Le Crime du Golf

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Résumé

Le Crime du golf, roman publié en 1923, a pour protagoniste Hercule Poirot, le célèbreinspecteur belge à moustaches et à la tête ovoïde. Il est secondé dans sesrecherches comme de coutume par son ami et colocataire Hastings, en outre secrétaired’un député.

 

L’histoire commence lorsque Hastingsfait la connaissance dans le train en provenance de Paris d’une mystérieusejeune fille qui prétend s’appeler Cendrillon et avoir perdu sa sœur unique. Ilsse séparent à l’arrivée du train et Hastings rejoint Londres où il retrouvePoirot chez eux. Celui-ci découvre en ouvrant le courrier une lettre d’un richepropriétaire installé en France qui le supplie de venir à Merlinville, près deCalais, au plus vite, car il pense que ses jours sont menacés. La lettre faitégalement allusion à la ville de Santiago et indique que l’enquête qu’il compteconfier à Poirot l’emmènera en Amérique du Sud à la recherche d’informations.

Poirot et Hastings voyagent donc jusqu’àMerlinville. Avant d’arriver à la propriété de leur futur client, ilsaperçoivent sur le pas d’une porte la voisine de celui-ci, une jeune fille dontHastings remarque la beauté et Poirot le regard inquiet. Arrivés à la demeurede l’homme qui les a fait appeler, M. Renauld, ils apprennent que celui-civient d’être retrouvé mort, poignardé dans le dos, au fond d’une tombefraîchement creusée sur le chantier du terrain de golf à proximité de samaison.

Le commissaire français chargé del’enquête, M. Bex, est une vieille connaissance de Poirot et l’invite donc àapporter son aide. Est également présent M. Hautet, juge d’instruction, etM. Durand, le médecin légiste. Celui-ci apprend à Poirot que la mort asans doute eu lieu entre minuit et trois heures du matin, mais que letémoignage de la veuve le situe plus précisément à deux heures. D’aprèscelle-ci, elle se serait réveillée en pleine nuit pour trouver auprès d’elledeux hommes parlant espagnol, l’un grand et l’autre petit, aux grandes barbes,qui auraient enlevé son mari après l’avoir elle-même ligotée. Son mari enpartant lui avait promis de revenir rapidement. D’après elle, les deux hommesexigeaient de son mari qu’il leur confie un secret. Or la lettre envoyée àPoirot faisait également mention d’un secret dont M. Renauld aurait été leporteur et qui était la raison de son anxiété.

Poirot et les représentants de la policeprocèdent alors à l’interrogatoire des employés de maison. Françoise Arrichet,la gouvernante, raconte qu’elle a fermé la porte d’entrée comme à son habitudeavant d’aller se coucher, mais que M. Renauld recevait régulièrement lesvisites d’une dame tard le soir, dame qu’elle identifie comme étant MmeDaubreuil, la voisine, mère de la jeune fille aperçue par Poirot et Hastings àleur arrivée. Françoise sous-entend que M. Renauld et Mme Daubreuil entretenaientune liaison, et que M. Renauld aurait donné de l’argent à sa maîtresse.Néanmoins, elle indique que la femme venue la veille était une autre personne,car elle parlait anglais. Celle-ci a quitté les lieux à dix heures vingt-cinq.

Ils interrogent ensuite Léonie Oulard,femme de chambre, en pleine crise de larmes, puis Denise, sa sœur, qui confirmela venue de la dame anglaise et qui à son départ a dit à M. Renauld : « oui,oui, mais pour l’amour de dieu, partez maintenant ». Les deux compagnonsapprennent également que le chauffeur a été congédié pour la semaine.

En fouillant dans les papiers de M.Renauld une lettre d’amour en anglais signée « Bella » est découverte.Bex indique ensuite à Poirot le contenu du testament de Renauld : hormis millelivres léguées à son secrétaire, M. Stonor, l’intégralité de sa fortune revientà sa femme. Le testament a été rédigé une quinzaine de jours plus tôt. Sous letapis du bureau de la victime, Poirot découvre un fragment de chèque à l’ordrede « Duveen ». Françoise confirme avoir trouvé un chèque déchiquetélorsqu’elle a fait le ménage plus tôt, et avoir brûlé les morceaux de papier.

Les hommes vont ensuite observer lecadavre, dont le visage indique clairement la surprise. Ils considèrentégalement l’arme du crime, un coupe-papier très tranchant, sans la moindreempreinte digitale. Poirot remarque également que le pardessus que porte lemort semble un peu trop long pour lui.

