Le baron perché

par

Un roman d'aventures précis et réaliste.

Le roman d’aventures reste réaliste dans un certain sens, avec une description précise de tous ses mouvements, des paysages et des villes qu’il parcourt, des personnes qu’il rencontre et du cadre général en concordance avec son époque. En effet, face à tel défi le lecteur se demande dès le départ comment le héros parviendra-t-il à conserver ce mode de vie, et combien de temps. Pourtant l’auteur parvient à exprimer tout cela de manière logique et réaliste. c’est comme si ce mode de vie était possible. Par ailleurs, l’auteur lui-même, Calvino explique qu’en partant d’une image de départ, il avait construit toute « une histoire qui se souciait de rendre justifiable et vraisemblable jusqu'à l'irréalité de la trouvaille initiale », à partir  d’« un paysage et une nature, certes imaginaires, mais décrits avec précision et nostalgie». Il concluait : « En somme, j’avais fini par prendre goût au roman, dans le sens le plus traditionnel du terme ». Ce qui semble expliquer le concept du roman et l’importance des détails comme la région, dont on disait à l’époque « un singe parti de Rome pouvait arriver en Espagne sans toucher terre, rien qu'en sautant d'arbre en arbre ».

 

Côme vit de nombreuses aventures, comme la chasse, la fabrication de systèmes hydrauliques du haut de ses arbres pour prévenir les incendies, travailler à la taille d’arbres, ou encore la rencontre de Jean-Des-Bruyères, un brigand en fuite qu’il parvient à faire arrêter ses méfaits, en lui préconisant de la lecture. Il va aussi rencontrer une colonie d’exilés espagnols, qui comme lui sont contraints de vivre dans les arbres. En vivant d’arbres en arbres, il séduit de nombreuses jeunes femmes qui apprécient ce mode de vie original, Côme mène une vie assez libertine du point de vue amoureux, due aussi à ses nombreux voyages.

 

Mais Côme va aussi mener une bataille contre des barbares qui avaient enlevé son oncle musulman et se battra contre un jésuite afin de le retrouver. Il mènera de nombreuses autres batailles, car s’il vit dans les arbres, il ne se désintéresse pas pour autant à la vie de ses concitoyens, qui le considèrent peu à peu comme le héros venu des airs : il mène la révolte du village d’Ombreuses contre les impôts ( la Dime : un impôt que l’on payait aux seigneurs ), alors que lui-même faisait partie de la noblesse, impôts qu’ils jugent trop élevés, ce qui est très proche de la réalité en France, où le tiers état avait demandé des états généraux pour obtenir l’égalité de tous devant l’impôt. Il est généreux et bon : « Lorsqu'on ne vit que pour soi, on voit le plus souvent les gens sous leur autre face, celle qui nous force à tenir constamment la main sur la garde de notre épée ». La volonté de l’auteur était d’en faire une réflexion sur la relation des citoyens entre eux, de leurs liens à la société, et donc pas d’exclure le héros de cette société : « Était-ce l'histoire d'une fuite des rapports humains, de la société, de la politique? Non, cela aurait été trop évident et futile : le jeu ne commençait à m'intéresser que si je faisais de ce personnage qui refuse de marcher sur la terre comme les autres non pas un misanthrope mais un homme continuellement dévoué au bien du prochain, inséré dans le mouvement de son temps, qui entend participer à chaque aspect de la vie active : du progrès des techniques à l'administration locale, à la vie galante. »

 

Alors que la France envahit le nord de son pays, l’Italie, lui et ses troupes aident les français pour faire plier le pouvoir en place. Toutes ces batailles et ces événements donnent l’effet de réel au roman car c’était l’époque de la révolution française, des campagnes napoléoniennes à la fin du XVIIIème siècle pour le compte de la révolution en Italie entre autres, la fin de la guerre de succession en Autriche, le déclin progressif de la noblesse en Europe ( d’où l’unique souci du père de Côme de devenir Duc ). L’auteur lui-même explique qu’il cherchait une époque et un lieu donnant du réalisme à son ouvrage : « Cherchant une époque écoulée pour y situer un improbable pays recouvert d'arbres, je m'étais laissé prendre par le charme du dix-huitième et de la période de bouleversement entre ce siècle et le suivant. Voici que le protagoniste, surgissant du cadre burlesque de l'Histoire, venait à moi revêtu d'un portrait moral, avec des traits culturels bien définis ; les recherches de mes amis historiens, sur les penseurs des Lumières et les jacobins italiens, constituaient un précieux aiguillon pour l'imagination. »

Il lui arrivera de nombreux événements, comme l’adhésion aux francs-maçons.

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