La prochaine fois

par

L'amour, thématique favorite de Levy

Tout d’abord, l’idée d’unamour irréductible est présentée dès le début à travers le titre du livre. LaProchaine Fois évoque ce moment où, bien que morts, les deux amoureux seretrouveront dans une vie prochaine, où ils pourront se retrouver de nouveau, recommencerleur idylle, et ce jusqu’à la fin des temps. Cette symbolique de « l’amouraprès la mort » est très forte et se présente avec une certaineconnotation religieuse. En effet, le mariage catholique exige une union devantDieu, et l’amour qu’il scelle est censé durer bien au-delà des limites de lavie. Levy marque d’ailleurs clairement son point de vue à travers une tiradequ’il fait prononcer à l’un de ses personnages : « Il arrive que deuxâmes se rencontrent pour n’en former plus qu’une. Elles dépendent alors à jamaisl’une de l’autre. Elles sont indissociables et n’auront de cesse de seretrouver, de vie en vie. Si au cours d’une de ces existences terrestres unemoitié venait à se dissocier de l’autre, à rompre le serment qui les lie, lesdeux âmes s’éteindraient aussitôt. L’une ne peut continuer son voyage sansl’autre. »

À travers le titre, c’est lelivre entier qui prend l’amour pour thème. En effet, Marc Levy reprend unschéma assez classique de l’amour-passion, du coup de foudre. L’homme estamoureux et promis en mariage à une femme, mais l’arrivée d’une autre vienttout chambouler, car un amour fusionnel naît entre tous deux. L’homme délaissedonc l’une des deux femmes, mais cet aspect est contrebalancé par le fait queleur amour est un amour invincible. Ici, le lecteur ne peut parvenir à blâmerl’idylle entre Clara et Jonathan puisque leur amour perdure par-delà letemps ; il apparaît donc vrai et inévitable. En comparaison, sa vie auxcôtés d’Anna paraît presque sans valeur. On dit communément que beaucoup defemmes rêvent d’une telle aventure, avec un homme qui leur serait destiné, quiles attendrait quelque part, le « fameux prince charmant ». Mais plusgénéralement, l’autre concept très commun d’âmes sœurs apparaît déjà dans Le Banquet de Platon où le philosophe évoqueun mythe selon lequel les êtres humains auraient eu à la base quatre bras etquatre jambes, et que Zeus craignant leur puissance les auraient coupés endeux, les condamnant à rechercher leur autre moitié tout le reste de leur vie. C’estun peu ce qu’illustre La Prochaine fois,de façon moins symbolique.

Le champ lexical de l’amourest très présent dans l’œuvre, et de longues déclarations ont souventlieu : tout d’abord, des termes comme « aimer »,« amour », « cœur », ou encore « âme » sont trèssouvent répétés. Les déclarations des personnages se multiplient, que ce soitverbalement ou en silence, à travers des manifestations de l’âme : « L’échode son amour s’évada par-delà le mur d’enceinte et le silence régna » ;« Crois-tu qu’on puisse s’aimer au point que la mort n’efface pas la mémoire? Crois-tu qu’il soit possible qu’un sentiment nous survive et nous redonne vie? Crois-tu que le temps puisse réunir sans fin ceux qui se sont aimés assez fortpour ne pas l’avoir perdu ? Est-ce que tu crois ça, Clara ? – Je crois que je suisamoureuse de toi […] ». Le livre entier regorge de déclarationssimilaires, ce qui démontre l’envie de l’auteur de faire partager sa croyanceen un amour profond et l’existence d’une vie qui ne s’arrête pas à celle qu’onconnaît, concept qui nourrit celui d’âmes sœurs.

Marc Levy fait de l’amour sonthème phare, mais tout en essayant de le rendre au plus juste, sans tomber dansla niaiserie. L’amour éternel semble être un thème qui lui tient grandement àcœur et il le dévoile sans complexe dans la plupart de ses romans, et particulièrementdans celui-ci.

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