L'élégance du hérisson

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Résumé

Renée Michel, veuve de cinquante-quatre ans, est la concierge d’un immeuble cossu situé au 7, rue de Grenelle, dans le 6e arrondissement de Paris. Sous l’apparence d’une femme négligée et inculte, image qu’elle cultive auprès des riches locataires de l’immeuble, Renée cache en réalité une grande érudition et un intérêt prononcé pour les arts : férue de littérature, son chat Léon est ainsi baptisé en hommage à Léon Tolstoï ; elle lit en outre Kant, écoute clandestinement Mozart, se passionne pour les œuvres du cinéaste japonais Ozu et nourrit une passion pour la peinture, notamment pour les principaux représentants de la nature morte hollandaise. Renée porte un regard acerbe sur sa personne : « petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. » Elle met un soin particulier à se conformer à l’idée que l’opinion se fait en général des concierges, qui « regardent interminablement la télé pendant que leurs gros chats sommeillent et que le vestibule de l’immeuble doit sentir le pot-au-feu », et s’en amuse. 

Dans l’immeuble, Paloma Josse, une adolescente de douze ans, vit avec sa mère à l’esprit torturé, sous antidépresseurs, son père largement absent et souvent passif, et sa grande sœur qui incarne le stéréotype de la pimbêche. Au sein de cette famille, Paloma se sent exclue, différente, en rébellion avec un modèle familial qu’elle relègue au rang des clichés. Particulièrement précoce, elle se considère comme très intelligente ; désabusée, elle envisage le monde et ses habitants avec une certaine acrimonie : sa sensibilité et sa propension à la critique la mènent à porter un jugement pessimiste sur le milieu bourgeois dans lequel elle évolue. À la limite de la prétention, elle se place au-dessus de ses proches qu’elle estime superficiels, et dont elle juge l’existence absurde et vide de sens, au point de refuser de continuer à vivre parmi eux. Elle prend une décision : le jour de ses treize ans, elle se suicidera et mettra le feu à l’appartement.

Un japonais veuf, Kakuro Ozu, emménage alors dans l’immeuble. Il est parent avec le cinéaste Yasujirō Ozu, que Renée affectionne. Il est discret, cultivé et bien élevé, il soigne son apparence et porte une attention polie et aimable aux habitants qu’il croise. Il rencontre d’abord Paloma, qui s’attache immédiatement à lui, les deux personnages se trouvant réunis par leur passion commune pour les mangas. Ils se lient peu à peu d’amitié, et en viennent à évoquer leurs soupçons à l’égard de Renée : Paloma a en effet aperçu un livre de philosophie universitaire tomber du cabas de la concierge. Les deux amis en concluent qu’elle doit être plus intelligente que ce qu’elle veut bien laisser paraître.

Paloma et Kakuro Ozu se rapprochent donc de Renée. Paloma, avec l’assentiment de ses parents, passe des journées entières dans la loge de la concierge, à boire du thé et à réfléchir. Elle s’y sent sereine et y trouve la tranquillité qui lui manque dans son propre foyer ; aux côtés de Renée, Paloma s’apaise. La petite fille pense que la concierge a « l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

Kakuro Ozu fait un premier pas vers Renée en lui offrant un cadeau : il présume, à juste titre, qu’elle appréciera le roman Anna Karénine de Léon Tolstoï, et lui en offre donc un exemplaire. Renée, quelque peu désappointée, réalise que sa vraie nature a été démasquée. Trois jours passent, puis Kakuro Ozu invite Renée à dîner chez lui. Face à cette invitation, Renée, peu habituée des rendez-vous, surtout avec un homme si cultivé et brillant, est méfiante, se sent anxieuse. Qui plus est, personne n’a jamais pénétré dans l’appartement de Kakuro Ozu, et Renée se sent d’autant plus honorée d’être, elle, simple concierge, conviée par un homme qui se trouve si éloigné de son propre milieu. Mais sa curiosité lui fait accepter l’invitation. Cependant, un obstacle se dresse alors devant elle : elle ne dispose d’aucune tenue adaptée à la circonstance.

Son amie Manuela, qui vient régulièrement prendre le thé avec Renée, lui propose alors de lui trouver une robe. Manuela discute avec son amie couturière, Maria, qui lui propose une robe que sa cliente ne viendra pas réclamer, dans la mesure où elle est décédée quelque temps auparavant. Bien que dubitative à l’idée de porter la robe d’une défunte, Renée décide d’accepter. Sur des charbons ardents, avec le désir de paraître sous son meilleur jour et par respect pour Kakuro Ozu, elle se rend même chez le coiffeur, pour la première fois. La soirée se déroule bien ; malgré quelques moments embarrassants, tous deux se sentent en harmonie, complices sur de nombreux sujets.

Kakuro Ozu réitère son invitation à dîner, cette fois à l’occasion de l’anniversaire de Renée. Subitement paniquée à l’idée d’un rapprochement entre eux, elle refuse d’abord l’invitation ; mais ses sentiments naissants à l’égard de Kakuro Ozu, ainsi qu’une longue discussion avec Paloma, lui font finalement changer d’avis, et elle accepte de dîner avec lui. Pour l’occasion, il  fait envoyer à Renée un paquet contenant une robe, une étole et des escarpins.

Renée et Kakuro Ozu se retrouvent au restaurant. Émue comme une adolescente, Renée reçoit les confidences de Kakuro Ozu : il lui déclare qu’il désire être son ami, et la conversation prend une tournure ambiguë. Renée ressent une forme d’amour pour cet homme.

Le lendemain, Renée aperçoit Gégène, un clochard qu’elle connaît bien, titubant au milieu de la rue. Mue par son instinct de protection, elle court à sa rencontre pour l’empêcher de se faire écraser ; mais le camion d’un pressing surgit et la renverse. Elle meurt dans l’ambulance, Kakuro Ozu à ses côtés, avec une pensée pour toutes les personnes qu’elle aime.

Affectée par la mort de son amie, Paloma, qui jusque-là ne comprenait pas la souffrance, refuse finalement d’infliger de la douleur à sa famille : elle promet en présence de Kakuro Ozu qu’elle ne se suicidera pas, et qu’elle ne fera pas brûler son appartement.

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