La Légende dorée

par

La foi qui mène au martyr

Si elle leur permet de réaliser des miracles, la foi des saints ne les empêche souvent pas de subir le martyr, bien au contraire, elle les y mène souvent. Ils le savent et sont disposés à subir ce martyr comme le prouve sainte Lucie lorsqu’elle s’adresse à Pascasius en ces termes : « Voici mon corps, il est disposé à toutes sortes de supplices. Pourquoi hésites-tu ? Commence, fils du diable, assouvis sur moi ta rage de me tourmenter. »

Le christianisme, interdit à ses débuts dans l’Empire romain, a dû pour s’imposer passer par l’obstination de ces martyrs dans leur foi et dans leurs convictions, depuis Étienne, qui le premier perdit la vie au nom du Christ, jusqu’à Thomas de Cantobéry qui perdit la sienne pour avoir défendu l’Église face au pouvoir temporel, en passant par saint André qui finit crucifié. Tous ont en partage cette obstination que l’on peut trouver admirable ou stupide selon sa conception du monde. Cependant, ces sacrifices ne furent pas tout à fait inutiles puisque, grâce à l’obstination de ces chrétiens, et grâce à leur martyr, le christianisme aujourd’hui rayonne à travers le monde.

Jacques de Voragine n’oublie pas que cette religion (considérée à ses débuts comme une secte dissidente) née sur les bords du Jourdain il y a plus de 2000 ans doit ce destin exceptionnel à ces hommes et femmes qui firent fi de leurs vies pour servir jusqu’à la déchéance sociale et à la mort un message d’amour et de tolérance qui suscita leur adhésion. Le christianisme, c’est un peu ce qu’en ont fait ses saints et parce qu’il s’intéresse à ceux-ci, l’œuvre de Jacques de Voragine s’est assurée une certaine intemporalité et une place de choix dans la littérature à travers les âges.

 

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