Le Journal d’un fou

par

Poprichtchine

Auxence Ivanovitch Poprichtchine est un Pétersbourgeois de la classe moyenne, aux petites habitudes routinières bien ancrées et menant une vie d’une existence si monotone qu’il s’efforce, dès les premières pages de la nouvelle, de nous prouver que sa routine n’est pas si médiocre qu’elle en a l’air.

Il occupe au Ministère une place qu’il qualifie de luxueuse par rapport aux postes auxquels travaillent ses collègues : directement placé dans le bureau du directeur, il effectue le travail de secrétaire et « taille les plumes de son Excellence », ce qu’il ne manque pas de penser avec fierté lorsque son supérieur lui fait remarquer le « brouillamini » qui lui tient lieu de cervelle. Brimé par ses collègues, s’efforçant de croire à sa propre utilité et vivant en célibataire en compagnie de sa domestique Marva, Poprichtchine ne possède donc pas une existence passionnante et extravagante.

De plus, convaincu que son rôle de tailleur de plumes au sein du Ministère est le meilleur qui soit parmi tant d’autres, il dénigre le reste de l’institution et affirme que si son poste n’existait pas, cela ferait longtemps qu’il aurait quitté ce lieu de travail. C’est donc un personnage désœuvré et sans grand but dans la vie.

Sa vie monotone semble prendre un tournant décisif lorsque la folie interfère dans le cours de celle-ci, dès les premières pages du livre. Attiré par les femmes, affirmant lui-même : « quels fripons nous sommes, nous autres fonctionnaires ! », il n’a de cesse de les contempler en se rendant à son travail. Cependant, il voue un intérêt tout particulier à la fille de son directeur. C’est ainsi que le premier signe de sa démence apparaît :...

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