Ils vont ensuite interroger la veuve.Celle-ci donne son témoignage et indique qu’elle ignorait que son mari avaitécrit une lettre à Poirot peu de temps avant sa disparition. Elle répète quel’enlèvement a eu lieu à deux heures. Cependant, sa montre de poignet briséedans l’agression indique sept heures. Elle dit également ne connaître personnedu nom de Bella Duveen, ignorer que son mari avait reçu la veille la visited’une dame, mais reconnaît le coupe-papier comme étant un cadeau de son fils,que celui-ci avait fait faire sur mesure à partir d’un morceau de fuselaged’avion, comme un souvenir de guerre. Elle explique que son fils, Jack, estactuellement en route pour Buenos Aires, où son père l’a fait embarquéd’urgence. Jack devait prendre la veille le bateau de Cherbourg, pour se rendreensuite à Santiago.

Poirot vérifie la gravité des blessureslaissées sur les poignets de la veuve par les liens. Ensuite, amenée devant lecadavre de son mari, celle-ci s’évanouit. Dans le jardin, Poirot examine desempreintes dans un massif de fleurs mais Bex lui indique qu’il s’agit seulementdes traces de pas laissées par le jardinier, Auguste. Menés sur le lieu ducrime, Poirot et Hastings font la rencontre de Giraud, l’inspecteur françaischargé de l’affaire, lequel exprime clairement son hostilité à l’égard dudétective belge. Là, ils apprennent que la tombe a été creusée avec la proprebêche de Renauld, et aussi que la tombe, située au beau milieu du chantier duterrain de golf, ne pouvait manquer d’être découverte très rapidement, et avecelle le corps. Poirot découvre un tuyau de plomb à proximité du corps, ce quisemble n’intéresser aucun de ses collègues. Il vérifie ensuite que les tracesqu’il a trouvées dans les massifs correspondent bien aux chaussures dujardinier. C’est bien le cas mais il explique à Hastings que cela ne supposepas nécessairement que ce soit le jardinier qui les ait faites.

Ils apprennent ensuite que Renauld avaitversé quatre mille livres à Mme Daubreuil en plusieurs versements, ce quireprésente une somme considérable. Ils se rendent alors chez Mme Daubreuil, quidéclare ne rien savoir du danger qui pouvait menacer Renauld, et se scandaliseà l’idée d’être soupçonnée d’avoir été la maîtresse du défunt. En secret, safille demande à Poirot sur qui se portent les soupçons de la police. Enpartant, Poirot révèle à Hastings que le visage de Mme Daubreuil lui est trèsfamilier et lui rappelle une ancienne affaire de meurtre.

Le lendemain, tandis que Poirot estparti enquêter de son côté, Hastings retrouve la Cendrillon du train, laquellelui demande de la faire pénétrer sur la scène du crime, invoquant sa curiosité.Celui-ci hésite mais accepte. Néanmoins, dès qu’elle aperçoit l’arme du crimeconservée dans un bocal, elle s’évanouit et demande à partir. Elle disparaîtensuite à nouveau, après avoir indiqué à Hastings le nom de l’hôtel où elleréside. Celui-ci rejoint alors Poirot ; Giraud leur montre un mégot et uneallumette, tous d’eux d’origine sud-américaine, qu’il a trouvés sur les lieuxdu crime. Poirot lui demande alors si l’affaire en cours ne lui rappelle pasune autre, presque exactement la même, qui a été commise des années plus tôt.Giraud déclare l’ignorer. Poirot explique alors qu’un meurtrier procèdetoujours de la même façon.

Arrive alors M. Stonor, le secrétaire dela victime. Celui-ci révèle que son employeur était très inquiet récemment. Ildit également que celui-ci était canadien français, et que le nom « BellaDuveen » lui rappelle vaguement quelque chose. Il se montre totalementopposé à l’idée que Renauld ait pu avoir une maîtresse, arguant qu’il le connaîtbien et qu’il l’a toujours considéré comme profondément épris de son épouse. Ilexplique que les sommes versées par Renauld à Mme Daubreuil n’étaient en aucuncas des témoignages d’amour, mais uniquement les traces d’un lourd chantage quecelle-ci exerçait sur son employeur. Il est très surpris d’apprendre que cedernier a modifié son testament très récemment. Il affirme également que lechauffeur congédié est au-dessus de tout soupçon.

Ils vont alors ensemble trouver la veuvepour lui demander ce qu’elle savait du passé de son mari. Celle-ci affirme quece passé n’avait rien de très romanesque. Quand on lui demande si Renauld avaitune aventure avec Mme Daubreuil, elle éclate en sanglots et dit que c’estpossible.

