Le Guépard

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Un témoignage autobiographique ?

Lampedusa avoue s'être inspiré de son grand-père pour esquisser le portrait du Guépard : physiquement et moralement, les deux hommes - l'un fictif et l'autre réel - entretiendraient des liens forts. L'auteur s'attacherait ainsi à écrire non plus une fiction - même si son œuvre est un vrai roman - mais plutôt une « autofiction », qui mêle récit fictif et faits réels. Une réflexion telle que la suivante : « Il se demanda si sa propre mort ressemblerait à celle-là : probablement que oui, sauf que le linge serait moins impeccable (il le savait bien, les draps des agonisants sont toujours sales : la bave, les déjections, les taches de médicaments...) » propose une focalisation interne, et le narrateur connaît les pensées de ses personnages comme tout narrateur de roman. Pourtant, les thèmes, les événements et les lieux rapprochent l'histoire fictive de l'histoire réelle de la famille de l'auteur. En effet, les liens entre le roman et la famille de Lampedusa sont donc troublants : l'auteur avoue que les réflexions du Guépard sont souvent les siennes mêmes, et la figure de ce personnage a été largement inspirée de son arrière-grand-père. Synthèse d'une aristocratie idéale, et en même temps hybride par ses origines mixtes, le Guépard semble donc être une tentative pour saisir l'essence de l'aristocratie et de ses valeurs, tout en alourdissant le roman d'un ancrage autobiographique sauvant le roman de la pure allégorie. L'auteur fait donc état du déclin réel d'un temps, d'une classe sociale et de sa propre famille, se plaçant comme un spectateur de l'Histoire, à la fois objectif et subjectif.

Le Guépard peint ainsi la lente chute de l'aristocratie, et...

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Dissertation à propos de Le Guépard