La ferme des animaux

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Résumé

Un soir, une fois Jones, le propriétaire de la Ferme du Manoir partise coucher, tous les animaux se réunissent pour écouter le vieux et sagecochon ; il a rêvé que les terres étaient délivrées du joug de l’homme :« L’homme est la seule créature quiconsomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d’œufs, il esttrop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pour attraper un lapin.Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. » Il en appelle donc àune révolte contre cet être qui les opprime et les tue : « Débarrassons-nous de l’homme, etnôtre sera le produit de notre travail. » Trois nuits après avoir faitce discours, le sage meurt. L’activité clandestine des animaux s’intensifiealors, dirigée par les cochons qui propagent le système philosophique –l’animalisme – inventé par le vieux sage, propre à justifier leur révolte. Ilss’attaquent à tous les arguments des autres animaux qui entrent encontradiction avec leur doctrine ; en effet certains ne voient paspourquoi l’on s’attaquerait à l’homme qui les nourrit ; Moïse le corbeau,quant à lui, à la solde du fermier, raconte que la Montagne de Sucrecandi, leparadis des animaux, assurera le bonheur de tous après la mort. Mais finalement,après que leur fermier eut un jour oublié de les nourrir, le soulèvement desanimaux se fait et les hommes désertent la ferme devant l’armée d’animaux quise dresse contre eux.

La vie sans hommes débute alors. Les cochons décident d’écrire unrèglement, les sept commandements, pour prévenir tout débordement :

« Toutdeuxpattes est un ennemi.

Toutquatrepattes ou tout volatile, un ami.

Nul animal neportera de vêtements.

Nul animal nedormira dans un lit.

Nul animal neboira d’alcool.

Nul animal ne tueraun autre animal.

Tous lesanimaux sont égaux. »

Le travail de la récolte s’organise à merveille : chacuntravaille selon ses capacités, personne ne vole ou ne se plaint. Seule lachatte disparaît dès qu’elle doit travailler, et Benjamin, le vieil âne sceptique,alter ego de l’auteur, voit d’un mauvais œil tous ces changements et ne trouvepas d’amélioration à sa vie. L’éducation commence aussi à s’organiser, même siles animaux ne sont pas égaux devant la lecture : les cochons et leschiens deviennent les plus lettrés alors que d’autres ne se donnent pas lapeine d’apprendre à lire.

Mais les nouvelles parviennent aux alentours ; les fermiers ne veulentpas que leurs propres animaux apprennent qu’une ferme autogérée peut fonctionner.Une révolte se forme alors, les fermiers des environs voulant prendrepossession des terres des animaux. Mais ils sont repoussés.

Pendant l’hiver, une première trahison est commise : La jumentLubie est surprise en train de pactiser avec l’ennemi qui la fournit en sucreet en rubans. Trois jours plus tard, elle disparaît et certains disent l’avoirvu attelée à une charrette. À cet événement s’ajoutent les problèmes liés àl’hiver. Le cochon Boule de Neige a l’idée de construire un moulin à vent, afinde produire de l’électricité et de fabriquer du pain. Mais la ferme est diviséeà ce sujet, le cochon Napoléon notamment s’oppose à lui : « Le moulin à vent, déclara-t-il avecbeaucoup de calme, est une insanité. […] Sur quoi Boule de Neige bondit.Ayant fait taire les moutons qui s’étaient repris à bêler, il se lança dans unplaidoyer d’une grande passion en faveur du moulin à vent. » Boule deNeige réussit, par son éloquence, à convaincre toute la ferme. Napoléon lechasse alors de la ferme par la force à l’aide des chiens qu’il avait élevés ensecret.

Les autres animaux ne savent comment réagir devant un tel acte mais Brille-Babil,le porte-parole de Napoléon qui excelle dans la propagande, leur explique que c’estpour leur bien que Napoléon a agi ainsi. L’empire du cochon sur les autres animauxcommence alors à se fortifier. Napoléon les fait travailler très dur l’été qui suit,mais c’est surtout le pacte qu’il conclut avec un homme qui soulève desprotestations, contraire aux sept commandements dictés lors de la révolution : « Ne jamais rentrer en rapport avec leshumains, ne jamais faire de commerce, ne jamais faire usage d’argent –n’était-ce pas là certaines des résolutions prises à l’assemblée triomphale quiavait suivi l’expulsion de Jones ? ». Malgré tout, l’orgueil de voirune quatrepattes donner des ordres à un deuxpattes fait accepter aux animaux lecommerce avec l’homme.

Mais les commandements originaux commencent à être de plus en plusbafoués : les cochons s’installent dans l’ancien domicile de Jones, etcontournent les sept commandements ; des inflexions qui leur sontapportées par la patte de Brille-Babil leur permettent de justifier leursexcès. L’hiver arrive sur ces faits et la disette fait rage. Mais les cochonsmanipulent leur commis humain pour qu’il aille raconter à l’extérieur que lanourriture ne manque pas chez les animaux, malgré la faim qui tord leursventres. Cette faim pousse les poulets à faire sédition, ou encore des cochonsà entretenir des relations avec le banni Boule de Neige. Les chiens les égorgent.Les animaux, perturbés par cette cruauté, commencent à regretter les premierstemps de la révolution. Les cochons, pour éviter cette nostalgie, changentl’hymne de la ferme : selon eux il n’y a plus lieu de chanter un chantrévolutionnaire dès lors qu’on a atteint une société équilibrée.

Les relations commerciales avec les hommes se tendent, à coups de fauxbillets et de traîtrise. Les hommes finissent même par faire exploser le moulinà vent, tout juste fini. Les animaux, ivres de colère, les chassent ; maisle moulin n’est plus. Le porte-parole de Napoléon charge les animaux d’enconstruire un nouveau. La vie reprend alors son cours, les commandementsoriginaux sont toujours distordus et assouplis par les autorités. Desmanifestations spontanées sont organisées pour regrouper et souder les troupes.Napoléon organise en outre des élections pour faire élire le président de laRépublique ; seul candidat, il est élu à l’unanimité. Le corbeau Moïse continuede répandre la légende du paradis Sucrecandi mais désormais il est à la soldede Napoléon.

Un jour, le cheval Malabar, souffrant des bronches, a un accident surle chantier du moulin. Napoléon annonce qu’il le fait envoyer à l’hôpital deshommes ; un fourgon vient le chercher. L’âne Benjamin, resté neutre dansl’établissement de cette société d’animaux, lit les inscriptions sur lafourgonnette et prévient les autres : Malabar a été vendu à unboucher ! Mais il est trop tard. Pourtant, le porte-parole de Napoléonraconte si bien les derniers instants de Malabar à l’hôpital que les autresanimaux le croient, et l’oraison funèbre du chef lui conserve leur confiance.

Les années passent et la ferme se maintient. Quelques animaux repensentavec nostalgie aux années de liberté – peu cependant. Un jour, Brille-Babil lecochon arrive parmi eux en marchant sur ses deux pattes arrière, un fouet à lamain, entouré des chants des moutons qui hurlent : « Quatrepattes, bien ! Deuxpattes, mieux ! ». Et ledernier commandement est finalement transformé en l’adage suivant : « Tous les animaux sont égaux, maiscertains sont plus égaux que d’autres ».  Les cochons prennent ainsi définitivement lerôle des hommes dans cette ferme : M. Jones vient même trinquer avec Napoléon.L’histoire de la Ferme des Animaux se termine alors sur ces mots amers : « les yeux des animaux allaient du cochon àl’homme et de l’homme au cochon, et de nouveau du cochon à l’homme ; maisdéjà il était impossible de dire lequel était lequel. »

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