Le Journal d’un fou

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Résumé

Le Journal d'un fou est une œuvre de l'écrivain et nouvelliste russe d'origine ukrainienne Nicolas Gogol, et plus précisément une nouvelle, qui fut publiée en 1835. Elle fut également publiée parmi d'autres nouvelles dans le recueil Arabesques.

Cette nouvelle est considérée par les observateurs comme étant une des œuvres les plus importantes de Gogol. Ce dernier écrivit d'ailleurs de nombreuses nouvelles sur le thème de la folie et de la déchéance. Nullement écrite pour devenir une pièce de théâtre, elle fut cependant adaptée à la scène de nombreuses fois ; la plupart du temps le personnage principal est aussi le conteur, seul sur scène, écrivant, parlant, lisant le journal au fur et à mesure de l'intrigue.

L'intrigue, comme souvent chez Gogol, est liée à l'observation très précise qu'il fait de la société russe de son époque. En effet le personnage principal comme bien souvent est un homme du peuple, ici un fonctionnaire d'État peu élevé dans la hiérarchie : il n'est qu'un subalterne de l'administration dans un ministère quelconque de Moscou.

L'histoire se déroule sous Nicolas Ier au moment de la grande répression qui fit beaucoup de morts. À noter que cette nouvelle est la seule œuvre de Nicolas Gogol qui fut rédigée à la première personne du singulier : le narrateur est ainsi le personnage principal.

Comme peut le laisser penser son titre, la nouvelle est rédigée sous la forme d'un journal intime, tenu par le personnage principal, héros et narrateur : cet homme se prénomme Poprichtchine ; ce dernier est guetté par la folie et il commence à s'en désespérer. Le journal, tenu chaque jour ou presque, suit cette lente déchéance durant laquelle il raconte ses aventures, bonnes et mauvaises, jour après jour – les dates sont d’ailleurs indiquées de façon précise durant environ deux mois avant que le temps ne soit aussi totalement incohérent, mois et années se mélangeant.

Ce journal est ainsi le journal de bord d'un homme du peuple, d’un citoyen de Russie, à l'apparence quelconque et dans lequel tout le monde peut se retrouver dans une certaine mesure. Malgré sa basse position sociale, quand il le peut, il se rend au théâtre. La folie qui le guette, le ronge et s'impose peu à peu à lui est un moyen de ne plus subir son existence et les souffrances nombreuses qui s'accumulent : il fuit donc la réalité petit à petit.

La position de Poprichtchine au ministère est peu enviable, ce qui ne l'empêche pas de tomber amoureux d'une jeune femme, jolie, de bonne condition sociale, Sophie. Elle est la fille de son chef dans ce ministère et semble impossible à atteindre, ne serait-ce que par la voix : obtenir une conversation avec elle semble impossible.

Il est donc clair que cette femme, d’une condition trop différente, ne restera qu'un rêve. C'est là que la folie surgit ; souffrant de cette impossibilité sentimentale, Poprichtchine finit par rencontrer cette jeune femme, mais ce n'est pas avec elle qu'il va le plus parler. Il discute avec sa chienne, il est sûr qu'elle s'adresse à lui. Elle s'appelle Medji. Il est même sûr que la chienne entretient une correspondance avec un autre chien, Fidèle, où elle raconte sa vie et celle de sa maîtresse, correspondance qui lui fournit des informations. Ces hallucinations qu'elles soient visuelles ou auditives montrent donc clairement que l’esprit du fonctionnaire est troublé.

Peu de temps après Poprichtchine continue dans ses invraisemblances : il lit un jour un article dans un journal qui explique qu'il n'y a plus de roi en Espagne. Il va alors découvrir comme une révélation, une vérité d’évidence, qu'en réalité, le roi d'Espagne, c'est lui, son vrai nom serait ainsi Ferdinand VIII d'Espagne. D'ailleurs, en cette qualité de roi d'Espagne fraîchement découverte, il se rend au ministère russe, et demande à s'adresser au sommet de la hiérarchie, faisant fi des règles habituelles. Il se présente comme étant le souverain ibère, et se rend ensuite voir la fille de son directeur, celle qu'il aime, en s'adressant à elle en cette même qualité. Il veut empêcher son projet de mariage afin qu'elle devienne son épouse. Il lui dit que le premier amour de chaque femme est diabolique, et qu'il serait ainsi plus prudent de se marier avec lui, qui serait le second. Il quitte ensuite le bâtiment et entame une promenade dans la ville. Toujours convaincu qu'il est le roi d'Espagne, il refuse pour le moment de dévoiler à tout le monde cette identité royale et décide de passer à travers les foules sans rien dire ; il se fait discret.

Malgré l’évidence de sa folie, le narrateur la décrit de façon très pragmatique et plutôt sérieuse, la raison reprenant parfois un certain pouvoir sur sa folie. Il tente d'ailleurs de se convaincre par des arguments objectifs que ce qu'il croit est bel et bien la réalité, en tentant de faire primer la logique.

Il refuse désormais de se rendre à son travail, pensant qu'il est supérieur à tous ceux pour qui il travaillait auparavant, au-dessus même des ministres.

Il décide d'aller à la cour d'Espagne, mais avant de s'y rendre il doit trouver un habit qui semble espagnol. Une fois la cape trouvée, il part pour la cour d'Espagne mais une fois là-bas attend que les députés soient présents pour se présenter à eux. Il s'indigne d'ailleurs que ces députés soient si en retard à la cour. Mais ses idées absurdes le desservent et rapidement il est frappé par le chancelier, ministre de la Justice du pays qui le prend pour un idiot. Il est jeté en prison, on lui rase la tête alors que Poprichtchine se pense victime de l’Inquisition. Il prend alors la figure d’un résistant face au pouvoir aveugle de l'État.

Le dernier jour, dont on ne connaît ni la date, ni l'année, ni même le jour, il est encore frappé et il veut abandonner, se rendre au pouvoir, désireux que la torture cesse. Il appelle à l'aide sa mère pour qu'elle vienne le sauver et l'emmène loin d'ici.

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