Le Guépard

par

« Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change »

Cette phrase, prononcée par Tancredi, reflète l'enjeu principal du roman : changer et vivre, ou rester tel quel et disparaître progressivement. Le roman analyse les deux alternatives : Tancredi représente l'aristocratie ayant accepté de changer et de vivre avec son temps, abandonnant les valeurs de pureté du sang pour des valeurs plus pragmatiques comme le succès et l'argent. La fille du Guépard, elle, représente le choix du passéisme, qui est certes beau et honorable, mais qui conduit la famille vers une fin triste et poussiéreuse. Ainsi, de nombreuses réflexions sur les différences sociales peintes par le narrateur parsèment le roman : l'ironie cinglante contenue dans une phrase telle que « Les Sedara qui ("ils ne le savent pas encore, les pauvres") étaient des gens à prendre à la lettre l'indication horaire écrite sur le carton glacé de l'invitation. » insiste sur la supériorité innée, aristocratique de la famille du Guépard qui connaissent les codes mondains. Cette aristocratie supérieure tremble pourtant devant le pouvoir grandissant de la bourgeoisie qui, elle, seule, a l'argent, et se voit contrainte de descendre de leurs sphères intouchables pour rentrer dans le monde et dans la trivialité des histoires d'argent. Leur piédestal se fissure au fil des pages, et la statue d'or se ternit pour finir par tomber : « Au-dessous de cet Olympe palermitain, les mortels de la maison Salina descendaient à la hâte, eux aussi, des sphères mystiques. ». Les personnages choisissent et incarnent différentes positions face à ce changement : alors que Tancredi suit le mouvement d'embourgeoisement, sa cousine refuse de changer, et le Guépard, lui, contemple cela du haut de ses étoiles, sans rien fait pour changer ou pour conserver ses privilèges (« Il...

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Dissertation à propos de Le Guépard