La ferme des animaux

par

George Orwell

George Orwell est le nom de plume d’Eric Arthur Blair, un écrivain anglais né en 1903 à Motihari dans l’Est de l’Inde, alors colonie anglaise, d’un père travaillant dans l’administration britannique présente sur place, comme plusieurs autres membres de la famille, fonctionnaires ou militaires. Toute sa scolarité se déroule néanmoins en Angleterre, où il part avec sa mère alors qu’il est encore bébé. Il ne reverra son père qu’en 1912. Très jeune, il s’intéresse à la poésie et à la littérature et se rêve écrivain. Il connaît les pensionnats anglais et étudie notamment à l’université d’Eton où il aura brièvement pour professeur de français Aldous Huxley. Se faisant une idée romantique de l’Orient, il travaille ensuite comme officier de la police impériale en Birmanie, autre colonie anglaise pour laquelle il part en 1922.

C’est alors qu’il a contracté la dengue et qu’il est rentré en Angleterre, passant des vacances en Cornouailles avec sa famille, qu’il contemple sa vie sous un nouveau jour et qu’à vingt-quatre ans, Blair décide de devenir écrivain et démissionne, rompant avec la tradition familiale. Il déménage bientôt pour Paris où il enchaîne les emplois subalternes. Ses expériences lui inspirent Dans la dèche à Paris et à Londres (Down and Out in London and Paris) qui paraît en 1933 sous le pseudonyme de George Orwell, du nom d’une rivière du comté du Suffolk qu’il aime particulièrement. L’écrivain compare son œuvre à un journal de voyage, car il raconte l’expérience d’une grande pauvreté, qu’il a côtoyée en tant que plongeur dans un palace à Paris ou mendiant à Londres, volontairement avouera-t-il plus tard. Il s’y attarde sur la description des lieux crasseux qu’il fréquente, que ce soit sa chambre d’hôtel minable, infestée d’insectes, ou les cuisines du palace où s’affaire une main d’œuvre corvéable à merci. L’écrivain fait également le portrait de ses compagnons de galère, de la hiérarchie qu’il observe parmi eux, et décrit encore précisément l’expérience de la faim. Dans cette première œuvre, s’observe déjà la proximité de l’auteur avec des gens ordinaires.

En 1934 paraît Une histoire birmane (Burmese Days), sa première fiction, inspirée de l’expérience orientale d’Orwell en tant que membre de la police impériale. La colonisation y est vivement critiquée à travers les portraits de colons vains, frustrés, racistes. Un club autour duquel tout le récit gravite cristallise les envies et la vanité de chacun. Le héros, blanc, pas plus admirable que les autres personnages, vit une histoire d’amour pathétique avec une jeune femme sur laquelle il s’illusionne, après avoir été dénigré par ses pairs pour avoir une compagne birmane et un ami médecin parmi les autochtones. Dans cette œuvre d’abord publié aux États-Unis par précaution, Orwell semble raconter une histoire qui eût pu être la sienne s’il n’avait changé de voie.

Inscrivez-vous pour continuer à lire  >

Dissertation à propos de La ferme des animaux