La ronde de nuit

par

L’ambiguïté de l’auteur

Nous l’avons dit, l’auteur n’a pas eu à vivre les situations qu’il a relatées dans l’ouvrage. C’est précisément ce qui fait de « La ronde de nuit », un roman entièrement à part, car il semble témoigner de la volonté qu’a l’auteur de faire la lumière sur la sombre période de l’occupation. Et ce faisant, il crée une véritable relation entre les lecteurs et lui, ces derniers cherchant à le suivre dans ses aventures et à comprendre tout ce qui a pu le motiver à adopter ce style spécifique. Etrangement, le personnage principal semble, dans une certaine mesure, apporter quelques lumières au lecteur par ses multiples et fréquentes introspections. Et pendant bien longtemps, on a l’impression que l’auteur et le narrateur ne sont qu’une seule et même personne. Aussi est-on pour le moins surpris de constater que le narrateur semble brouiller les pistes en détachant sa personne de celle de l’auteur. Il parle d’un « maniaque qui s’intéressera peut-être, dans quelques années, à cette histoire. Il se penchera sur la «période trouble» que nous avons vécue, consultera de vieux journaux. Il aura beaucoup de mal à définir ma personnalité.» (152) – «Je donne à mon biographe l’autorisation de m’appeler simplement “un homme” et lui souhaite bien du courage… Il ne comprendra rien à cette histoire. Moi non plus. Nous sommes quittes.». On a ici la sensation que l’auteur fait comme des aveux à son lectorat, semblant lui expliquer les doutes qui subsistent malgré tout en lui. Mais l’ambigüité dans l’œuvre ne se résume pas qu’aux doutes de l’auteur. Elle est également liée au parfum de trahison qui entoure le personnage principal.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’ambiguïté de l’auteur >