Le lai de Bisclavret

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La structure du lai

Avant de traiter du styleparticulier de Marie de France, situons d’abord les lais dans leur contextehistorique. Genre littéraire poétique qui trouve ses origines au XIIème siècle,le lai était considéré comme un texte de poésie chantée, sur un ton soitnarratif, soit lyrique, mais maintenant toujours la mélodie qui le caractérisait.Les lais narratifs étaient beaucoup plus rattachés aux romans d’aventures, etpour certains écrivains ils étaient des « romans d’aventures enminiature ». Malgré leur longueur limitée, ils combinent intrigue,rebondissements et dénouement, de la même façon que les nouvellesd’aujourd’hui. Enfin, les lais semblent toujours offrir au lecteur une sorte deleçon de morale telle une fable ; et cette leçon est identifiable à la finque l’histoire réserve aux personnages en fonction de leurs choix.

Si les lais s’inspirent desromans d’aventures pour leur contenu, ils s’inspirent plutôt de la poésie pourleur structure. Comme mentionné plus haut, les lais sont de courts récits,organisés en octosyllabes, à rimes plates, aux vers et aux strophes de longueursnon uniformes. Dans son recueil de douze lais, Marie de France s’assure demaintenir la structure de ce genre poétique historique. L’auteure s’estinspirée des thèmes principaux des romans courtois du cycle arthurien. Dans Le Lai de Bisclavret par exemple, ellefait ressortir les thèmes de la chevalerie, de l’amour véritable, de l’amourégoïste et de la justice. L’amour de Bisclavret pour sa femme est tellementfort qu’il décide de lui cacher ce secret horrible qu’il porte dans soncœur, de peur de la perdre. Mais il se rend compte que le lui révéler est laseule manière de pouvoir la garder. Ainsi, il s’arme de courage et lui avoue safaiblesse, dans l’espoir qu’elle lui demeurera assez fidèle pour garder cesecret. On remarque donc une certaine forme d’assujettissement à la gentféminine (comme dans le rapport de vassalité entre servant et maîtresse), quivoit Bisclavret mettre son destin entre les mains de son épouse.

« Dame, dit-il, pitié, au nom de Dieu ! II m’arriveramalheur si je vous le révèle, car cela vous détournera de m’aimer et causera maperte. Quand la dame a entendu cette réponse, elle a bien compris qu’il neplaisantait pas. Elle lui pose souvent des questions, le comble de caresses etde flatteries, tant et si bien qu’il lui raconte ce qui lui arrive, sans rienlui dissimuler. »

Similairement, le chevalieramoureux de madame Bisclavret lui démontre son héroïsme et son courage enacceptant de vaincre l’époux de celle-ci en guise de preuve d’amour.

 

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