La chartreuse de Parme

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Résumé

Livre I

 

En 1796, les troupes françaises menées par le général Bonaparte entrent dans le duché de Milan, porteuses d’idées de liberté accueillies avec joie par le peuple et honnies par la vieille aristocratie réactionnaire au service de l’Autriche, dont le marquis Del Dongo. Celui-ci quitte alors Milan pour son château de Grianta, au bord du lac de Côme. Il laisse sa jeune femme en leur résidence milanaise, et elle se voit contrainte de loger le beau lieutenant Robert. Si le marquis abhorre les idées de la Révolution, il n’en va pas de même de sa femme et de sa sœur, Gina Pietranera, épouse d’un général rallié à la cause de Bonaparte. Le lieutenant s’en va, la marquise retourne auprès de son détestable mari. Bientôt naît un fils, Fabrice.

Ce dernier grandit sans éducation vraiment suivie. Son père marque une nette préférence pour l’aîné, Ascagne, qu’il a élevé dans la haine des Français et dont il fait un espion à la solde des Autrichiens. Fabrice adore son oncle le général Pietranera, et il est adoré de sa mère, sa tante et ses sœurs. En 1814, c’est un charmant jeune homme de dix-sept ans frotté de latin et instruit par l’abbé Blanès, brave homme lui-même fort ignorant mais féru d’astrologie. La chute de Napoléon réjouit le marquis mais désespère Fabrice. Puis le retour de l’empereur exalte l’adolescent qui décide de le rejoindre et de mettre son bras à son service. Le jeune Italien, charmant mais dénué d’expérience, marche vers Paris, puis la Belgique. Il est emprisonné pour espionnage, charme la femme du geôlier qui le fait libérer et lui procure un uniforme de hussard, puis Fabrice de marcher au son du canon, avec pour projet de rejoindre la bataille qui se prépare : Waterloo. Il n’a de l’événement qu’une vision fragmentaire : il est entraîné dans la suite du maréchal Ney, croise un officier chamarré dont il ignore qu’il s’agit du général Robert, autrefois beau lieutenant qui séduisit sa mère, et n’échappe à la mort que grâce à l’amitié d’une vivandière et d’un caporal qui prennent le jeune homme sous leur protection. Il sort de l’aventure blessé, affaibli et en grand danger, car il a été dénoncé aux autorités autrichiennes comme espion par son frère Ascagne. Il doit rentrer à Grianta et sa route croise celle d’un général nommé Conti, accompagné de sa ravissante fille Clélia, dont l’image se grave dans la mémoire du jeune homme. Sur les conseils de sa mère et sa tante, Fabrice décide de se faire oublier quelque temps.

La belle et jeune – elle n’a pas vingt-cinq ans – Gina Pietranera est veuve et sans grandes ressources. Malgré ses idées libérales, elle tombe sous le charme du séduisant comte Mosca, puissant ministre du duc de Parme. Ce quadragénaire bienveillant gouverne la principauté selon les idées autoritaires de son souverain Ernest IV, mais en y ajoutant bon sens, intelligence et humanité. Sur ses conseils, Gina épouse le vieux duc de Sanseverina, union qui lui apporte respectabilité et fortune, et les deux amants vivent leurs amours sans se cacher. Toujours inspirée par Mosca, Gina convainc Fabrice de se rendre à Naples pour y suivre des études théologiques qui lui permettront de devenir, le moment venu, archevêque de Parme. Fabrice est déçu d’abandonner l’idée d’une carrière militaire mais il sait que le conseil est bon. Il s’incline et part pour Naples.

Quatre ans plus tard, c’est un beau jeune homme plein d’esprit et instruit qui arrive à Parme. Gina est emplie d’un trouble sentiment en voyant ce neveu superbe. Cela n’échappe pas à Mosca qui sent grandir en lui un fort sentiment de jalousie. Fabrice lui-même perçoit l’ambivalence des sentiments de Gina, mais aussi qu’il est de son intérêt de ne pas rejeter l’amitié d’une femme aussi influente. Tout va donc pour le mieux ; Fabrice est reçu et apprécié dans le monde, il va devenir coadjuteur de Monseigneur Landriani, archevêque de Parme, quand il s’amourache de l’actrice Marietta, au grand courroux de l’amoureux et protecteur de celle-ci, l’acteur Giletti. La querelle tourne mal et Fabrice tue Giletti. En temps normal, ce duel n’aurait pas dû avoir de conséquence : Fabrice, aristocrate, n’a tué qu’un histrion. Mais afin d’éviter un scandale qui embarrasserait Mosca, Fabrice passe la frontière et se réfugie dans le duché de Milan, où il est recherché comme libéral. Avant de fuir pour Bologne, il visite l’abbé Blanès qui lui enjoint de ne pas commettre de mauvaise action et voit planer sur lui l’ombre du cachot.

Réfugié à Bologne, Fabrice s’amourache à nouveau, cette fois de la Fausta, cantatrice dont le protecteur, le farouche comte M***, est fou de jalousie. Cette nouvelle folie pousse le jeune homme à suivre la belle jusqu’à Parme, où les ennemis de Mosca, dirigés par la marquise Raversi qui soutient le parti libéral, mènent une cabale afin de faire chuter le puissant ministre. L’affaire amoureuse tourne mal, le comte M*** tâche d’empêcher l’idylle entre Fausta et Fabrice, et une fois encore Fabrice doit fuir, cette fois vers Florence, non sans avoir obligé le comte M*** à l’affronter en duel et l’avoir blessé grièvement.

