L'évasion de Kamo

par

Le narrateur

Le lecteur ne connaît pas le nom du narrateur.C’est un adolescent de l’âge de Kamo, il est le fils de Pope et de Moune. Kamoest son meilleur ami, celui avec lequel on partage les batailles de polochonset les confidences aux heures avancées de la nuit.

Kamo passe les vacances de Pâques avec luilorsque Pope offre à Kamo la bicyclette, antique relique familiale, « unesplendide machine tchécoslovaque d’avant-guerre, avec des freins à tige et desgarde-boue chromés comme des pare-chocs de Buick. Une vraie merveille » ;« la bicyclette de son père, la bécane héroïque, celle qui avait faitla Résistance, une relique familiale. » Il n’en éprouve aucunejalousie, pas plus que quand Kamo transforme le lourd engin en machine decourse : « ce vieux clou tchécoslovaque, lourd et grinçant, àl’énorme phare et aux garde-boue rutilants comme une bagnole d’avant-guerre,devenait vraiment un fauve apprivoisé entre les mains de Kamo », nimême quand Pope, son propre père, fait compliment sur compliment à Kamo, quisait tout faire. Cette apparente supériorité de Kamo, le jeune narrateur lareconnaît de bonne grâce, en tous domaines.

Il est toujours avec Kamo, mais derrière,comme le soir de l’accident : « Nous boirons des punchs de coco aveccet abruti qui essaie de me suivre et qui est notre ami ! » lance Kamoà la Cathy de ses rêves avant de percuter l’auto. Oui, le narrateur essaie desuivre Kamo sans jamais pouvoir le dépasser. Mais il est fidèle en amitié, ets’astreint à penser sans cesse à son ami, suivant ainsi le curieux conseil dugrand Lanthier, leur camarade, afin d’aider Kamo hospitalisé. Le jeune garçonfait alors preuve d’une abnégation, d’une constance très au-dessus de son âge.Si Kamo a la précocité de l’adolescent à haut potentiel intellectuel, lenarrateur a un cœur immense et simplement bon, rejoignant ainsi la galeried’anti-héros chers à Daniel Pennac comme Benjamin Malaussène, une autre de sescréations.

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