Arrive alors Jack, le fils du couple,sosie de son père en plus jeune. Celui-ci explique sa venue par le fait que sonembarquement a été retardé et qu’il a donc eu connaissance de la mort de sonpère par les journaux. Apprenant ceci, la veuve semble s’inquiéter maiss’apaise très vite. Jack explique aux inspecteurs n’avoir aucune idée du motifpour lequel son père souhaitait l’envoyer à Santiago. Jack affirme égalementavoir eu de bonnes relations avec son père, mais admet qu’ils avaient traverséune violente dispute avant son départ, au cours de laquelle il avait souhaité àvoix haute la mort de son père. Il refuse de donner la raison de cette disputemais Poirot la devine et la révèle : le jeune homme était amoureux de MartheDaubreuil et son père s’opposait à cette union. On demande alors au jeune hommesi le nom de « Duveen » lui est familier mais il répond par lanégative et s’étonne de la présence de la lettre d’amour dans les affaires deson père. Il est également très choqué d’apprendre que son père a été tué aumoyen du coupe-papier qu’il avait lui-même offert à sa mère. On apprend alorsque l’arme du crime a été dérobée. Hastings avoue avoir introduit Cendrillonsur la propriété et ignorer le véritable nom de la jeune fille. Tous seséparent mais auparavant, Poirot mesure la longueur du pardessus de Jack.

Poirot part alors pour Paris, laissantHastings seul. Celui-ci se rend à l’hôtel que lui a indiqué Cendrillon pour y découvrirqu’elle n’y est pas, et que Poirot est passé avant lui. En rentrant, ilsurprend une conversation entre Jack et Marthe Daubreuil. La jeune filledéclare être inquiète pour son amant. La conversation est également entenduepar Giraud. Hastings va se baigner, et apprend à son retour qu’un second corps,poignardé par la même arme, vient d’être retrouvé dans la cabane à outils.

Hastings se rend seul sur le lieu ducrime puisque Poirot est toujours à Paris. Il retrouve Giraud qui lui explique quel’homme a été poignardé en plein cœur, la veille, et qu’il a été déplacéjusqu’à la cabane à outils mort. Giraud lui fait également remarquer que lesmains du défunt sont celles d’un travailleur et qu’il porte pourtant desvêtements chics, et semble donc déguisé. Mme Renauld, convoquée, affirme ne pasreconnaître cet homme, qui ne peut donc être un de ses agresseurs. MmeDaubreuil, également convoquée, nie le reconnaître, malgré la présence d’uncheveu qui semble lui appartenir enroulé autour de l’arme du crime.

Hastings se rend alors à la gare pourchercher Poirot qui rentre de Paris, et interroge le porteur de bagages, quiaffirme que Jack est rentré par le train à Merlinville la veille du meurtre deson père. Il retrouve alors Poirot à qui il annonce le second meurtre ;celui-ci est d’abord surpris mais lui décrit finalement le crime en détail.Hastings est bluffé par la déduction de son ami.

Une fois devant le cadavre, Poirotremarque que celui-ci montre les signes d’une crise épileptique, et en déduitque l’homme était déjà mort lorsqu’il a été poignardé, et que sa mort remonte àplusieurs jours. Il montre ensuite à Hastings la photo d’une femme ressemblanténormément à Mme Daubreuil, et lui explique qu’il s’agit de Jeanne Beroldy,dont le cas a défrayé la chronique vingt-deux ans plus tôt. Celle-ci, marié àun homme plus vieux qu’elle à Paris, avait suscité la passion d’un homme dénomméGeorges Conneau. Elle devint ensuite l’amante du riche Hiram P. Trapp. On ladécouvrit quelque temps plus tard ligotée dans sa chambre, près du cadavrepoignardé de son époux, et l’explication qu’elle donna était exactement la mêmeque celle de Mme Renauld après la mort de son époux, à ce détail que lesagresseurs, dans ce cas, étaient russes. Elle fut donc arrêtée et accusée dumeurtre, qu’elle ne cessa de nier. Finalement, Georges Conneau se livra à lajustice, affirmant être l’auteur du crime à l’instigation de Mme Beroldy, etn’avoir découvert que par la presse l’aventure de la femme qu’il aimait avec unautre. Mme Beroldy confirme alors cette histoire et justifie l’accusation deConneau par le fait qu’elle avait ensuite refusé de le revoir. Elle est libéréeet Conneau échappe à la justice.

Poirot a alors un entretien avec Jack,qui lui avoue avoir été présent la veille du meurtre de son père, car ilvoulait rendre une dernière visite à Marthe Daubreuil, sa fiancée. Poirot luiconfie une mission imaginaire pour l’éloigner. En son absence, Poirot enprofite pour interroger Marthe, qui confirme savoir que Jack était présent cesoir-là, mais ne précise pas qu’ils se sont vus. Poirot fouille les affaires deJack lorsque Giraud réapparaît, ayant capturé celui-ci, qu’il accuse dumeurtre.

