L'Acacia

par

La mère

La mère de Claude Simon, également morte alors que l’auteur était encore enfant, est aussi évoquée. Il décrit notamment la recherche de la tombe de son père, à travers divers cimetières, épopée à laquelle l’avait joint sa mère lorsqu’il était tout jeune. Le personnage de la mère est nettement en retrait par rapport aux figures masculines des soldats, père et fils.

Il s’agit d’une jeune femme de bonne famille qui a suivi son mari à Madagascar et en a eu un fils. Son apparence est marquée dans la mémoire de l’auteur par le sort de son mari. Elle est régulièrement dépeinte en tenue de deuil, soulignant son statut de jeune veuve : « C’était une femme encore jeune, au-dessous de la quarantaine, à la silhouette épaisse dans ses vêtements dont le choix (les souliers noirs, les bas noirs, le manteau noir, la toque noire bordée d’un mince liseré d’ou pendait le crêpe) avait en dépit de sa modestie […] quelque chose d’ostentatoire, de théâtral ».

Il y a néanmoins une contradiction : la mère est à nouveau décrite mais de manière plus terne, sa tenue ayant perdu « cette théâtrale et ténébreuse uniformité ». Ce changement démontre le caractère fluctuant du roman autobiographique, ces détails allant à l’encontre d’une personnification cohérente de la mère. 

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