Le hussard sur le toit

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Le cycle du Hussard

Le Hussard sur le toit  s’inscrit dans la lignée d’un projet pharaonique de la part de son auteur : Le cycle du Hussard. En effet, l’objectif initial de Jean Giono aurait été de composer une longue série de dix ouvrages mettant en scène la vie d’Angelo Pardi, puis de sa descendance. Le but visé dans cette décalogie commençant à la lumière du XIXème siècle dans Angelo I, publié en 1945 et écrit en un temps record – six jours suffirent à sa rédaction – consiste à retravailler l’histoire d’un personnage vivant dans le siècle antérieur à celui de l’auteur, pour mieux montrer l’opposition avec son propre XXème siècle. En effet, si le cycle avait été complet, nous aurions pu assister à l’évolution de la lignée d’Angelo au travers de années, jusqu’à l’ultime épisode où son petit-fils, Angelo III, aurait incarné un héros de la résistance durant la seconde guerre mondiale.

 

L’ampleur de la tâche n’aura pas permis à Giono d’accomplir son projet initial : seuls trois tomes sur les dix prévus ont vu le jour. Tout d’abord, il publie Mort d’un personnage en 1949, puis Le Hussard sur le toit en 1951, et enfin Le Bonheur Fou  en 1957. Le fil conducteur est cependant conservé, car le troisième opus nous présente encore la suite des aventures d’Angelo, tandis que la mort de la personne mentionnée dans le premier n’est autre que Pauline de Théus, qu’on ne découvre que pleinement dans le second tome.

 

Nous pouvons donc remarquer que ce parcours de publication est néanmoins tortueux : en effet, l’écriture d’Angelo I remonte à une date bien antérieure à celle de la rédaction du Hussard, dès 1934, mais est publié cependant en 1958, sept ans après Le Hussard. Cet opus n’a pas été considéré par l’auteur comme inhérent à la saga. Peut-être ici faut-il considérer que le temps mis entre écriture et publication, les chevauchements temporels qui ont sans cesse lieu entre les œuvres tout en conservant cependant des liens entre elles, ont déplu à Giono qui, souvenons-nous, désirait au départ brosser un portrait du XIXème siècle en opposition au XXème, et qui aurait donc nécessité une narration linéaire. Cette nécessité de l’écrivain à réécrire des morceaux d’histoire se glissant entre ceux qu’il a déjà créés, devant s’articuler parfaitement avec celui qui le précède et celui qui le suit, témoigne donc du travail colossal que doit effectuer celui-ci en amont, et montre fidèlement la minutie que requiert le travail d’écrivain.

Ainsi, si le Cycle du Hussard n’aura jamais réellement pris la forme envisagée au départ par l’auteur, il en reste néanmoins une trilogie prouvant de la complexité à écrire une saga temporellement logique, avec des liens que l’on peut retrouver, tissés d’un ouvrage à l’autre, au travers des personnages.

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