Le Capitaine Fracasse

par

Une écriture flamboyante

Théophile Gautier a écrit ce roman à la fin de sa carrière tandis qu’il était bien établi dans le milieu littéraire, il n’avait alors plus rien à prouver. De nombreux jeux de mots insolites sont présent dans le roman, comme avec cette expression : « il avait la poignée de main aussi froide que celle d’un serpent » , le lecteur comprend bien ce que l’auteur veut faire ressentir mais elle est difficile à se figurer. Globalement, Gautier est un  « maitre des mots » et ses œuvres sont très riches d’un point de vue lexical.

Les longues descriptions, symptomatiques de l’époque des romans du XIXe siècle rappellent,

par leur richesse, leur abondance, et leur longueur, que ce roman fut publié en feuilletons au départ. Il est important de souligner que les auteurs étaient payés à la ligne, ce qui peut justifier un vocabulaire riche et ces longues descriptions. Par ailleurs, les retournements de situation sont le plus souvent peu surprenants et prévisibles, la psychologie des personnages est, quant à elle, somme toute plutôt sommaire : en effet, ils sont assez caricaturaux et simples, tels les personnages des troupes de théâtre, ou de la comédie italienne. Si l’ensemble est assez prévisible, le langage et les aventures de chacun, et la justesse de l’arrivée des personnages, entourant toujours les deux personnages principaux en font un roman très bien construit, et surprenant dans l’enchainement des événements.

Ce roman, qui est un hommage à l’époque des chevaliers, vêtus de capes et d’épées, est aussi un hommage au théâtre et à tous les comédiens, notamment aux troupes ambulantes qui, sans être riches, travaillaient dur et parcouraient de nombreux kilomètres chaque jour pour distraire les villages de la France entière : « En effet, le théâtre n'est-il pas la vie en raccourci, le véritable microcosme que cherchent les philosophes en leurs rêvasserie hermétiques ? Ne renferme-t-il pas dans son cercle l'ensemble des choses et les diverses fortunes humaines représentées au vif par fictions congruentes ? Ces tas de vieilles hardes usées, poussiéreuses, tachées d'huile et de suif, passementées de faux or rougi, ces épées à l'antique au fourreau de cuivre, à la lame de fer émoussé, ces casques et diadèmes de forme grégoise ou romaine ne sont-il pas comme la friperie de l'humanité où se viennent revêtir de costumes pour revivre un moment, à la lueur des chandelles, les héros des temps qui ne sont plus ? ». Les comédiens faisaient partie de la vie de l’époque et assuraient le spectacle auprès de la population. 

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