Le baron perché

par

Le roman initiatique: la jeunesse du héros

Le héros, est Côme Laverse du Rondeau, un jeune aristocrate de douze ans qui se révolte contre sa famille, en 15 juin 1767. Le roman débute ainsi dans le côté initiatique, avec la jeunesse d’un héros qui se découvre, qui s’affirme et décide de se lancer seul dans une vie qu’il aura choisie. Il ne nie pas ses origines mais préfère s’absoudre des règles que lui fixent ses parents, comme le fait de devoir manger des escargots qui étaient prévus d’être mangés comme amuse-bouche : « ces têtes molles de petits chevaux avec un cure-dents, je pense, sur autant de beignets ». Le refus d’en manger et le fait qu’il soit chassé de la table font de lui un petit garçon de tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Il grimpe dans un arbre, ce qui n’a rien non plus de surnaturel, la seule différence étant que lui, décidera de ne jamais en redescendre. Il faut se souvenir qu’à la fin du XVIIIème siècle, le nord de l’Italie et la région d’Ombreuses était une des régions les plus densément boisées en Europe, ce qui lui permet de parcourir beaucoup de distance.

 

Son parcours initiatique passe ainsi par la vie sur les arbres et la découverte du monde par un jeune homme de douze ans qui décide de se couper de sa famille et de son monde pour aller en découvrir, en explorer un autre. C’est ainsi que Côme, courageux vivra toujours dans les arbres, ne mettant plus jamais pied à terre. Ce qui était un défi à l’autorité va devenir un mode de vie, et une opposition au mode de vie du reste du monde, de toute la société.

 

On retrouve le côté roman initiatique par le fait que Côme va se forger un mode de vie, une culture, apprendre à chasser, lire, rencontrer des gens et devenir tout à fait autonome. Son évolution se fait progressivement, puis on le retrouve suite à une ellipse où l’on ne retrouve quasiment adulte. Avec tout ce qu’il lit « au fur et à mesure qu'ils lui parvenaient par un libraire de Livourne ». Son parcours ne s’arrête pas là puisqu’il entretient des relations épistolaires avec Voltaire et Rousseau dont il a lu tous les ouvrages et qui se sont penchés sur son mode de vie unique. On voit ainsi un parallèle entre les idéaux de l’époque des Lumières en Europe et la culture et l’instruction du héros.

 

Côme, personnage principal est ainsi tout de suite présenté en héros par le narrateur omniscient qui est son petit frère, qui l’admire et qui en fait un quasi sur homme, le présentant comme un homme fort, intelligent, agile et sûr de lui. Calvino écrit à propos de Blaise : « Pour corriger mon élan trop vif à m'identifier au héros, j’ai créé un narrateur au caractère antithétique de celui de Côme, un frère posé et plein de bon sens. » La volonté de Côme est de trouver « une voie vers une complétude non individualiste à atteindre à travers la fidélité à une autodétermination individuelle », ce qui renforce son côté héroïque, indépendant, fort, et ce qui oppose encore plus les deux personnages.

Ses nombreuses rencontres, ses combats, ses idéaux, son adhésion aux francs-maçons, son histoire d’amour avec Violette, tout cela constitue autant d'éléments de son parcours initiatique, et de son évolution, de son éducation et de sa vie d’adulte.

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