Le Journal d’un fou

par

La folie insidieuse

Ce qui étonne et frappe dans Le Journal d’un fou, c’est le caractère presque banal de la folie et la progression insidieuse de cette dégénérescence au sein du personnage principal.
En effet, il semblerait que Poprichtchine ne commence à écrire son journal intime qu’à partir du moment où il bascule dans la folie. Ce n’est pas, à l’instar du Horla de Maupassant par exemple, le passage d’un état mental stable à un état de déraison, mais une plongée directe dans l’esprit de quelqu’un qui semble déjà porter en lui les germes de la folie.

La nomination des chapitres elle-même apporte une atmosphère de folie dès la première page de la nouvelle. Si l’on parcourt rapidement le sommaire, on s’aperçoit que notre histoire débute le « 3 Octobre », continue de manière suivie quelques jours encore avant de subir un total décalage : on passe du 13 novembre au mois de décembre, puis au chapitre « an 2000, 43ème jour d’avril » et enfin au dernier chapitre dont le titre n’est qu’une succession de lettres insensées. La folie apparaît donc très tôt mais de manière progressive : au départ, il s’agit plus de l’ajout d’éléments étranges, d’un décalage avec la réalité que l’on peut estimer comme étant bénin, avant de s’apercevoir que la soumission à l’état de folie est en fait total et complètement nié par le personnage.

Si l’on ne s’arrête pas à la table des matières, on s’aperçoit que Poprichtchine tend à la folie dès le premier chapitre de l’histoire. En effet, c’est alors qu’il surprend Sophie entrant dans un...

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Dissertation à propos de Le Journal d’un fou