 

Livre II

 

Mosca a des ennemis. De plus, Ernest IV a vu ses avances repoussées par la Sanseverina, ce qui blesse son orgueil et excite sa jalousie. La cabale contre Fabrice Del Dongo se poursuit donc et le jeune homme tombe dans un piège : attiré à Parme par une fausse lettre de sa tante, il est arrêté et emprisonné dans la lugubre tour Farnèse gouvernée par le général Fabio Conti. Quand il entre dans la forteresse, son regard croise celui de Clélia, la fille du général rencontrée autrefois au bord du lac de Côme. Les jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre. Cet amour rend l’emprisonnement plus léger à Fabrice qui ne sombre pas dans le désespoir mais rêve à la jeune fille qui, à quelques mètres de lui, élève de charmants oiseaux. Pendant ce temps, Gina Sanseverina a décidé d’aider Fabrice par tous les moyens. Pour ce faire et avoir toute liberté d’action, elle rompt avec Mosca : peut-être devra-t-elle prendre un nouvel amant qui saura aider son neveu. En outre, elle ne veut pas entraîner le comte dans sa chute si elle venait à se compromettre. Le comte, très affecté, s’emploie à assurer qu’au moins Fabrice ne sera pas exécuté. De fait, le jeune homme est condamné à douze ans de forteresse. Cependant, Fabrice ne se déplaît pas dans sa cellule, puisqu’il aperçoit quotidiennement la femme qu’il aime : les jeunes gens, l’âme ravie, parviennent à communiquer. Ce qui n’est pas le cas d’Ernest IV, toujours jaloux, qui décide de supprimer Fabrice en le faisant empoisonner. Il charge de cette besogne le fiscal général Rassi, son exécuteur des basses œuvres en politique. Devant le danger, Gina décide de faire évader Fabrice : on drogue Conti, on enivre la garde avec la complicité de Clélia, on fournit des cordes au prisonnier qui parvient à quitter la forteresse, où il aura séjourné neuf mois. Quand elle retrouve son cher neveu, Gina est étonnée par son humeur rêveuse : sa liberté est gâtée par l’absence de la femme aimée. Quant à cette dernière, elle a cru son père aux portes de la mort. Pour se punir de sa complicité, elle accepte de lui obéir et d’épouser le marquis de Crescenzi.

Gina va se venger d’Ernest IV : avec la complicité du médecin et poète Ferrante Palla, libéral fou amoureux d’elle et quelque peu illuminé, elle empoisonne le souverain. La voie est libre : elle retourne à la Cour et plaide la cause de Fabrice afin qu’on lui accorde un procès équitable. Le jeune Ernest V, qui a succédé à son père, y consent. Fabrice rentre donc à Parme, mais au lieu de se rendre à la prison municipale, où sa vie n’eût pas été en danger, il va se livrer à la tour Farnèse où tous, du plus obscur geôlier au gouverneur Conti, ont été humiliés par son évasion. Il se jette dans la gueule du loup par amour, désirant se rapprocher de Clélia. Gina voit immédiatement le danger : elle sait qu’on va l’empoisonner. Elle se jette aux pieds d’Ernest V et l’implore de faire transférer Fabrice. Le souverain envoie un aide de camp pour faire élargir le prisonnier à qui on a servi un repas effectivement empoisonné, mais par bonheur Clélia a devancé l’officier et empêché Fabrice de toucher au plat. Les amants ont alors le temps de sceller leur amour en une brève mais ardente étreinte.

Tous semble sourire à Fabrice : il est blanchi du meurtre de Giletti, devient coadjuteur de l’archevêque, et se trouve en faveur à la Cour. Pourtant, il est malheureux, car Clélia a fait le vœu de ne plus jamais le voir. Ayant cédé à son père, elle est devenue marquise de Crescenzi, tout en se consumant d’amour pour Fabrice. Ce dernier adopte une vie ascétique, porte des vêtements austères et devient un grand prédicateur : il prêche dans les églises de Parme où son éloquence attire gens du peuple, bourgeois et aristocrates. Son espoir est qu’un jour Clélia oublie son vœu et vienne l’écouter, ce qu’elle finit par faire, au bout de quatorze mois. Elle invite Fabrice à la rejoindre en une pièce obscure : son vœu ainsi ne sera pas rompu, puisqu’elle ne voit pas Fabrice de ses yeux. Cette liaison passionnée dure trois ans, ponctués de rendez-vous nocturnes. De cette union naît un garçonnet, prénommé Sandrino. La duchesse Gina Sanseverina, ayant abandonné tout espoir d’être la première dans le cœur de Fabrice, a épousé Mosca, devenu Premier Ministre. Cependant Fabrice, qui a succédé à Monseigneur Landriani, décide d’enlever son fils pour qu’il vive à ses côtés. Malheureusement, l’enfant meurt après quelques mois. Désespérée, persuadée que c’est là un châtiment divin, Clélia s’éteint à son tour. Alors, Fabrice abandonne tout, distribue ses biens et se retire au monastère de la Chartreuse de Parme, où il s’éteint au bout d’une année. Gina ne lui survivra que quelques mois.

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