L'Acacia

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Résumé

L’Acacia est un roman publié en 1989 par Claude Simon, écrivain français et prix Nobel de littérature en 1985. Il s’agit d’un récit autobiographique dont la trame s’articule autour de l’histoire d’une famille pendant la Première et la Deuxième Guerres mondiales. Les différents récits que tisse L’Acacia couvrent un siècle, de 1880 à 1982.

 L’ouvrage s’ouvre en 1919 à la fin de la Première Guerre mondiale. Il présente le paysage ravagé d’après-guerre et ce temps où les familles comptent leurs morts. L’une d’elles cherche, d’un cimetière à l’autre, la tombe d’un soldat mort au combat. Il s’agit de trois femmes en vêtements de deuil et d’un enfant. Cet enfant qui deviendra le narrateur accompagne ainsi sa mère, la veuve, et ses tantes, sœurs de son père. Ces femmes espèrent trouver la tombe du mari et du frère.

Puis, sautant d’une guerre à l’autre, le narrateur s’attarde sur la Seconde Guerre mondiale. L’auteur y prend activement part puisqu’il est mobilisé dès le début des hostilités. Il part sous les drapeaux le 27 août 1939, soient vingt-cinq ans jour pour jour après la mort de son père, tombé au front en 1914. Dans le wagon qui l’emporte vers le front, les souvenirs de la mort de son père, de sa vie insouciante et désinvolte, de ses voyages d’avant-guerre, de Berlin à Moscou, en passant par Varsovie, l’assaillent. Il est si convaincu que ce voyage est le début de la fin de sa propre vie que, tout du long, la pensée que « maintenant, il allait mourir » le tourmente.

 Il décrit longuement la « drôle de guerre » à laquelle il prend part aux côtés de soldats mal préparés. Le régiment de cavalerie auquel il appartient est presque entièrement exterminé. Dans le même temps, ce régiment se trouve confronté à la folie de son colonel est l’un des rares cavaliers survivants de la débâcle de 1940. En effet, après avoir été mis en déroute, ses compagnons et lui sont faits prisonniers en Saxe, échappant ainsi à la mort. Le brigadier qu’il est s’évade avec l’intention de regagner le Sud de la France. Au détour de ses pérégrinations, il fait un arrêt dans un bordel où il rencontre une femme qui l’émeut par sa docilité et sa capacité à le déconnecter des souvenirs traumatisants de la guerre. Au terme de son voyage, il arrive enfin à la demeure familiale, à Arbois. Ce retour dans la vieille propriété dont il a hérité ravive alors le passé et les souvenirs. Il contemple l’arbre planté dans la cour familiale et dont les branches tremblent jusque devant sa fenêtre : un acacia.

Toujours sur fond de guerre, l’auteur revient maintenant sur la lointaine période de 1880, jusqu’à celle plus récente de 1914. Son souvenir s’arrête sur la personne de son père qu’il considère comme un véritable héros. Ce père qui a été tué au front lors de la Première Guerre mondiale. C’est ce soldat, mari et frère, dont la famille cherche désespérément la tombe à l’entame du récit, cet homme qui malgré ses origines modestes est parvenu au grade d’officier dans l’armée. Il s’est montré prêt à tous les sacrifices pour que son fils ne connaisse jamais la même misère que ses ancêtres. L’auteur relate également les circonstances de sa mort. Les points de convergence entre sa propre histoire et celle de son père le poussent à considérer sa vie comme la conclusion de celle de son père ; le cycle d’anéantissement semble en effet vouloir se répéter.

 Poursuivant la description de la vie de son père, le narrateur s’appesantit sur des aspects plus personnels. Le récit de la rencontre, puis des circonstances du mariage en 1910 de son père avec celle qui deviendra sa mère lui permet aussi de parler longuement de celle-ci. Il fait un gros plan sur leur vie de famille, sur son enfance, et sur les colonies où le couple a passé quatre ans. Sa mère, jeune femme de bonne famille, a volontiers accepté d’y suivre son époux au gré de ses affectations. L’auteur naît ainsi en 1913 à Madagascar un an avant le départ de son père sous les drapeaux. Cette séparation a laissé chez le narrateur un grand vide doublé du vif désir d’en savoir plus sur ce père absent, davantage connu au travers des photographies et des cartes postales que par une expérience directe.

À soixante-dix ans environ, il se rapproche de ses tantes qui, bien que très avancées en âge, acceptent de l’aider à réunir une version plus complète de l’histoire de son père. La similitude entre sa vie et celle de son père lui apparaît alors plus clairement.

 Le narrateur, qui a survécu au deuil de ses parents, à la guerre et à ses atrocités, traverse des mois de vide, hanté par le souvenir et par l’absurdité de ce qu’il a vécu. Mais au bout de sa démarche à la fois introspective et rétrospective, il commence à se sentir vivre, car sa vie retrouve son rythme normal. La fenêtre de sa chambre est ouverte sur la nuit tiède ; il aperçoit l’acacia planté devant sa fenêtre. C’est par cet arbre centenaire, qui a survécu imperturbablement à tant de destinées tragiques, qu’il choisit de commencer son récit. Le brigadier qu’il a été parvient ainsi à s’extirper de la torpeur qui a suivi la guerre, son emprisonnement et son évasion. 

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