer ses figures,

Quitté, pour le bouffon, l’agréable et le fin,

Et sans honte à Térence allié Tabarin ».

Boileau est en première ligne lorsqu’éclate ouvertement treize ans plus tard (1687) la «querelle des Anciens et des Moderne» — et il réprouve de tout son être cette esthétique moderne qu’est fondamentalement l’esthétique galante. Ce n’est donc pas que Boileau tenait à tout prix à rabaisser Molière dont il avait été l’ami: trois ans plus tard, dans son Épître VII (dédiée à Racine), il en fait un éloge vibrant ; simplement, dans « l’Art poétique » où il se construit une nouvelle position de législateur des Belles Lettres — et dans lequel il défend le nom des «Anciens» — il avait été naturellement conduit à ne donner en exemple que le Misanthrope s’écartait du modèle classique à cause de son genre comique.

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