Le hussard sur le toit

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Résumé

Nous sommes en 1832. Angelo Pardi, jeune colonel de hussards, originaire du Nord de l’Italie, est en fuite. Il est carbonaro, et lutte pour l’unité italienne. C’est pourquoi il a tué un officier autrichien, dont les troupes occupent son pays. Il aurait pu le faire assassiner au coin d’une ruelle, mais il a préféré le tuer au grand jour, au cours d’un duel loyal. Angelo aime ce genre de fait d’armes où il met en scène son authentique courage. Il traverse les Basses-Alpes à cheval pour rejoindre un ami conspirateur installé à Manosque. Mais la région est ravagée par une épouvantable épidémie de choléra qui provoque des centaines de victimes et tue sans distinction de classe ni de sexe. Les connaissances médicales de cette époque sont bien insuffisantes pour lutter contre la maladie et une terreur semblable à celle du temps de la grande peste médiévale règne sur la région écrasée par le soleil d’été.

Angelo est courageux mais sa bravoure est mise à rude épreuve quand il rencontre les cadavres des victimes du choléra : ils sont hideux, boursouflés, bleuis, la bouche emplie d’une sorte de liquide grumeleux qui ressemble à du riz au lait. Il croise la route d’un jeune médecin à qui il tente d’apporter un peu d’aide. Le courageux praticien a le temps de lui enseigner les quelques gestes qui, pense-t-il, peuvent sauver un malade avant de tomber lui-même victime du mal. Angelo inhume celui qu’il appelle le pauvre petit Français avant de reprendre la route de Manosque qu’il finit par atteindre malgré les chemins surveillés par des autorités qui tentent d’enrayer la propagation de l’épidémie.

Il parvient à s’introduire en ville et veut étancher sa soif à l’eau d’une fontaine. Il est très vite entouré par une foule agressive qui l’accuse d’être un individu chargé d’empoisonner les fontaines et de répandre ainsi le mal. Angelo prend la fuite, poursuivi par des hommes et des femmes en furie qui veulent le lyncher. Il lui faut quitter les rues inhospitalières et il trouve refuge sur les toits de la ville. Là, assis sur les tuiles desséchées, il assiste au macabre ballet des hommes chargés de ramasser les cadavres dans les rues et de les mener aux bûchers hors les murs de la ville. Cependant, il lui faut trouver à manger et surtout à boire. C’est dans ce but qu’il s’aventure dans des maisons qu’il suppose vides. Dans l’une d’entre elles, il rencontre une jeune femme seule, une marquise nommée Pauline de Théus, qui ne se montre nullement effrayée par l’aspect barbare d’un Angelo au visage mangé de barbe et vêtu de loques malodorantes. Elle lui prépare du thé, lui permet de se restaurer et lui procure des vêtements convenables. Angelo quitte la jeune femme ragaillardi, et repart sur les toits de Manosque.

Quand il finit par quitter son refuge, c’est pour arriver dans une église où il rencontre une vieille nonne très laide et très brusque, qui se dévoue aux mourants et aux morts. Angelo la suit et l’assiste dans sa sinistre et belle besogne, et côtoie alors une mort qui n’a rien de noble ni de beau, contrairement à la mort au combat (enfin, c’est ce qu’il imagine). Les autorités, dans une tentative désespérée pour enrayer la contagion, décident de faire évacuer la ville et d’installer la population dans les collines avoisinantes. C’est dans cet étrange campement qu’Angelo retrouve son ami Giuseppe, à la fois frère de lait, ordonnance et conspirateur. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, se disputent, s’aiment comme deux véritables frères. Cependant, ils ne peuvent demeurer dans le camp et décident de partir séparément vers un point de rendez-vous dans la Drôme voisine. En route, Angelo a la surprise de retrouver Pauline de Théus, partie rejoindre son mari près de la ville de Gap. Mais l’armée quadrille le département et les deux jeunes gens sont bientôt arrêtés et placés en quarantaine avec d’autres voyageurs. Ces points de quarantaine, loin d’être des lieux sûrs, sont en fait des mouroirs où l’on attrape la maladie plus facilement que partout ailleurs. Angelo et Pauline s’échappent et font route vers Gap, se nourrissant d’un mélange de polenta et de cassonade cuisiné par Angelo, ne buvant que du vin cacheté ou du thé préparé avec une eau longuement bouillie.

Les deux voyageurs cheminent prudemment, conversent, font petit à petit connaissance. Angelo décrit à Pauline son extravagante et riche mère, une Italienne noble qui a élevé seule son fils unique. C’est elle qui lui a acheté sa charge de colonel, et c’est sa propre bravoure et sa simplicité qui lui ont valu l’estime de ses hommes. Pauline, pour sa part, parle à Angelo de son vieux mari – quarante années séparent les époux – et de l’amour qui les unit malgré la différence d’âge. Ils cheminent prudemment, échappent à bien des dangers et même à une embuscade tendue par de fourbes villageois qui veulent les dépouiller. C’est l’occasion pour Angelo de découvrir le courage de Pauline qui fait face à leurs adversaires sans reculer.

Ils approchent du but, la demeure de Pauline, quand les symptômes de la maladie se manifestent chez la jeune femme. Elle est au bord de la mort. Faisant fi de toute pudeur, Angelo la déshabille et réchauffe son corps en le frictionnant toute la nuit auprès d’un grand feu qu’il a allumé. Il se désespère car la maladie est sans pitié. Quelle n’est pas sa joie quand arrive le matin, sans que la mort n’ait emporté Pauline. Elle vivra. Angelo a sauvé la jeune femme et la ramène en son logis auprès de son mari. L’amour naissant entre les deux jeunes gens a trouvé son exutoire dans cette nuit étrange. Pauline de Théus convalescente se remet lentement tandis qu’Angelo Pardi reprend la route vers la Drôme, à la recherche de Giuseppe et de nouvelles et dangereuses aventures.

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