L'homme révolté

par

La révolte pour sortir de la condition humaine

Le titre indique évidemment l'idée de la révolte par l'homme. Mais si le titre peut laisser à penser que Camus parle d'un homme parmi d'autres, il écrit en réalité pour tous les hommes, pour l'Homme avec un H majuscule, c'est à dire que son œuvre se focalise sur la condition humaine et la révolte qui doit lui servir à se sortir justement de cette condition, qu'il juge évidemment non satisfaisante. La condition humaine actuelle est absurde selon lui, il ne croit pas en ses valeurs, ni en sa société, et encore moins dans la philosophie de son temps dont il dira '' une philosophie qui peut servir à tout, même à changer les meurtriers en juge ''. Il ne croit pas non plus en la politique et la morale '' L'important n'est pas encore de remonter à la racine des choses mais, le monde étant ce qu'il est, de savoir comment s'y conduire. ''

Comme le titre l'indique donc, cet essai traite bien évidemment de la nécessité de se révolter pour l'espèce humaine afin de se sortir de sa condition actuelle, condition qu'il exècre. On peut justifier cette vision et ce point de vue sur l'homme de par le fait qu'il faisait partie des penseurs nihilistes, et donc que l'homme n'a pas beaucoup de solutions extérieures pour se sortir de sa situation. Il fut trop souvent, à tort assimilé au mouvement mené par JP Sartre de l'existentialisme alors qu'il n'en faisait nullement partie. Il les connaissait, les fréquentait, en fut un contemporain, mais rien de plus.

Le nihilisme de Camus '' fracture entre le monde et mon esprit '' justifie donc sa thèse selon laquelle l'homme doit se révolter, et se sortir de cela. Comme tout bon essai philosophique exposant une thèse, l'oeuvre s'ouvre sur le départ du didactique, une question allant directement au thème et au titre : '' Qu'est-ce qu'un homme révolté?'' : il se doit de poser les bases et donc les définitions des termes qu'il utilise, qu'il prône. La définition est simple : '' Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement.'' Il y a donc le refus, le rejet, le fait de dire non et pas d'accepter tout ce que l'on nous propose, mais pas seulement, ce serait trop simple. Le non marque donc une certaine frontière morale. Il doit refuser, mais ne pas renoncer. Il imprime aussi une idée du mouvement.

Camus explique donc que la révolte est quelque chose d'impérieux, ''une des seules positions philosophiques cohérentes '', il faut refuser, il faut rejeter, mais en même temps que cette affirmation connait des limites. L'homme ne se sauvera pas de sa condition en disant non uniquement. Camus expose donc, telle une liste, les refus que doit opposer l'homme, mais jamais de renonciation, car ce serait abdiquer et donc accepter. La révolte n'est pas un refus en bloc, car elle constitue un droit pour l'homme, voire un devoir car selon lui cela est urgent : en ce sens l'homme doit s'en saisir, et faire valoir son droit.

Enfin Camus affirme que '' pour être, l'homme doit se révolter ''. Loin de considérer ce mouvement comme solitaire, l'auteur estime que pour que cela soit effectif, il faut un mouvement collectif, des hommes ensemble, contre la solitude. Il faut donc constituer un collectif solidaire, pour lancer ce qu'il nomme lui-même '' l'aventure de tous '' affirmant aussi '' je me révolte donc nous sommes '', clin d'œil à la célèbre maxime '' cogito ergo sum ''.

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