Poirot, seul avec Hastings, se livre àune grande réflexion et finit par arriver à la conclusion suivante : GeorgeConneau et M. Renauld sont la même personne. Celui-ci, après s’être enfui, afait fortune au Canada où il est tombé amoureux de son épouse. Rentré enFrance, le hasard veut qu’il s’installe tout près de là où vit sa pire ennemie,Mme Daubreuil, laquelle s’empresse de le faire chanter. Il prévoit alors sadisparition déguisée en assassinat, ce qui est la raison pour laquelle ilmodifie son testament afin de donner après sa mort les pleins pouvoirs à saveuve qui doit le rejoindre dans sa fuite. Ayant prévu de présenter le cadavred’un autre comme le sien, il congédie son chauffeur et son fils afin que seulsa femme se charge de la reconnaissance du corps, qu’ils prévoyaient de toutefaçon de défigurer au moyen du tuyau de plomb. Un vagabond meurt alors d’unecrise d’épilepsie sur sa propriété. Il saisit donc cette opportunité et agitimmédiatement. Il habille le cadavre de ses propres vêtements, lui plonge lecoupe-papier dans le cœur, puis une nuit, il ligote sa femme, creuse sa tombeet s’apprête à quitter Merlinville par le dernier train de nuit. C’est pourquoiil était tellement pressé que Bella Duveen parte : parce qu’il ne voulait pasmanquer le train, déguisé en vagabond. Mais c’est alors qu’il est assassinépour de bon sur le lieu de son imposture.

Poirot explique également à Hastings queselon toute possibilité, il existe plusieurs coupe-papiers identiques, et queRenauld et le vagabond ont donc été poignardé avec deux armes distinctes. Lesdeux amis rendent alors visite à un imprésario, car Poirot est sûr que BellaDuveen appartient au monde de la scène. Celui-ci le lui confirme et lui apprendqu’elle est l’une des deux sœurs composant le spectacle des Dulcibella Kids.Ils vont donc ensemble assister à l’une de leurs représentations et Hastings reconnaîtCendrillon en l’une des deux sœurs. Troublé, il quitte la salle ; la jeunefille vient le retrouver. Il est persuadé qu’elle est Bella, et donc qu’elleest l’auteure du crime du père, qui visait le fils, puisque Bella avait uneaventure avec Jack qu’il souhaitait rompre pour s’engager avec MartheDaubreuil. Hastings avoue son amour à la jeune fille qui y répond. Poirot lesdécouvre et Hastings permet à la jeune fille de s’échapper en retenant Poirot.

Hastings est décidé à mentir pourfournir un alibi à Cendrillon. Poirot lui rappelle qu’agir ainsi condamneraitJack qui est pourtant innocent. Marthe écrit à Poirot pour le supplier desauver son fiancé. Elle admet savoir la vraie identité de sa mère. Poirot écrità Cendrillon qui se déplace afin de lui apporter un des coupe-papiers, quiétait en la possession de sa sœur. Apparaît alors une jeune fille qui ressembleterriblement à Cendrillon ; il s’agit de sa sœur jumelle, la vraie Bella, quivient se livrer à la police pour le meurtre de Renauld. Hastings reçoit unelettre de Cendrillon, qui s’appelle en réalité Dulcie, qui lui raconte lapassion de sa sœur pour Jack.

On apprend alors que la nuit du meurtre,Jack a trouvé Bella devant le cadavre de son père, et l’a donc soupçonnée, puiss’est laissé accuser pour la sauver. Libéré, il court retrouver Marthe maisapprend aussitôt que sa mère le déshérite, puisque c’est par sa faute que sonpère a été tué. Il se réfugie alors chez les Daubreuil.

Poirot se poste avec Hastings àproximité des deux maisons afin d’épier. Il surprend alors Marthe se glissantdans la chambre de Mme Renauld pour la tuer ; celle-ci n’échappe à la mort quegrâce à Cendrillon, plus rapide que Poirot pour escalader la façade. Marthe seheurte la tête dans la lutte et meurt. Poirot révèle alors que celle-ci est lameurtrière de M. Renauld, tué afin que son fils hérite et qu’elle puisseépouser un homme riche. Le meurtre prévu de Mme Renauld avait le même motif,suite à la modification du testament et la menace de la déshériter. Or cettemenace était une manipulation imaginée par Poirot avec l’aide de Mme Renauldafin de pousser Marthe à commettre une erreur. Pour finir, Jack avoue qu’il atoujours des sentiments pour Bella et Poirot l’encourage à partir à sarecherche et à renouer avec elle. Hastings, quant à lui, commence une histoireavec Cendrillon / Dulcie.

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