La maison du chat qui pelote

par

Augustine Guillaume

Augustine est la fille cadette de M. Guillaumeet de Mme Chevrel. De dix ans son aînée, sa sœur Virginie est le portraitcraché de leur mère à toutes les deux : le visage long et austère,l’allure rigide et sèche. Or, Augustine semble être sortie d’un tout autremodèle. Petite de taille, agréable à regarder, elle est beaucoup plus attiranteque ne l’est son aînée.

« Gracieuse et pleine de candeur, unhomme du monde n’aurait pu reprocher à cette charmante créature que des gestesmesquins ou certaines attitudes communes, et parfois de la gêne. » Ainsi, sa timidité, éduquée et développée sousle fléau du despotisme maternel, ne parvient toutefois pas à endiguertotalement son caractère quelque peu piquant parfois, terre-à-terre d’autresfois, en un mot, son humanité.

L’éducation que lui dispense son père, unmarchand drapier, est très pieuse ; la jeune fille de dix-huit ans n’a quetrès peu l’occasion de sortir. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une très rare sortieen compagnie de sa tante qu’elle rencontre Théodore de Sommervieux, dont elles’éprend aussitôt. Cette folle passion conçue brutalement est peut-êtrejustement liée à ce manque de connaissance du monde extérieur. Totalementdésemparée lorsqu’elle voit les yeux du peintre tomber sur elle, elle se sentaimée et désirée pour la première fois de sa vie, et elle confond ce troubleavec l’amour d’un homme connu. À la suite de leur mariage, pour la réalisationduquel elle doit mener un rude combat contre ses parents, elle ne peuts’empêcher de ressentir une immense fierté lorsqu’elle sort en compagnie deThéodore. Mais son caractère aimant et son éducation tout orientée vers ledessein de faire d’elle une bonne maîtresse de maison reprennent rapidement lepas sur ses désirs de voir le monde à travers son artiste de mari. Alors queson couple bat de l’aile, elle continue de se démener pour subvenir à la bonnemarche de la maison, assurer la rentabilité de leurs comptes, tenir le foyer enl’état.

Augustine est toutefois pleine des ressourceset de la détermination des femmes qui aiment trop, et qui se dévouent trop.Lorsque Théodore affirme être lassé de son esprit trop terre-à-terre, elle serésout, à l’âge de vingt-et-un an, à s’instruire de plus belle. Désirant êtredigne de son mari afin de reconquérir son cœur, elle s’attelle à la tâche avecentrain, « mais en dévorant des volumes, en apprenant avec courage,elle ne réussit qu’à devenir moins ignorante. » Elle finira pardépérir, allant jusqu’à chercher en dernier recours les conseils de séductionde sa rivale.

Augustine est ainsi un personnage montré danstoute sa faiblesse en même temps que toute sa force. Balzac met en avant sabravoure, son courage, son acharnement fidèle à défendre son ménage, soncouple, à s’affirmer en tant que maîtresse de maison digne de ce nom, mais ilinsiste sur l’aspect tragique de ce caractère face à un mari qui n’a cure deces marques de bonne conduite conjugale. Éperdue d’amour, Augustine meurt àl’âge de vingt-sept ans, totalement rongée et détruite par ces années d’effortset de labeur qui ne trouveront aucun écho, aucun succès.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Augustine Guillaume >