La ronde de nuit

par

Résumé

Dans ses deux premiers romans, Patrick Modiano réécrit de façon hallucinée la période de l'Occupation. Dans La Place de l'étoile (1968), il raconte les mésaventures d'un personnage présenté au premier abord comme un juif antisémite. Dans La Ronde de nuit (1969), on suit un narrateur qui travaille à la fois pour la Résistance et la Gestapo. Bien que Modiano n'ait pas connu cette période, il tente d'exorciser le souvenir macabre qu'elle a laissé dans toute la société des années 60. Il dédie cet ouvrage à sa mère, comédienne qui a rencontré son père à la fin de l’année 1942, sous l’Occupation.

La narration de La Ronde de nuit est volontairement brouillée, confuse, bizarrement répétitive. Le narrateur-personnage a la consistance de l'antihéros de L'Étranger de Camus, il va même jusqu'à dire qu'il « n'existe pas » dans le dernier mouvement du récit ; cette non-existence se ressent fortement dans l'écriture. Par exemple, Modiano fait le choix de ne jamais faire apparaître les paroles du narrateur au discours direct, ce qui donne l'impression qu'il est perpétuellement spectateur de tout ce qui lui arrive, y compris lorsqu'il agit.

Par ailleurs, le roman forme une sorte de boucle répétitive qui semble raconter deux fois la même chose en changeant légèrement mais sensiblement les faits. Ceci a pour effet, en plus d’exposer l'inconsistance du narrateur, de nous faire accéder à sa vision du monde : pour lui, tout est interchangeable.

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