Le joueur

par

Roulettenbourg, l’archétype de la ville des joueurs

La ville de Roulettenbourg est fictive, bien que l’intrigue se situe en Allemagne, au 19ème siècle, époque contemporaine de l’auteur. Cette ville est donc située par l’auteur en Allemagne, sans trop de précision géographique supplémentaire. La ville Roulettenbourg est un cliché, celui de la ville des joueurs et des jeux d’argent. En effet, son nom lui même, dans lequel apparaît le mot roulette, désignée comme la reine des jeux du casino de manière historique parmi les jeux de hasard, et cause de la dépendance de l’auteur aux jeux d’argent, s’inspirant de sa maladie des jeux pour écrire ce livre. Le reste du nom, au suffixe « en bourg » peut se comprendre comme « dans une ville, en ville », ainsi le nom de la ville revient à « la roulette dans la ville », ce qui désigne donc bel et bien une ville totalement dédiée aux jeux. Cette ville est également une ville d’eaux, c’est à dire une station thermale, où l’on trouve des bains. Cette ville est donc décrite comme une grande ville touristique, qui attire de nombreux visiteurs, et bien évidemment, qui brasse chaque jour énormément d’argent. C’est le loisir de la haute société, de la bourgeoisie de l’époque, et donc des gens riches qui voyagent et ont de l’argent à jouer.

Si la ville du jeu d’argent représente un lieu important et symptomatique dans le roman, et si aucune ville précise n’est représentée, il s’agit plutôt d’un archétype que l’auteur dépeint. Roulettenbourg représente tout ce que Dostoïevski voulait critiquer, dans cette œuvre, ayant des éléments autobiographiques : il fut lui même un joueur compulsif, (d’où le titre « le joueur », qui ici fait référence aux joueurs des jeux d’argent) jouant sans contrôle et perdant beaucoup d’argent aux jeux. Il est finalement parvenu à se défaire de cette addiction, mais ce fut très dur pour lui, et il a voulu retranscrire ce malaise dans son écriture. Il a joué dans de nombreux pays, notamment en France, en Suisse, ou encore en Pologne. Mais là où il joua le plus, ce fut en Allemagne, d’où la volonté qu’il avait de présenter une ville allemande, comme cadre du récit. Ce roman est donc aussi une critique à l’encontre des villes de ce type, et des sociétés qui les accepte, voire les glorifient et en font un mythe, comme aujourd’hui Las Vegas par exemple aux USA. Il voulait critiquer les sociétés occidentales où l’on ne vit que pour l’argent, si possible facile, sans trop d’effort, d’où l’intérêt pour les jeux d’argent de ce genre. Il est donc partout, et toujours question d’argent.

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