Le hussard sur le toit

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Le mouvement Carbonaro dans l’œuvre

Le Carbonarisme, de son nom français « charbonniers », est un mouvement insurrectionnel créé en Italie au XIXème siècle. Ce courant défend des idéaux politiques et démocratiques, et demeure avant tout une société secrète, menacée des deux côtés par les conservateurs italiens et les envahisseurs autrichiens.

Alors qu’autour de l’année 1815, l’Italie est encore divisée en de nombreux royaumes, les carbonari ont pour but de créer une Constitution, qui unira l’Italie toute entière et la rendra beaucoup plus démocratique, ce qui n’est évidemment pas du goût des monarques de chaque royaume. Ce mouvement se propage ensuite en France autour de 1818 et active une insurrection, cependant réprimée, dans le royaume de Naples en 1820.

On peut caractériser le mouvement carbonaro comme étant profondément anticatholique, accusant l’Eglise de profiter de la division de pays afin d’en tirer un maximum de profit personnel et de maintenir les inégalités entre les hommes en tant qu’institutions. L’une des grandes figures, leader républicain du mouvement, reste Giuseppe Mazzini, dont on retrouve justement le prénom dans Le Hussard sur le toit, porté par le camarade d’armes et frère de lait d’Angelo.

Ici commence l’analogie entre ce véritable contexte historique et notre roman. En effet, Angelo Pardi fait parti des carbonari : il n’a de cesse que de retrouver son frère d’armes et désire plus que tout poursuivre sa révolution. S’il possède le titre d’officier hussard, il a en revanche acheté celui-ci et ne l’a pas obtenu par le combat. Cependant, «Malgré son grade, "acheté comme deux sous de poivre" disait il amèrement dans ses accès de pureté, Angelo était un soldat de métier et, en fourrageur, il avait de l'instinct. » Aussi les idéaux, les valeurs morales qu’il défend sont celles du carbonarisme. En effet, il croit par-dessus tout à la république et en cela, on peut le rattacher à un héros quelque peu stendhalien. Carbonaro, Angelo le reste même dans ses doutes quand il se demande : «Est-ce que je me trompe, poursuivait-il, si je me crois plus grand quand j'agis seul » car ces interrogations sont celles qui animent aussi un mouvement qui est partagé entre l’envie de faire sa révolution par elle-même et la nécessité de trouver des appuis extérieurs. De plus Giono brode sur le thème du jeune officier, encore trop peu rompu à l’art de la guerre, se retrouve en exil et doit faire preuve de nombreuses autres qualités afin de pouvoir rejoindre ses confrères, son armée pour qui il ne cesse de se languir. Le carbonarisme s’incarne donc ici dans la figure d’Angelo mais sert cependant la cause du personnage en lui-même : cette appartenance est prétexte à lui faire mettre en pratique ces idéaux de solidarité, de fraternité qu’il défend à travers un contexte qui n’est autre que celui du champ de bataille.

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