La cantatrice chauve

par

Le théâtre de l'absurde

Le théâtre de l'absurde est un style récent du théâtre. Il rompt de manière radicale avec les autres genres. Ici, il n'existe aucune logique entre les dialogues, les scènes sont décousues, les paroles n'ont ni queue ni tête. Il est inspiré des surréalistes et du dadaïsme, en parfaite opposition au réalisme. L'auteur de « La cantatrice chauve », Eugène Ionesco, fait partie des grandes figures de ce théâtre de l'absurde.

Dans notre pièce, rien n'a vraiment de sens : l'horloge des Smith sonne indifféremment, trois, deux ou sept coups peu importe l'heure. Nous nous trouvons alors dans une salle en dehors de l'espace-temps. En effet, les Smith eux-mêmes ignorent parfaitement l'heure qu'il est. Le spectateur perd ici toute notion du temps et n'a aucun indice auquel se raccrocher pour tenter de déterminer la durée des scènes et des dialogues, qui sont apocalyptiques et semblent ne plus en finir.

Les dialogues aussi sont invraisemblables ; ils n'ont à priori aucune raison d'être prononcés à l'instant où ils le sont, les personnages ne s'écoutent pas, répondent par d'autres questions sans lien apparent, se contredisent… C'est le cas lorsque la grande question de savoir s'il y a toujours quelqu'un derrière la porte lorsque cela sonne est posée. Déjà, la question est absurde : une sonnette ne s'enclenche pas toute seule. Cependant, des idées opposées fusent, notamment dans le couple des Smith. Pour l'un il n'y a jamais personne, et pour l'autre il y a quelqu'un. Au fur et à mesure du discours, les idées des personnages s'inversent, se modifient et finalement, le raisonnement du début n'a plus rien à voir avec le raisonnement final.

La mise en scène est très importante dans le théâtre de l'absurde, car, les dialogues étant difficiles voire impossibles à comprendre, la mise en scène tente d'apporter au spectateur des éléments auxquels s'accrocher pour comprendre la portée souvent philosophique d'un tel capharnaüm.

Les didascalies offrent au lecteur un moyen de se représenter la pièce s'il ne l'a pas sous les yeux. Ainsi, on comprend mieux que la scène où tous les invités envoient à voix haute des proverbes inexistants et des sortes de vire langues, est une forme de dispute car il est précisé que le ton monte, et que les personnages semblent outrés. Sans ces précisions, la scène aurait perdu une grande partie de son intérêt.

L'existence de la famille Watson illustre parfaitement l'incohérence du théâtre de l'absurde. Tous les membres de cette famille s'appellent Bobby, ne faisant aucune distinction entre les femmes et les hommes. Ici, la femme de monsieur Watson est tour à tour grande et petite, grosse et mince, veuve et fiancée…

Malgré son apparence chaotique et totalement illogique, le théâtre de l'absurde a une portée philosophique et critique de la société. Les auteurs de telles pièces cherchaient à se moquer de la bourgeoisie coincée, mais aussi de manière plus générale, à se moquer de l'absurdité de l'Homme et de la vie en général qui mène toujours inévitablement à la mort.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le théâtre de l'absurde >