Le Capitaine Fracasse

par

Un roman de cape et d’épée dont la fantaisie est remarquable

Le Capitaine Fracasse offre toutes les caractéristiques du genre romanesque que l’on appelle « roman de cape et d’épée ». Le roman se passe en France, sous le règne de Louis XIII, qui a été roi de 1610 à 1643. Dans le roman, on découvre un jeune noble, le baron de Sigognac, fort d’un certain esprit chevaleresque et d’un courage important, bien qu’il ne soit pas l’archétype du héros chevalier. Il a tout de même quelques similitudes avec D’Artagnan : il est gascon d’origine, il est chevalier et vit à la même époque. De plus, c’est un chevalier, de la petite noblesse, qui met ses talents à l’épée au service d’une noble cause : il défend les plus faibles et se bat pour ce qu’il pense être juste. On retrouve également, dans son attitude, l’importance de l’honneur, des combats et une volonté de se battre avec courage. Cet esprit chevaleresque est accentué par une histoire d’amour :

un soir, en plein hiver, alors qu’il s’ennuyait seul avec un vieux serviteur dans son château (un manoir en ruines dans la région des Landes entre Dax et Mont de Marsan), il rencontre une troupe de comédiens ambulants qui lui demande l’hospitalité, ce qu’il leur offre : « Qui pouvait à cette heure venir troubler la solitude du manoir et le silence de la nuit ? Quel voyageur malavisé heurtait à cette porte qui ne s'était pas ouverte depuis si longtemps pour un hôte, non par manque de courtoisie de la part du maître, mais par l'absence des visiteurs ? Qui demandait à être reçu dans cette auberge de la famine, dans cette cour plénière du Carême, dans cet hôtel de misère et de lésine ? ». Dans cette troupe, il y a Isabelle. Immédiatement le baron tombe amoureux de cette jolie jeune femme qui est comédienne. Isabelle, à son tour, tombe amoureuse de Sigognac. On a ici une histoire d’amour un peu bancale mais attachante. Ainsi, pour rester avec elle et la séduire, le baron va suivre cette troupe et voyager avec elle, vivant diverses aventures.

Un autre élément qui caractérise le genre du roman de cape et d’épée peut se retrouver dans le roman : les duels et autres affrontements. En effet, le baron n’est pas le seul à être tombé sous le charme d’Isabelle. Le duc de Vallombreuse – très beau jeune homme fortuné – est l’un des soupirants de la jeune femme : le baron devra alors faire preuve de courage et d’esprit chevaleresque pour sauver celle qu’il aime. Le duc de Vallombreuse rencontre la troupe de comédiens à Poitiers et va courtiser Isabelle. Le baron, ne supportant pas la situation, et voulant défendre son amour et son honneur le provoque en duel et le blesse. Sigognac étant très doué avec les armes gagnera tous les duels qu’il provoquera ou dans lesquels il sera provoqué. On assiste ensuite à un autre affrontement : Isabelle, enlevée par le duc qui l’emmène à Paris, est sauvée par ses amis et par le baron qui l’on cherchée. Cependant, l’on apprend que le duc n’est autre que son frère et qu’elle est vouée à devenir comtesse selon la décision de son père.

Enfin, dernier élément distinctif de ce type de roman, on retrouve une fin heureuse : Isabelle et Sigognac se fiancent, ils partent vivre dans son manoir dont la rénovation est prise en charge par le père d’Isabelle. Le château reprend vie et la lignée noble des Sigognac, qui était en train de s’éteindre est relancée.

Par ailleurs, si le roman est bel et bien un roman de cape et d’épée, certains éléments paraissent fantaisistes : le héros – le baron de Sigognac – bien que venant d’un rang élevé de la noblesse, tombe amoureux d’une femme qui n’est pas de son milieu puisqu’elle n’est que comédienne. Mais ce qui est le plus surprenant, c’est qu’il délaisse son logis pour devenir, à son tour, comédien dans la troupe ambulante qu’il suit. En effet, un soir, l’un des membres de la troupe meurt de froid et l’on doit le remplacer : c’est ainsi que le poste est proposé au baron, qui accepte et qui prend le nom de scène de « Capitaine Fracasse », ce qui éclaire, pour le lecteur, le titre du roman. (Il faut garder à l’esprit que pour écrire ce roman, Théophile Gautier s’est inspiré, voire à pastiché le Roman comique de Paul Scarron, roman narrant les aventures d’une troupe de comédiens.)

Un autre point qui peut paraître un peu fantaisiste se trouve dans le fait que le Capitaine Fracasse – qui a depuis longtemps, voire toujours vécu seul – ne devait pas avoir beaucoup d’activités lors de ses journées avant de rencontrer la troupe. En effet, on souligne son ennui, ce qui justifie la facilité avec laquelle il quitte tout pour suivre la troupe. De fait, il parait surprenant qu’il soit si doué au combat et qu’il manie si bien l’épée alors qu’il est seul le plus souvent. Le lecteur ne sait pas s’il s’est entrainé plus jeune ni même si cette habileté est justifiée.

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