L'évasion de Kamo

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Résumé

L’Évasionde Kamo est un roman pour lajeunesse écrit par Daniel Pennac et paru en 1992. Il est l’un des quatre romansmettant en scène le personnage de Kamo, avec Kamo, l’idée du siècle, Kamoet moi et Kamo, l’agence Babel.Le narrateur de l’aventure est un jeune garçon dont Kamo est le meilleur ami.

Quand l’action débute, les deux jeunes garçonssont en vacances dans le Vercors, au printemps, avec Pope et Moune, les parentsdu narrateur. Kamo n’a plus de père, celui-ci est mort quelques années plustôt. Quant à sa mère, elle a jugé bon de partir pour la Russie, à la recherchede ses racines familiales, ce que Kamo apprécie peu. Voilà donc les deuxgarçons en vacances ensemble.

Pope, Moune et leur fils font chaque jour degrandes promenades à vélo, mais Kamo ne les suit jamais : il déteste cetteactivité. Pire : il a une peur viscérale des bicyclettes, une phobie qu’ilappelle une « peur sacrée » et qui concerne aussi la reliquefamiliale que Pope a fait réparer à son intention. Alors, pendant que le triofamilial parcourt les routes du Vercors sur leurs deux-roues, Kamo reste à lamaison où il mitonne de succulents petits plats, quand il ne rénove pas legrenier. Pourtant, un événement va le pousser à sauter sur un vélo…

Un jour, alors que Kamo est seul à la maison,il reçoit l’avis d’un appel venu de Russie : sa mère chérie va lui téléphoner !Il n’a pas d’autre choix que d’enfourcher l’engin qui lui fait si peur afind’arriver à temps au bureau de poste. Très vite, il en maîtrise la conduite –comme il maîtrise toute chose, semble-t-il – et commence alors une relationpassionnée entre Kamo et la bicyclette tchécoslovaque. Entre ses cuisses, lalourde bécane devient un engin virevoltant et rapide qui, une fois de retour àla ville, fait l’admiration des copains, particulièrement celle du grandLanthier, un connaisseur.

Les deux jeunes garçons se rendent ensuite aucollège à vélo et ne se déplacent que sur leurs engins, jusqu’à ce soir où ilsdécident de se rendre au cinéma pour y voir LesHauts de Hurlevent adapté du roman préféré de Kamo. Et les voilà partisdans la nuit, se poursuivant l’un l’autre, Kamo en tête sur l’antiquebicyclette, et comme Heathcliff, le personnage principal du film qu’ils vontvoir, Kamo crie dans la nuit « J’arrive, Cathy ! Attends-moi, nemeurs pas, c’est moi, Kamo, j’arrive ! » Mais la course du jeunegarçon prend fin brutalement dans une voiture qui lui coupe la route en roulanttous feux éteints. La bicyclette est détruite et Kamo, gravement blessé, sombredans le coma. Sa montre, brisée, est arrêtée à l’heure de l’accident :onze heures.

Pope, qui a autorisé la sortie, est effondré,rongé par la culpabilité. Que va-t-il dire à la mère de Kamo ? En plus,celle-ci s’avère injoignable. Kamo est opéré, il souffre d’une double fracturedu crâne et d’un gros hématome céphalo-rachidien. Le narrateur, désemparé, appelleà l’aide le grand Lanthier qui, doté d’un rude bon sens, saura peut-êtretrouver une issue à la situation. Et le grand Lanthier lui donne cet étrangeconseil : « Il suffit de penser à [Kamo] nuit et jour pour qu’il s’ensorte. Ne pas l’oublier. Penser à lui sans une seconde d’interruption. Si on yarrive, si on ne flanche pas, s’il n’y a pas de trou dans notre pensée, Kamos’en tirera. »

Et ainsi font les deux garçons, ils serelaient pour penser à Kamo sans trêve. Mais ce n’est pas chose facile, et unjour la pensée du narrateur, ivre de fatigue, s’échappe. Lanthier et lui seprécipitent à l’hôpital, où il trouvent Kamo affreusement pâle et glacé. EtKamo parle ! Il se plaint du froid, s’adresse à un certain Djavaïr, et se met àévoquer un monde étrange où il souffre d’un froid mordant, des inconnus nommésVano, Braguine, Stolypine, Jitomirski… Les deux garçons n’y comprennentgoutte, mais sentent qu’il faut accompagner leur ami sur son étrange chemin,d’autant plus qu’il ne parle que lorsque qu’ils sont seuls avec lui.

Bien vite, les deux amis comprennent que Kamoévoque la Russie de la Révolution, au début du XXe siècle. Kamo leurréclame des choses étranges : des oignons, pour lutter contre lescorbut, du sucre pour reprendre des forces, une lime, pour pouvoir s’évader…Les garçons satisfont ses désirs. Et Kamo s’évade, parcourt les plaines deSibérie, suivi par un loup tenace aussi affamé que lui, avant que la neige nese mette à tomber, blanche comme la mort… Mais Kamo se réveille enfin. À sesamis abasourdis et soulagés, il explique que ses délires sont le fruit deréminiscences de lectures – Souvenirs dela maison des morts de Dostoïevski, L’Amourde la vie de Jack London – et de souvenirs de famille évoqués devant lui. Lamère de Kamo fait alors son apparition. Elle est rentrée de Russie où elle a pureconstituer le puzzle de la vie de Kamo, l’autre Kamo, l’arrière-grand-père del’adolescent, un révolutionnaire. Emprisonné en Sibérie, il s’était évadé. En1922, nommé par le gouvernement en Transcaucasie, il avait reçu un télégrammede Mélissi, sa femme, lui annonçant son arrivée. Il sauta sur son vélo, pédalacomme un fou vers la gare en criant « C’est moi, j’arrive ! », ets’écrasa contre une voiture qui venait en sens inverse, tous feux éteints.Mélissi conserva comme une relique la montre brisée de son mari, dont lesaiguilles, immobiles, marquaient l’heure de l’accident : onze heures.

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