L’enfant et la rivière

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Résumé

Pascalet est un garçonnet qui mène une viepaisible dans la ferme de ses parents, en Provence. La tante Martine,grand-tante paternelle, vit avec la famille. Cette vieille femme bienveillanteet bourrue bouscule et adore le gamin. Pour l’enfant, la vie est monotone,cernée par les haies de cyprès et les champs cultivés. Ce dont il rêve, c’estla rivière toute proche, large et mystérieuse. Pascalet a l’interdictionformelle d’aller s’y promener. L’endroit est dangereux : il y a des trousd’eau, des serpents, et, sur les rives, des bohémiens qui enlèvent les petitsgarçons. Alors Pascalet rêve, et imagine la rivière grâce à Bargabot, unbraconnier qui passe à la maison, de temps à autre, et y apporte un panierd’étincelants poissons. L’homme est taciturne, mais aime à partager quelquessecrets avec Pascalet : il lui montre les hameçons, lui parle de coinssecrets, et l’enfant, ravi, sent s’éveiller en lui un irrésistible appel.

L’hiver vient de finir quand les parents dePascalet doivent s’absenter pour quelques jours. C’est tante Martine quigardera la maison et l’enfant. Pascalet profite de la liberté qui s’offre alorsà lui, car tante Martine est trop occupée à trottiner dans les pièces de lamaison pour toujours garder un œil attentif sur l’enfant : il entame unelongue promenade qui le tient éloigné de la maison tout le jour. Bien sûr,c’est à la rivière que ses pas le mènent. Quand elle s’offre à son regardderrière la digue, Pascalet entre dans un monde enchanté. Dans un large lit,les eaux coulent vers l’ouest, charriant limon et troncs d’arbres qui vontbuter sur une île qui brise le courant. Pascalet avise une petite plage sur laberge, et y trouve des traces de pieds nus, larges et puissants. Le jour passeet Pascalet s’endort. À son réveil, une fumée mystérieuse s’élève d’un feucaché au milieu de l’île. Pascalet rebrousse chemin et arrive à la ferme à lanuit tombée. Sa résolution est prise : il va explorer l’île mystérieuse.

Au jour levant, il prend le chemin de larivière. Accueilli par les martins-pêcheurs, Pascalet découvre une méchantecabane, sous laquelle est amarrée une vieille barque. Le garçonnet ose s’yglisser, la détache de la berge, et le courant l’emmène sur l’île. Quand ilréalise qu’il est maintenant bloqué, Pascalet éclate en sanglots : que vadire tante Martine, qui doit être folle d’inquiétude ? Bravement, il selance dans l’exploration de l’île, et parvient à une clairière. Là se dresseune hutte, habitée par d’étranges personnages : une petite fille attise unfeu, une vieille femme égorge un coq, un ours se dandine… ce sont desbohémiens ! Bientôt arrivent quatre hommes, qui tiennent un jeune garçonligoté. Le jour passe, la nuit tombe, Pascalet passe sa première nuit sous la voûteétoilée. Le lendemain, un nouveau spectacle l’attend : le jeune garçonaperçu la veille est attaché à un poteau et fouetté par l’un des hommes,pendant que la vieille femme prépare paisiblement le repas. Puis tous mangent,sauf le jeune garçon. Les adultes vaquent à leurs occupations, tandis que lemalheureux demeure là, abandonné. Quand la nuit arrive, Pascalet ose se glisserdans le campement et parvient à délivrer le jeune garçon, qui lui apprend qu’ilse prénomme Gatzo. Sitôt libre, il mène Pascalet à une barque que les deuxgarçons dérobent. Menés par la rame ferme de Gatzo, ils s’enfoncent dans lesténèbres et l’aventure.

Après avoir navigué une bonne partie de lanuit, les deux garçons s’endorment. Quand vient le jour, sous le ciel gris etmauve, une légère brume couvre les eaux calmes. Les oiseaux s’éveillent, puisles bêtes d’eaux. Ainsi commencent pour Pascalet dix journées extraordinaires.D’abord dissimulés dans un bras mort de la rivière, à l’abri d’un rideau decanneberges, Gatzo et Pascalet mangent les quelques provisions que contenait labarque, ils pêchent, et jamais nourriture n’a paru si bonne à Pascalet. Lesdeux jeunes explorateurs vivent libres et tranquilles, Gatzo est aux yeux dePascalet un puits de science qui connaît les poissons, les courants, les arbreset la vie. Ils naviguent au milieu des plantes sauvages, parmi les lentilles d’eaux,la valériane et les nénuphars. Les puissants parfums qu’exhalent les eaux de larivière enivrent Pascalet. Ils dorment sous les étoiles, et s’inventent despeurs délicieuses, quand ils devinent la présence d’un animal, qui devient poureux une bête mythique et dangereuse : le Racal. Puis c’est une âme qu’ilscroient voir errer aux abords d’une chapelle. En fait d’âme, c’est une petitefille, Hyacinthe, accompagnée de son âne. Elle leur apprend que tout le paysles cherche : le garde-champêtre, les paysans, et un grand homme sec quiconnaît bien la rivière : Bargabot. Mais elle promet de garder leursecret, et leur dit que demain tout le village ira voir les pantins sur laplace : un montreur de marionnettes sera là.

Le lendemain, Pascalet quitte la rivière et vavoir le village, qu’il contemple de loin. Quand il revient, Gatzo a disparu. Lajournée passe en une vaine attente. Quand tombe le soir, Pascalet marche versle village, qu’il trouve vide d’habitants : tous sont rassemblés sur laplace pour assister au spectacle de marionnettes. C’est une touchante et naïvehistoire qui leur est montrée : la légende de saint Théotime. Lesvillageois applaudissent à tout rompre, et réclament de voir l’artiste qui lesa ainsi charmés : c’est un vieil homme qui leur apprend qu’il parcourt lesroutes pour la dernière fois ; en effet, son petit-fils a disparu, volépar des bohémiens. Quand le digne homme a fini son récit, des sanglots se fontentendre dans le feuillage d’un grand platane : c’est Gatzo qui pleured’émotion car il vient de reconnaître en le vieil homme son grand-pèreSavinien. C’est dans la joie qu’ils sont réunis, et que, très calmement,Bargabot surgit et ramène doucement Pascalet auprès de sa tante Martine. Cettedernière est trop soulagée pour gronder le gamin : elle l’accueille à brasouverts, et taira aux parents ce qui s’est passé. L’escapade enchantée seraleur secret.

Les mois passent, et Pascalet songe aveclangueur aux merveilles de la rivière. Une mélancolie tenace le rend insensibleaux plaisirs de son quotidien, et les saisons passent sans que le sourirerevienne sur son visage, jusqu’à cette nuit où un appel le tire du lit :c’est Gatzo. Le garçon est seul, car son grand-père Savinien est mort. Il nesait où aller. Pascalet l’emmène auprès de tante Martine, qui l’examine avecbonté ; elle parlera au père de Pascalet. C’est ainsi que Gatzo devient lefrère de Pascalet.

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