Le Gone du Chaâba

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Résumé

Le Chaâba, c’est un bidonville sur les rives du Rhône, entre Villeurbanne et Lyon. Azouz est un enfant d’origine algérienne, mais aussi un « gone », c’est-à-dire un gamin de Lyon. Il vit au Chaâba avec sa famille, sa grande sœur Zohra et son grand frère Moustaf. Il y a aussi sa mère, Massaouda, et son père, Bouzid, le maître du Chaâba. C’est lui qui a fait venir d’autres familles d’El-Ouricia, près de Sétif en Algérie, dont celle de son frère Saïd. Azouz vit donc en contact permanent avec ses cousins, son oncle, sa tante Zidouma, épouse de Saïd, et d’autres enfants aussi vivants et turbulents que lui.

Les conditions de vie dans le bidonville sont très dures : il n’y a pas d’électricité, pas d’eau courante – l’eau est directement puisée dans le Rhône par une pompe. Les toilettes, communes à tous, ne sont qu’un bidon dans un trou. On dort sur des matelas posés au sol, la salle de bain est une cuvette. Mais il y a de la vie, des rires, des cris d’enfants, des jeux. Quand passe le camion poubelle qui vient déverser ses ordures non loin de là, c’est la fête : les enfants courent pour aller fouiller les immondices à pleines mains, chasser des trésors qui seront récupérés puis réutilisés ou vendus.

La misère des familles est criante : les pères travaillent sur de lointains chantiers ou en usine, et les enfants essaient de rapporter quelques sous en travaillant sur le marché voisin le samedi matin. Il y a des disputes, bien sûr, notamment entre la mère d’Azouz et Zidouma ; mais le soir, les hommes forment un cercle autour d’une radio et fument longuement en écoutant la musique qui leur vient d’Afrique du Nord. On partage le peu que l’on a, on mange du couscous, de la galette, et la vie des enfants est malgré tout pleine de jeux.

Bien sûr, il y a aussi l’école. Azouz est en CM1, son maître se nomme M. Grand. Chaque matin, les élèves écoutent une leçon de morale, et Azouz peut mesurer la distance qui le sépare, lui petit Arabe, des Français de la classe : ils ne vivent pas de la même façon. Mais Azouz veut apprendre, il aime savoir, et décide un jour que lui aussi peut être un bon élève. Il quitte le fond de la classe et s’installe au premier rang. Son père est un homme dur, mais il veut que ses enfants travaillent à l’école, pendant que lui travaille dix heures par jour. C’est grâce à l’école que ses enfants éviteront de travailler eux aussi à l’usine ou sur un chantier. Alors les belles performances scolaires d’Azouz sont bien accueillies à la maison. Cependant, il n’en est pas de même avec les autres enfants du Chaâba : si Azouz a de bonnes notes, c’est qu’il trahit sa communauté. Pourquoi n’est-il plus dans les derniers, comme les autres ? Ses amis lui reprochent d’être devenu un Français. Azouz est déchiré entre son désir de grandir et la fidélité au milieu dont il est issu.

C’est à ce moment qu’une descente de police affole le bidonville : on recherche une boucherie clandestine. Bien innocemment, c’est Azouz qui indique à un inspecteur le lieu de dépeçage des moutons. Le boucher, c’est son oncle Saïd. Le nom de ce dernier et celui du père d’Azouz se retrouvent dans le journal : un sentiment de déshonneur saisit la famille mêlé à la crainte de l’expulsion. Bouzid est furieux contre son frère, une terrible dispute entre les deux familles éclate et Bouzid chasse son frère et sa famille de la communauté. C’est le début de la fin du Chaâba. Une à une, les familles désertent le bidonville pour aller habiter en ville, dans des appartements plus sains, plus propres, plus confortables, si bien qu’un jour, la famille Begag se retrouve seule au Chaâba. À la maison, l’atmosphère devient particulièrement triste. Poussé par ses enfants, sa femme, et décidé par la visite de son ami Bouchaoui, Bouzid accepte de quitter le Chaâba et d’aller habiter en appartement.

La famille déménage pour le centre de Lyon, à deux pas de la Croix-Rousse, au cœur d’un vieux quartier peuplé de familles d’origine algérienne. Ils ont l’eau courante, l’électricité, des meubles d’occasion mais modernes, et même la télévision. Azouz est maintenant en CM2 et se sent seul dans sa nouvelle école. De plus, sa nouvelle institutrice, Mme Valard, ne l’aime pas. Pour être accepté des deux bons élèves qu’il rencontre à la rentrée, Azouz se fait même passer pour juif. Mais sitôt sorti de l’école, il retrouve son monde et ses amis, dont certains habitaient le Chaâba, et court à travers les traboules du vieux Lyon. À la maison, en revanche, tout ne va pas bien : la bruyante communauté que formait le Chaâba manque à la mère. Quant au père, il est rongé par la nostalgie de son royaume perdu. L’atmosphère est lourde, les coups pleuvent souvent sur la tête des enfants.

Les résultats scolaires d’Azouz ne sont plus aussi brillants, mais il parvient sans problème à entrer en classe de sixième, ce qui passe pour un exploit pour un enfant de son milieu. Il se sent très seul le jour de la rentrée, mais une merveilleuse surprise l’attend : sa route va croiser celle d’un professeur, M. Loubon, qui est lui-même né en Algérie. L’enseignant prend le garçon sous sa protection et l’encourage à poursuivre ses efforts ; il lui permet notamment d’obtenir des résultats brillants en français. À la fin de l’année, Azouz obtient la meilleure note en rédaction : lui, le petit Arabe, s’est montré meilleur que les petits Français !

Malheureusement, sa joie est de courte durée : le propriétaire de l’appartement qu’ils occupent a décidé de le vendre. La famille Begag doit à nouveau déménager, et tout recommencer : nouvelle maison, nouvel établissement scolaire, nouveaux amis, nouvelle vie. Et ils n’ont, hélas, pas d’autre choix. 

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